jeudi 06 octobre 2011
La confédération nationale des travailleurs de Guinée est secouée depuis quelques jours par une tempête sans précédant. La première centrale syndicale guinéenne a deux têtes. Deux secrétaires généraux. Chacun ayant derrière lui un groupe. Amadou Diallo et Yamoussa Touré offrent à la Guinée un spectacle que l’ancien et l’actuel, présidents ivoiriens ont offert à la Cote d’Ivoire et au reste du monde au début de cette année.
Cette division risque d’être fatale à la centrale syndicale. Car quel que soit le vainqueur de ce duel sans merci, la CNTG sortira de l’épreuve affaiblie. Affaiblie parce qu’il y aura un vainqueur et un vaincu. La CNTG a récolte ainsi les conséquences de son succès de ces dernières années. Son unité, sa témérité, sa résistance contre les pouvoirs et les pressions politiques, économiques, religieuses et sociales de ces dernières années ont fait de cette centrale une structure crédible.
Elle est aujourd’hui citée en exemple sur le continent noir et dans le reste du monde. L’ancienne secrétaire générale est devenue une personnalité incontournable à l’intérieur et une référence à l’extérieur. Elle est aujourd’hui à la place du président de l’assemblée nationale. Et pour le peu de temps qu’elle a elle est toujours entre deux avions. Ces avantages et ces privilèges ne laissent personne indifférent. D’où les appétits pour diriger cette centrale syndicale. Mais d’autres raisons sont à chercher ailleurs.
Avant ce succès fulgurant, la CNTG avait connu une véritable traversée de désert. Pendant très longtemps les responsables de cette centrale ont joué le jeu du pouvoir en place. Aussi bien pendant la première République que durant une bonne partie de la deuxième. Elle a été une véritable caisse de résonnance de ces régimes. Le sort peu enviable qu’a connu l’ancien secrétaire général serait pour quelque chose dans la prise de conscience de cette centrale.
Elle a redoré son blason au début des années 90. Peu à peu, la nouvelle génération des syndicalistes guinéens a réalisé que le pouvoir ne défendait que son intérêt. Il y a eu donc une prise de conscience. Les syndicalistes décident de changer de fusil d’épaule. Pour défendre uniquement les intérêts des travailleurs. Le président Conté fait les frais de cette prise de conscience. Il ne connaîtra jamais la paix jusqu’à sa disparition.
Le nouveau pouvoir sait que le mouvement syndical en est pour beaucoup pour son accession à ce pouvoir. Il sait aussi que ce mouvement qui a perturbé le sommeil du président Conté n’hésitera pas un seul instant à le faire subir le même sort si nécessaire.
Pour ces raisons, il ne verrait pas d’un mauvais œil une CNTG soumise ou tout au moins complaisante. D’où peut-être l’origine du combat actuel. Un combat dont seul Dieu quelles seront les conséquences.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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