mercredi 02 novembre 2011
Le président de la commission électorale libérienne a rendu le tablier ce lundi. Il estime que si c’est lui qui doit être la source de discorde, de troubles découlant d’une crise électorale, il préfère jeter l’éponge.
Voilà un acte patriotique. Un acte salutaire, exemplaire et louable. Dans un continent où l’institution chargée d’organiser les élections est devenue un problème au lieu d’une solution, le président démissionnaire doit être récompensé comme les militaires qui abandonnent le pouvoir.
Il donne ainsi une leçon à l’Afrique et aux Africains. Et plus particulièrement à la Guinée voisine. Laquelle il y a un an se trouvait exactement dans la même situation que Liberia aujourd’hui. Et la crise actuelle a pour toile de fond la CENI guinéenne.
Une nouvelle fois le Liberia surprend. Pendant que Paul Biya au pouvoir depuis 29 ans et réélu pour un mandat de 7 ans s’octroie un score brejnévien, Ellen Johnson ne franchit pas le cap de 50%. Elle est en ballotage. Pour les observateurs, ce ballotage est tout à l’honneur de la présidente et du Liberia. C’est un signe que la compétition est loyale.
Le challenger de la présidente candidate avait estimé que le président de la CENI libérienne est un proche de la présidente. Et que par conséquent si ce président ne démissionnait pas il compte signer un forfait. Or ce qui est peu gênant en sport, l’est en politique. Un président élu ou réélu à défaut d’un concurrent est quasi illégitime. Raison pour laquelle, aucun candidat sérieux ne souhaite se retrouver sans concurrent.
Puisse Dieu donc amener le président de la CENI guinéenne à s’inspirer de l’acte courageux et patriotique de son homologue libérien. Car un président contesté par non seulement une grande partie de la classe politique mais aussi par ses pairs ne peut et ne doit en aucun cas organiser des élections acceptables.
Désormais l’homme par qui la Guinée est à nouveau dans l’incertitude a le choix : faire comme son homologue libérien et grandir son pays ou s’accrocher à un siège éjectable à ses risques et périls.
Même l’observateur le moins averti sait que faire accepter à l’opposition cette année ce qu’elle a refusé l’année dernière relève de l’impossible. Dès lors à quoi bon de perdre du temps, de crédibilité et parfois des vies humaines comme celles perdues le 27 septembre dernier.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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