mardi 15 novembre 2011
Le ministre de l’Administration du territoire prend une décision la veille. Il prend une autre le lendemain. La première, interdit les manifestations à caractère politique. La seconde annule la première. Mais c’est du déjà vu et entendu en Guinée.
Là où le bât blesse, c’est le fait qu’on veuille trouver un bouc émissaire pour rejeter la responsabilité d’une telle décision. En l’occurrence la radio nationale. Une fois n’est pas coutume, la radio gouvernementale est sortie de sa réserve habituelle. Que dis-je, de sa peur habituelle. Elle a apporté la réponse du berger à la bergère. Ceux qui ont écouté la radio nationale vendredi dernier avaient du mal à croire à leurs oreilles.
Est-ce le début de la fin de l’autocensure ? Car il n’est un secret pour personne que la censure nuit moins au journaliste que l’autocensure. De tous les temps les médias d’Etat ont toujours été plus royalistes que le roi. Cette fois ils ont dit tout haut ce qu’ils disent souvent tous bas.
Pour revenir à la décision et contre décision du ministre de l’Administration du territoire, ce n’est pas la première fois que les Guinéens assistent à telles contradictions au sommet de l’Etat. Du temps du président Conté, le régime s’était illustré dans ce qu’on a qualifié de décrets et contre décrets.
Et puisque les habitudes ont la vie dure, depuis l’avènement du nouveau régime on a assisté plusieurs fois à des décisions et contre décisions. C’est ce que le ministre vient de faire.
A-t-il été rappelé à l’ordre pour revenir sur sa décision ? Ou s’est-il rendu compte que sa décision était incongrue dans le contexte actuel ?
En l’absence d’une réponse à cette interrogation, on peut dire que le professeur est véritablement confronté à l’épreuve de la gestion du pouvoir. Avec des ministres qui agissent parfois comme monsieur tout le monde.
Ses ministres multiplient erreurs et fautes. Alors que le gouverneur de la capitale est devenu une patate très chaude entre les mains du nouveau maitre de la Guinée, le ministre de l’Administration du territoire lui emboite le pas. Alors que les avocats promettent de rééditer ce lundi l’expérience de l’opposition du 27 septembre, le ministre prend une décision qui suscite une levée de boucliers.
Heureusement que le ministre s’est vite rendu compte qu’il avait mis le pied dans le plat. Il a vite rectifié le tir. Tout à son honneur. Même si, encore une fois, il est fort à parier que l’ordre est venu d’en haut pour qu’il revienne sur sa décision.
Un peu moins d’un an après son installation au palais, le professeur Alpha Condé a pu observer, évaluer et noter chacun de ses ministres. D’où la nécessité pour lui de prendre des décisions. Pour récompenser les meilleurs mais aussi se séparer de ceux qui ont fait preuve de laxisme et d’incompétence ainsi que ceux rament à contre courant du changement promis sur tous les toits.
Il y va de l’intérêt et de l’honneur de la République. Laquelle devrait être moins malmenée par un régime sorti des urnes. Il faut donc agir et vite. Car la Guinée est observée à la loupe. Elle n’a plus droit à l’erreur.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
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Pour www.nlsguinee.com
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