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    Libye : Kadhafi mort, l’Occident annonce les couleurs

    Sotelgui S.A

     samedi 29 octobre 2011   

    Il y a une semaine que le guide de la révolution est passé de vie à trépas. Moins d’une semaine après cette disparition, la vidéo de sa mort se vend comme de petits pains sur les marchés de Conakry, Dakar, Kinshasa, Alger ou Tunis. Celui qui fit rêver plus d’un jeune dans les années 70 suscite l’émotion et la compassion de la même jeunesse africaine 40 ans plus tard. Laquelle jeunesse, pour la circonstance, lui trouve peu de défauts et beaucoup de qualités.

    Après la fin tragique de cet homme politique qui a incontestablement marqué l’Afrique des quatre décennies, quelques leçons sont à tirer :

    Premièrement, Kadhafi aurait pu se trouver aujourd’hui au Venezuela chez son ami Hugo Chavez. Il aurait pu faire l’objet de pressions et de menaces de la part des grandes puissances. Mais, du vivant de l’actuel chef d’Etat de ce pays et même après peut-être, il aurait pu bénéficier d’un asile politique au Venezuela. Sans compter que d’autres pays étaient eux aussi prêts à le recevoir. Mais, le bouillant colonel est allé jusqu’au bout de sa décision : mourir chez lui en martyr. Cet objectif il l’a atteint. Quelles soient les conditions inhumaines dans lesquelles il est mort, sa douleur a pris fin.

    Deuxièmement, le traitement cruel, inhumain voire sauvage infligé au guide avant son décès ainsi que de la profanation de sa dépouille mortelle devant les caméras de télévision du monde entier ne constituent nullement une insulte à Kadhafi mort. Cet acte de barbarisme en dit long sur la personnalité des nouveaux dirigeants de ce pays et les Libyens en général. Car ils auraient pu éviter cela. Leur pays a pris un sérieux coup avec ce barbarisme d’un autre temps. Les membres du CNT promettent de juger les assassins de Kadhafi. Insinuant ainsi qu’ils ne sont pour rien dans cette mort. Mais le fait de laisser la dépouille mortelle d’une telle personnalité tripoter par des loubards qui prennent le plaisir de se photographier avec le corps criblé des balles et des traces de couteaux, n’est ni honorable ni acceptable pour les nouveaux maitres de la Libye. Ce n’est ni dans la tradition africaine, ni dans celle des arabes encore moins celle des musulmans de profaner un corps. Fût-il celui du pire ennemi.

    Troisièmement, l’intervention militaire de l’OTAN pour « défendre les populations civiles » n’a d’autres objectifs que de faire main basse sur les richesses de ce pays en ces temps plutôt difficile pour l’Occident en général et l’Europe en particulier. Le deux poids deux mesures entre les situations libyenne et syrienne ainsi que l’oppression dont des populations font l’objet de par le monde de la part de leurs gouvernements sans provoquer la moindre réaction en sont l’illustration. Si Kadhafi était un allié des occidentaux, s’il défendait leurs intérêts, ces derniers n’auraient pas levé un petit doit. Le cas israélien est là pour l’attester.

    Quatrièmement, une semaine seulement après que les grandes puissances aient parvenu à leurs fins, elles annoncent les couleurs. Alors que les insurgés devenus maitres de la Libye réclamaient la prolongation de la mission de l’OTAN au moins jusqu’à la fin de cette année, le Conseil de sécurité a voté à l’unanimité une résolution demandant le retrait de l’OTAN le 31 octobre prochain.

    Le message des occidentaux est très clair. « Nous avons atteint notre objectif, qui était celui de la disparation au figuré comme au propre de Kadhafi. Pour le reste débrouillez-vous ». Dans un pays où un homme et son armée ont résisté contre la première organisation militaire du monde appuyée par des rebelles puissamment armés et connaissant parfaitement le train pendant 8 mois, ce retrait n’augure rien de rassurant. On peut affirmer sans risque de se tromper que le plus dure est à venir en Libye.

    Cinquièmement enfin la France annonce qu’elle a engagé 300 millions d’Euros pour cette guerre. Une France empêtrée dans une grave crise, au chômage et menacée de récession dépense ce montant faramineux dans un pays où ni sa sécurité ni celle de ses ressortissants ne sont menacés. Assurément, les Français doivent demander des comptes à leur président. Même si ce président n’a pas dit quels sont les engagements pris par ceux-là qu’il a aidé à se rendre maitre de la Libye.

    Et si M. Sarkozy luttait contre les dictateurs du monde, il devait commencer par ses amis de Yaoundé, Brazzaville, N’Djamena et Bangui entre autres. Car ne l’oublions pas, après Kadhafi le doyen des chefs d’Etat africains est un certain Denis Sassou N’Guessou. Mais celui-là peut dormir tranquille car le pétrole congolais est à la disposition de M. Sarkozy.

    Pauvre Afrique. Confrontée à un retour d’une autre forme de colonisation.

    Habib Yembering Diallo
    Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
    Contact : habibyambering@yahoo.fr
    Tel: (+224) 62 29 11 95
    Pour www.nlsguinee.com

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