Guinée : TIBOU KAMARA : LE RETOUR, POUR LE BONHEUR DE LA LIBERTÉ ET DU PLURALISME DE L'EXPRESSION EN GUINÉE
mardi 11 avril 2006
Le départ de Cellou Dalein Diallo du gouvernement aura été l’occasion pour tous ceux que la plume de notre directeur de publication dérange de dégainer leur arme. Certaines grosses huiles régulièrement ‘’égratignées’’ dans les colonnes de L’Observateur ont ainsi décidé de passer à l’action.
Pour ‘’bouffer ’’ du Tibou, une dame qui a ses entrées à la Présidence a déjà mobilisé quelques ‘’bérets rouges’’ pour accomplir la sale besogne. Joint au téléphone à Banjul, où il se trouve depuis plus de deux semaines, le journaliste n’a été nullement impressionné par la menace.
Il compte d’ailleurs rentrer dans son pays, la Guinée, dans les prochains jours pour s’occuper de son journal. Tant pis, si certains risquent de passer à nouveau des nuits blanches !
La Direction de la publication de l'hebdomadaire Guinéen '' L'observateur '' n'est pas à sa première menace. On se souvient que le prédécesseur de Tibou KAMARA avait fait l'objet d'une injuste condamnation à la suite d'un procès organisé à la va-vite le 14 février 2001 par le tribunal de première instance de Conakry. Le seul crime reproché à notre ancien Directeur de la publication a été d'avoir défendu la constitution dans ces articles 80, 81 et 82 adoptés par l'écrasante majorité du peuple de Guinée à la suite d'un referendum.
Un mois après la libération de Aboubacar SAKHO par le chef de l'État, c'est toute la rédaction de notre organe qui est condamnée à l'audience publique ordinaire du Tribunal de Première Instance de Conakry tenue le 5 avril 2001 par M.Charles Victor MAKA , Juge-Président , en présence de M. Williams Fernandez alors substitut du Procureur de la République avec l'assistance de Madame Ramatoulaye DIALLO, greffière.
Mandat d'arrêt fut décerné contre eux à la barre, qui mettait hors de cause Aboubacar SAKHO qui venait de recouvrer sa liberté suite à la grâce présidentielle.
Mais tous les autres membres de la Rédaction furent condamnés à six mois de prison par défaut et au paiement de 1.000.000 de Francs chacun, mais aussi à un paiement solidaire de la même somme.
En tout, la Rédaction de '' L'observateur '' devrait payer 8 millions de Francs dont un à Malick SANKON et Abdoulaye Chéri CAMARA en leur qualité de plaignants. Ce n'est pas tout, car le journal a écopé d'une suspension pour une durée de trois mois.
Mais pourquoi cet acharnement contre l'hebdomadaire Guinéen ''L'observateur'' ? Voici la chronique d'une menace qui ne date pas d'aujourd'hui et dont l'objectif est faire taire un journal qui dérange
Si dans le premier cas, celui de Aboubacar SAKHO , le Directeur de la publication, c'était pour avoir fustigé la révocation des magistrats par le Garde des Sceaux d'alors, M. Abou CAMARA, en violation de la loi dont il en précisant les articles de la constitution guinéenne concernés, dans le second la condamnation venait à la suit d'un différend qui opposait toute la Rédaction, à Malick SANKON dont voici les faits :
Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, tant il n'a jamais brillé nulle part, Malick SANKON est l'actuel secrétaire général du ministère du tourisme et de l'hôtellerie. Auparavant, il s'était essayé sans succès du reste, aux fonctions d'administrateur général de L'ACGP (L’Administration Centrale des Grands Projets) et de directeur du protocole d'État à la Présidence de la République.
Ces différentes promotions chacun en connaît les raisons subjectives. À la vérité, ce sont de petits cadeaux de gratification d'amis débonnaires, d'ailleurs de circonstance, parce que seuls l'intéressent les puissants du jour portés à distribuer des faveurs, le pouvoir et l'argent.
Tout le monde se souvient de son ''attachement viscéral '' à l'ancien ministre Ibrahima Kassory FOFANAH, déjà un lointain et encombrant souvenir, qui l'a imposé aux Guinéens et jusqu'à preuve du contraire son mentor. Mais Malick SANKON, toujours à la recherche d'un parrain, sans aucune préférence de genre et de nombre, en a trouvé d'ailleurs aujourd'hui.
C'est son droit comme c'est le droit des autres de se comporter en hommes libres, maîtres à part entière de leur destin.
Par rapport à l'instabilité de Malick SANKON à ses postes, on s'est rendu compte que chacune de ses nominations est une erreur d'appréciation à corriger, chaque fois au plus vite, de peur que l'opinion ne crie au scandale avéré de népotisme et de relations de complaisance avec un homme qui n'a pu séduire encore que par son '' dévouement '' et son '' engagement politique ‘‘.
Un homme qui, sous prétexte de son soutien au général Lansana CONTÉ, développe en tous lieux, en toutes circonstances et à tous égards, une culture d'agressivité et d'offense gratuite à la limite du terrorisme, propre à ceux qui sont limités dans leurs arguments et qui sont incapables de soutenir un débat contradictoire et civilisé.
Il est donc vrai que Malick SANKON est connu et reconnu pour être un extrémiste, un apôtre de la violence et de l'épuration politique, toujours agacé qu'il soit par la règle démocratique de la contradiction et du droit à la différence; mais l'on n’osait pas imaginer qu'il soit capable de commanditer un enlèvement, un crime crapuleux. Et pourtant, le jeudi 22 février 2001, il avait tenté d'organiser l'enlèvement du patron de '' L'observateur '' , Tibou KAMARA , à l'aide de deux bérets rouges. Malick SANKON entendait ainsi faire payer à Tibou KAMARA un article qui n'a pas été de son goût, alors pas du tout. Qui est-il ?
À la suite de la publication du numéro de ''L'observateur '' qui n'était pas de son goût, Malick SANKON accompagné de son alter ego, pardon son complice '' des sales besognes '' Abdoulaye Chéri CAMARA a interpellé le patron de ''L'observateur '' en ces termes :
-Tibou est contre nous, nous sommes tous devenus ses ennemis, en parfait béni -oui oui son acolyte renchérit : - '' c'est la faute au régime ' . Le patron de '' L'observateur'' réagit violemment aux menaces à peine voilées et aux interpellations de ces apprentis censeurs.
Apparemment l'incident était clos. Mais le lendemain dans un bureau, le sieur SANKON réitère ses menaces. La scène se passant devant une ''autorité '' , il espérait avoir un soutien et intimider davantage. Tibou KAMARA rappelle à Malick qu'il perd son temps à lui faire la morale, qu'il a ses convictions personnelles. Avant de claquer la porte à son nez.
Le lendemain, les deux hommes se rencontrent à nouveau. Cette fois dans le jardin de la Présidence de la République. Malick SANKON était flanqué d'Abdoulaye Chéri CAMARA.
Ils étaient assis sur un banc près de bérets rouges de la sécurité présidentielle. Ils espéraient, les deux amis, rencontrer le chef de l'État. En vain.
Lorsqu'ils ont vu venir le patron de '' L'observateur '', ils ont donné consignes aux gardes de l'empêcher d'entrer au Palais. Sans succès, ils se sont trompés de propriétés. Les leurs sont ailleurs. Acquis tant bien que mal. Contre la volonté de Malick SANKON et d'Abdoulaye Chéri CAMARA , le patron de 'L'observateur '' réussit à franchir le cordon de sécurité.
Mais les deux amis ne s'avoueront pas vaincus. C'est alors qu'ils commettent deux bérets rouges d'aller chercher Tibou KAMARA partout où il se trouve dans les quartiers présidentiels.
Les deux bérets rouges s'exécutent. Ils feront croire à Tibou KAMARA qu'il est appelé. Par qui et pourquoi ? De bonne foi , le patron de ''L'observateur'' suit les deux hommes en uniforme. Il se retrouve avec eux en dehors du Palais.C'est en ce moment qu'il commence a avoir des doutes.
Le patron de ''L'observateur '' élève le ton : il refuse de suivre les agents avant d'être fixé sur leur destination. L'altercation qui a suivi a alerté les autres éléments de la garde présidentielle. Il a été demandé aux deux bérets rouges où ils voulaient conduire le patron de ''L'observateur '' et surtout pour quelle raison. C’est alors qu'ils avoueront que c'est le secrétaire général du ministère du tourisme et de l'Hôtellerie qui a commandité leur acte.
Que voulait Malick SANKON à Tibou KAMARA: Le séquestrer, attenter à sa vie parce qu'il ne s'est pas plié à ses quatre volontés, parce qu'il refuse d'être depuis toujours un homme de ''sa cour'' ? La suite est connue : Le Directeur de la publication de ''L'observateur'' sera mis aux arrêtes dans des conditions les plus rocambolesques qui a commencé devant les bureaux de notre Rédaction jusqu'aux devantures de la '' Pâtisserie centrale '' de Conakry.
Cette arrestation qui eut lieu le mardi 8 mai 2001 avait fait la Une de beaucoup de journaux de la place dont l'hebdomadaire ''L'indépendant'' du numéro 423 du 10 mai 2001 sous la respectable plume de notre confrère Abdoulaye Top SYLLA : '' La chasse aux journalistes continue '' et de commenter : « Mardi dernier ( 8 mai 2001 NDLR ) , le fondateur de l'hebdomadaire '' L'observateur'' a été l'objet d'une arrestation musclée digne des films d'action ''Hollywoodiens''. Bastonné publiquement par la police, il est incarcéré à la Maison centrale de Conakry . Qui sera le prochain ?»
Le journaliste sera conduit au gnouf à la prison civile de Coronthie où il passera quelques jours avant qu'il ne soit libéré par le général Lansana CONTÉ qui l'a reçu d'abord devant le procureur de la République d'alors, Moundjour Chérif, le ministre de la sécurité de l’époque, Amadou CAMARA avant que la suspension qui frappait l'organe ne soit levée. Depuis ce jour ''L'observateur'' continue son petit bonhomme de chemin.
Que ceux qui commencent à faire courir les rumeurs sur une éventuelle arrestation de Tibou KAMARA en soient bien informés. Qu'ils sachent cependant que l'on ne doit avoir peur que de DIEU. En tout cas pour ceux qui n'ont ni l'âme ni la vocation des causes communes perdues d'avance du clan à Mamadou SYLLA, le patron du groupe Futurelec et ses plumitifs.
Il est bien facile de se réfugier, étant à Paris, Bruxelles , ou New York, voir même à Conakry derrière un prétendu soutien d'hommes politiques ou d'hommes d'affaires corrompus pour chercher à gagner sa vie, c'est encore plus facile de se réclamer d'un clan à victoire éphémère pour avoir des passe-droits .
C'est bien malin enfin d'afficher des convictions pour avoir de grandes prétentions comme patron d'une presse symbole de l'orthodoxie.
Qu'on aime Tibou KAMARA ou qu'on ne l'aime pas, les Guinéens savent que le patron de ''L'observateur '' ne cache pas ses amitiés. Il suscite pour cela de l'admiration chez bons nombres de leaders de l'opposition .Tibou n'est pas comme ceux qui signent en catimini des conventions de promotion des hommes d'affaires les plus décriés de l'histoire de la République de Guinée à l'image de Mamadou SYLLA .
Les lecteurs ont été stupéfaits de lire dans les colonnes du site de Aminata.com sous la signature de Paul Moussa DIAWARA , des affirmations gratuites selon lesquelles , il semblerait que c'est le patron de ''L'observateur '' qui aurait imposé l'écrasante majorité des ministres du 4 Avril 2006 à Cellou Dalein DIALLO , ou encore 70 % , faisant de l'ancien premier ministre une marionnette du directeur de la publication de notre journal.
L'objectif de ce calife à la place du calife , est connu d'avance , il en est de même des colporteurs de rumeurs dans notre capitale : faire avaler Tibou par les loups, sur la base des analyses dénuées de tout fondement ou encore effrayer l'homme qui était parti de la Guinée pour contribuer à la libération de nos deux confrères Gambiens Madi Ceesay et Musa Saidykhan, détenus dans un premier temps au commissariat de Banjul puis transférés fin mars au quartier général de National Intelligence Agency (NIA, les services de renseignements).
Que les uns et les autres se rassurent : le patron de ''L'observateur '' rentrera au bercail pour continuer son travail. Aucune intimidation directe ou indirecte, par articles de presse interposés notamment, n'empêchera Tibou KAMARA de rentrer en Guinée à la fin de son séjour Gambien dont certains ont eu vent d’ailleurs, à travers de sordides coups de téléphone entre Paris et Conakry, comme pour donner l'impression qu'ils sont les mieux informés.
Comment l’éthique, la morale voire même le droit ou tout naturellement la conscience humaine, pourront-ils admettre que Cellou Dalein DIALLO, initiateur du projet de décret, signé par l'homme qui l'avait mandaté de coordonner l'action de son gouvernement, pourrait--ils vivre sans la moindre inquiétude, et que Tibou KAMARA, simple bénéficiaire en soit inquiété voir poursuivi ?
C'est vraiment grotesque et ridicule à la fois. C'est de la même manière qu'il a été dit, sur la base de simples rumeurs, que l'ancien premier ministre est passible des poursuites judiciaires pour '' faux et usages de faux’’. Où sont alors les autres '' ministres du 4 Avril 2006 ? " En prison ou devant le barreau ? Qu'en est-il de la responsabilité du Général Lansana CONTÉ dans tout ça ?
Pourquoi attendre le retour de Tibou KAMARA pour commencer les arrestations ? Qu'on cesse de prendre les gens pour des imbéciles ou des cancres. Le tout n'est pas d'écrire mais encore faut-il que l'article ressemble un peu à la vérité ? Pour finir, pourquoi certains de nos compatriotes aiment tant le malheur pour leurs prochains ?
Ceux qui connaissent bien les pratiques du régime de Conakry savent que dans ce pays personne n'est à l'abri. Cependant il faut saluer le courage des journalistes locaux qui dénoncent à longueur de journée les pratiques néfastes de nos dirigeants, en prenant tous les risques du monde. Il est facile de faire des dénonciations étant à Paris, Bruxelles, Amsterdam, ou New York mais faut-il être à Conakry comme l'a si bien dit un des leaders charismatiques de l'opposition : «le combat pour le changement doit se faire en Guinée». Pour faire ses preuves de journaliste d'investigation et courageux, encore une fois il faut être soit en Guinée ou alors y faire un tour, tout près ''de la gueule du loup'' .
La Rédaction de l'hebdomadaire guinéen '' L'observateur '' ne reculera devant aucune sorte d'intimidation d'où qu'elle vienne, et de la part de n'importe quelle personne , du plus haut placé au dernier citoyen de la République de Guinée, elle déclare son indéfectible soutien à son directeur de la publication Tibou KAMARA, qui sera bientôt en Guinée pour le bonheur de la liberté et du pluralisme d'expression dans la presse guinéenne.
A bon entendeur salut.
Aboubacar SAKHO
Directeur de la publication du site de l'hebdomadaire Guinéen ''L'observateur ''
Pays-Bas
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