mardi 18 octobre 2011
La veille de son départ, le gouvernement Doré avait offert un cadeau pour dire au revoir aux Guinéens. Mais aussi un présent de bienvenue au nouvel élu. Ce cadeau n’était autre chose que l’augmentation du prix du carburant. Un peu mois de 10 mois après, le nouveau gouvernement lui emboite le pas.
Le Guinéen avait déjà du mal à joindre les deux bouts. Il est aujourd’hui désagréablement surpris par la hausse des prix du carburant. Laquelle hausse aura un impact négatif sur les denrées, produits et service. Avant même cette annonce, que les Guinéens ont ressentie comme un coup de poignard, les transporteurs avaient commencé à faire monter les enchères. Et les augmentations risquent d’être totalement et radicalement disproportionnées avec celle du carburant.
Le gouvernement estime qu’il n’avait pas le choix que de procéder à cette augmentation. Il a entre autres arguments que le tarif de 9 500 est encore loin d’atteindre celui du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Mais ce qu’il occulte ce que le niveau de vie du Guinéen n’est en rien comparable avec celui ses deux voisins. Il ajoute que cette augmentation évite au gouvernement de débourser près de 140 milliards pour subventionner le carburant. Enfin il demande aux Guinéens d’accepter de lécher encore pour quelques mois le piment tout en leur promettant de gouter au miel dès l’année prochaine.
Mais la chose la plus spectaculaire et la paradoxale dans cette histoire est l’intervention du premier responsable du syndicat des transporteurs à la télévision d’Etat. Elhadj Cissé a ôté la casquette syndicale pour porter celle du chef religieux ou même du porte-parole du gouvernement.
Il a égrené une interminable liste des réalisations du nouveau gouvernement. Entre autres l’importation des denrées alimentaires, les engrais et autres matériels phytosanitaires. Selon lui tout bon Guinéen doit aider le nouveau gouvernement. Entendez digérer l’augmentation sans grincement de dents.
Le syndicaliste supplie la population d’accepter cette augmentation. Il rassure que désormais la flexibilité sera appliquée. Non sans avoir ajouté que seules les juntes militaires prennent des mesures sociales de façon unilatérale. A l’entendre on a l’impression que les méchants militaires eux augmentent les prix sans demander l’aval des consommateurs. Et que lui son plaidoyer constitue un mérite du pouvoir civil pour explique. Mais ce qu’Elhadj n’a pas dit ce que ne n’est pas celui qui doit expliquer et justifier la mesure gouvernementale qui était en train de le faire.
Avec cette intervention à la fois inopportune et incongrue, c’est le monde à l’envers. On est même tenté de dire que c’est contre nature. Car depuis que le monde est monde, le syndicat a pour mission et vocation de lutter contre toutes les mesures allant dans le sens de mette en difficultés les consommateurs en général et les travailleurs en particuliers.
Les Grecs ne diraient pas le contraire. Eux dont les syndicats manifestent contre les mesures gouvernementales visant pourtant à éviter la faillite de leur Etat. Mais à chacun son rôle. Ce danger n’empêche pas le syndicat de jouer le sien.
Allez-y savoir quelles sont les mesures d’accompagnement que les autorités guinéennes ont prises pour cette augmentation. Or seul Dieu sait qu’au marché les augmentions seront disproportionnées. Asphyxiant ainsi le pauvre travailleur. Car le commerçant, le transporteur et l’ouvrier, eux, réajustent immédiatement leurs prix en fonction de celui du marché.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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