jeudi 10 novembre 2011
Lorsque les militaires ont pris le pouvoir en décembre 2008, ils se comportent comme en territoire ennemi conquis par les armes. Quand ils se promènent en ville ils font une véritable démonstration de force. Intimidant le civil. Terrorisant les automobilistes qui ont la malchance de se trouver devant un véhicule conduit par un homme en uniforme. Peu à peu la population devient très hostile vis-à-vis des militaires.
Les événements du 28 septembre 2009 n’arrangent rien. Bien au contraire ils aggravent et approfondissent le fossé entre le militaire et le civil. Désormais entre les deux les relations sont celles du chat et de la souris. Le premier dévore la seconde sans autre forme de procès. Ces relations tendues atteindront leur paroxysme, allant jusqu’à ce qu’un taximètre préfère rouler vide que de prendre un agent.
Le militaire était malheureux d’être si hait dans son propre pays. L’autre événement de 2009, celui du 3 décembre arrange un peu la situation. Quand Sékouba Konaté arrive aux affaires, il met les bouchées doubles pour discipliner l’armée. Laquelle est cantonnée dans les casernes.
Après l’élection d’un civil à la tête de la Guinée des mesures prises pendant la transition sont renforcées. Les militaires ne doivent plus se promener dans la ville en tenue, arme à la main. Ils se font de moins en moins remarqués dans la rue. Même si l’attentat du 19 juillet apportent de l’eau au moulin des nostalgiques. Leur a permettant d’occuper la ville pour quelques semaines à la recherche dit-on d’armes.
Le dicton local est connu de tous, lorsque le chat est absent la souris fait la fête. C’est exactement ce qui se passe avec les policiers et les gendarmes qui ont reçu carte blanche de maintenir l’ordre dans les villes. Après l’éclipse des militaires, ces deux corps font la pluie et le beau temps dans les villes de Guinée. Et particulièrement à Conakry.
A leur tour, certains policiers et surtout des gendarmes se comportent à Conakry comme le fait le soldat occidental en Irak ou en Afghanistan. Avec leur pic up, ils terrorisent les usagers de la route. Même si c’est un seul agent qui est dans le véhicule, il veut avoir un privilège. Il s’afficher. Il montre qu’il est l’homme fort. Celui qu’on doit respecter voire craindre.
Avec les routes embouteillées de Conakry, les agents se frayent toujours un passage. Quelles que soient les conséquences. De passage, certains citoyens se font insulter. D’autres sont molestés. Ces agents vont jusqu’à emprunter les sens interdits.
En outre malgré l’interdiction formelle réitérée pour les camions de circuler pendant la journée, les chauffeurs continuent à louer des policiers peu scrupuleux pour pouvoir circuler en toute liberté, que dis-je en toute impunité. Et dire que ce sont ceux qui sont chargés de faire respecter la loi qui foulent sous le pied toutes les lois, il y a de quoi s’inquiéter.
Au secours, car la République est véritablement en danger.
Dans le domaine du respect de la loi, les nouvelles autorités sont très attendues. Car il est illusoire de faire respecter la loi par le citoyen lorsque celui-ci a le sentiment que cette loi est une toile d’araignée. Elle attrape le faible et se fait écraser par le fort.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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