samedi 01 octobre 2011
Dix mois après sa cooptation sous la pression de la coordination du Mandé et d’autres réseaux occultes totalement étrangers à notre pays, le président guinéen proclamé « élu » par le « général » Sékouba KONATE et Jean-Marie DORE, s’agite dans tous les sens. L’opposition politique fait l’objet d’intimidation parfois sanglante, tandis qu’une partie de l‘armée est soumise à une suspicion généralisée. Pourtant, son élection supposée « démocratique » est récente. Lui-même clame partout que son élection a été « transparente et honnête ».
Dans le pays, il pourrait bénéficier d’une certaine affection liée à son âge. Bien sûr, il n’est pas un vieillard impotent. Mais mis à part Jean-Marie DORE, il est de loin le plus âgé de toute la classe politique guinéenne. C’est un avantage en Afrique noire, plus particulièrement en Guinée. Et ce n’est pas simplement par coquetterie de langage, qu’au FOUTA qu’il déteste tant, on l’appelle toujours Kôtô Alpha, en Haute-Guinée, kôrô Alpha et en Basse-Guinée, fori Alpha. Ce « grand frère » en PULAR, Malinké et Soussou, est un signe de respect et d’affection pour la personne Alpha Condé, malgré les désaccords politiques fondamentaux. Cette affection lui est accordée, bien au-delà de son appartenance ethnique. Il aurait dû la transformer en autorité morale. Comment ?- Sa victoire proclamée, et en grand frère victorieux, il eut été élégant de sa part de proposer à ses deux principaux concurrents, la formation d’un gouvernement de coalition, en vue de s’atteler aux problèmes urgents du pays.
Si j’avais été M. Alpha CONDE, dès mon investiture, j’aurais immédiatement invité Sidya et Cellou Dalein à me rencontrer. Et je leur aurais tenu à peu près le discours suivant : « J’ai demandé à vous rencontrer, non pas seulement en tant que président élu, mais surtout en tant que votre grand frère le plus âgé. Je revendique ce droit d’ainesse. La campagne présidentielle est terminée. Mais vous et moi, nous avons à redresser notre pays. Toi (Sidya ou Cellou), je souhaite te nommer premier ministre dans les plus brefs délais. Et tu me proposeras ton gouvernement dans la semaine. Je ne vous demande pas d’abandonner vos partis respectifs. Je suis convaincu que pour vous comme pour moi, l’intérêt du pays passe avant celui de nos partis. Encore une fois, je vous parle ici en tant que grand frère. …».
Hélas ! Il ne l’a pas fait. Il a plutôt cherché à les humilier, et à ruser avec, afin de les écraser pour parait-il, les réduire à néant dans leur propre pays. Mais à sa décharge, il faut reconnaître que soixante ans de vie continue en Europe occidentale, vous coupe définitivement des réalités culturelles africaines. Pourtant, pour un homme politique intelligent, en Guinée, être le plus âgé peut être un formidable atout pour rassembler les énergies autour de l’essentiel. Car encore une fois, même aujourd’hui, en Guinée, être le plus âgé peut vous conférer une autorité morale, à condition de s’en montrer digne.
Alors, d’où vient que, depuis plus de dix mois, le président « démocratiquement élu », s’agite au lieu d’agir, passe d’attentat simulé aux intimidations sanglantes et suspicions infondées contre une partie de l’armée ?
S’interroger sur les dangereuses gesticulations du nouveau président, n’est pas une provocation. Rappeler les conditions de sa cooptation, ainsi que les artisans de la manipulation électorale, reste selon moi, une nécessité pour tous les Guinéens désireux de récupérer la TERRE de nos ANCÊTRES communs.
Pourquoi ?
De 1958 à aujourd’hui, jamais les vrais enfants de ce pays n’ont eu accès à la magistrature suprême sur la TERRE qui les a vus naître, même quand dans les urnes, ils y on été désignés librement par leurs compatriotes. Remarquer cela, n’a rien de xénophobe ni de non panafricaniste. Être panafricaniste, ce n’est pas abandonner sa patrie dans les mains du premier venu, fût-il M. Alpha CONDE.
J’ai moi-même, une ascendance sénégalaise (dans le BHOUNDOU) et pas si lointaine dans le temps. Il n’y a pas si longtemps, le nouveau président faisait dire à ses militants que mon nom est si peu guinéen. Ce en quoi il n’a d’ailleurs pas tout à fait tort. Et je dois en partie à la Côte d’Ivoire de Houphouet BOIGNY et à la France, ce que je suis devenu aujourd’hui. Mais, puisque nous en sommes à nous titiller sur nos origines et ascendances, le nouveau président peut faire demander à Maliguiagbé dans le MORYA qui était Fodé Momo CISSE (mon grand-père maternel) et à BENNA Laya, la famille SY Savané, ou à LINSAN.
Je ne demanderai pas au nouveau président de décliner ses attaches par rapport à notre pays. Mais chaque vrai Guinéen doit exiger de lui, qu’il ne mette pas notre pays au service exclusif du BURKINA FASO, ou en faire un espace de trafic en tut genre pour les notabilités gouvernementales angolaises. Et je demande à mes compatriotes d’être vigilants. On peut habiter son pays tout en le perdant. Autrement dit, des gens venus récemment d’ailleurs peuvent prendre le contrôle de la TERRE que vus avez reçue de vos Ancêtres. Selon moi, ce processus est en cours dans notre pays.
En soi, « l’élection » de M. Alpha CONDE à la magistrature suprême d’un pays africain, avec lequel il n’a qu’une très lointaine attache, en l’occurrence la Guinée, n’est pas un problème. Cependant, la manière et les conditions dans lesquelles il a été coopté, le mépris hautain et arrogant qu’il manifeste pour les authentiques enfants de ce pays, intriguent plus d’un Guinéen. J’en suis. Il y a donc problèmes. Il est stupide de les nier.
Premier problème : « l’élection » dite « démocratique » n’a été qu’une mise en scène de grande ampleur destinée à donner une apparence légale à une PRE-COOPTATION au profit de M. Alpha CONDE, ficelée ailleurs depuis bien longtemps. Faut-il le répéter, en politique, dans certaines circonstances particulières, la cooptation peut être temporairement tolérée. Mais pourquoi en Guinée, et seulement en Guinée cela s’est fait contre le souhait des vrais enfants du pays ?
Les professeurs de démocratie devraient expliquer à mes compatriotes, pourquoi devrions-nous accepter ce qu’ils trouveraient inacceptable dans leur propre pays. La transparence et l’honnêteté électorales changeraient-elles de couleur selon le continent ? Claire et transparente à Bruxelles, opaque et Noire en Afrique Noire ? L’élection n’est pas la démocratie. Elle l’est encore moins lorsqu’elle a été arrangée au profit de celui qui a été pré-coopté comme ça s’est passé en Novembre 2010 à Conakry.
Est-il donc écrit quelque part, que de toute l’Afrique NOIRE, seuls les vrais enfants de la Guinée-Conakry sont interdits de magistrature suprême leur TERRE ? Imagine-t-on au BURKINA un président non burkinabé ? Au Sénégal un président non sénégalais ?...
Ailleurs qu’en Guinée, la cooptation désinvolte de M. Alpha Condé comme président aurait entraîné une riposte foudroyante des vrais enfants du pays. Et le fait que ses concurrents, intimidés et peut- être menacés par la prétendue « communauté internationale » aient reconnu sa « victoire », ne rend pas son pouvoir légitime aux yeux de nos compatriotes. Bien au contraire. Il peut se prévaloir d’une légalité que lui a conférée la communauté dite internationale. Mais la Guinée n’est pas la propriété d’une fictive communauté internationale.
Au demeurant, chaque pouvoir produit toujours sa propre légalité qu’il brandit ensuite comme fondement de sa légitimité.
En effet, j’ai vu effaré, à Conakry, les pressions intolérables que certaines ambassades occidentales, le groupe de contact africain, et le représentant de l’Union Européenne ont exercées sur les concurrents de M. CONDE afin qu’ils lisent à la télévision, un papier de reconnaissance de victoire qu’ils n’avaient probablement pas écrit et dont ils n’approuvaient peut-être pas le contenu.
Sidéré par l’exercice arrogant de ce que j’avais appelé « le suprématisme dont ils sont imprégnés depuis toujours », je leur avais adressé une lettre que j‘avais intitulée « lettre à Madame l’ambassadrice des U.S.A. à Conakry, et à Monsieur l’ambassadeur de France à Conakry », et j’aurai pu ajouter « au groupe de contact sur la Guinée » dont les membres sont très intéressés et pas forcément par des élections honnêtes.
Ceux et celles qui clament partout qu’il faut cesser de mettre en cause « l’élection » de M. CONDE, ne sont pas d’une honnêteté intellectuelle et morale insoupçonnable. Car, ils auraient dû commencer par être intransigeants quant au respect rigoureux des règles de transparence et d’honnêteté. Ils s’en sont abstenus. Or, ils ont organisé par diverses magouilles « l’élection » arrangée au profit de M. CONDE. A mon avis, cela les disqualifie aujourd’hui à se présenter en donneurs de je ne sais quelle leçon.
Deuxième problème : Dépourvu de véritable légitimité, n’ ayant qu’une lointaine attache avec notre pays, le nouveau président est obligé de devoir concentrer dans ses mains tous les pouvoirs. D’où les manœuvres dilatoires visant à s’octroyer une majorité de députés que manifestement il sait impossible à obtenir dans une élection législative transparente honnête. Des milices ethniques comme en avait formées M. Laurent GBAGBO en son temps, son recrutées en Haute Guinée et acheminées en Basse Guinée, notamment à CONAKRY, COYAH, DUBREKA.
Ce sont les fameux « donzo » qui sévissent actuellement dans les quartiers de Conakry majoritairement habités par les Peuls. Ils sont déjà opérationnels. Les premiers coups mortels de machettes ont été donnés à Conakry lors de la manifestation pacifique du 27 Septembre. Certains gendarmes et militaires, originaires de BEYLA et de la Haute-Guinée ont reçu consigne de se déguisés en « donzo » les jours de manifestations. Ce qui a été fait.
Troisième problème : une suspicion généralisée.
Profitant de la mystérieuse attaque du 18 septembre dernier, le président a déserté le quartier qu’il dit peuplé de Peuls comme si ce n’était pas des Guinéens. Il s’est aménagé au palais de sékhoutoureya un BUNKER gardé par des militaires Angolais et BURKINABES. Les gardes guinéens, militaires ou policiers, sont tenus à distance. Ils n’ont accès à certains locaux de la présidence qu’avec l’autorisation de milices angolaises et burkinabés, lesquelles disposent d’armes sophistiquées et en abondance.
Pourquoi des milices étrangères, surarmées dans un palais national guinéen ? Est-ce cela le panafricanisme de M. Alpha CONDE ?
On ne peut s’empêcher d’observer la suspicion qui pèse sur les forces de sécurité guinéennes, puisque le président leur fait si peu confiance, qu’il est allé recruter au pays de ses parents-le BURKINA autrefois la Haute-Volta, une milice désormais installée à la présidence. On peut facilement imaginer l’humiliation ainsi infligée aux forces de l’ordre guinéenne.
Quatrième problème : l’utilisation par le président et son parti, le R.P.G. des dramatiques évènements du 28 septembre comme moyen de chantage contre les militaires et officiers originaires de la Guinée Forestière. En effet comment comprendre qu’au moindre petit obstacle sur sa route, il réaffirme bruyamment son « intention » de livrer Claude PIVI, TIEBGORO…au T.P.I. Bien sûr, ces militaires n’ont pas toujours été des anges. Loin s’en faut. Mais PIVI (que je ne connais pas) n’était qu’un adjudant chef. Sa culpabilité dans les évènements est réelle. Mais, Il n’était qu’un subordonné qui par discipline militaire a obéit aux ordres de Sékouba KONATE, Mathurin BANGOURA, Korka DIALLO et Mamadouba TOTO CAMARA, aujourd’hui tous ministres de M. Alpha CONDE. Si PIVI est coupable, ceux qui ont conçu, organisé et ordonné les massacres et viols, sont à la fois Coupables et surtout Responsables. Sont-ils devenus ministres en récompense de leurs crimes ? La persistance du nouveau président à diaboliser les militaires et officiers originaires de la Guinée Forestière reste pour moi un mystère.
Dans les camps militaires à Conakry, tout comme à la présidence, chacun sait aujourd’hui avec précision que les massacres et viols au Stade le 28 septembre 2009 avaient été planifiés et exécutés par les hommes de « général » Sékouba KONATE, alors ministre de la défense de capitaine Moussa Dadis CAMARA.
Simples questions : le 28 septembre 2009, où était M. Alpha CONDE alors opposant à DADIS ? -- Pourquoi, simultanément lui et le « général » Sékouba KONATE se sont-ils absentés de Conakry ce 28 septembre, et seulement ce 28 septembre 2009 ?
Par une étrange coïncidence, le « général » Sékouba Konaté a proclamé M. Alpha Condé « élu ». Etait-il indispensable d’organiser tant de massacres et viols pour donner le pouvoir à M. Alpha CONDE ? Pourquoi chercher à mettre systématiquement en cause les militaires et officiers originaires de la Guinée Forestière, et seulement eux, alors que le président connait très vraisemblablement les vrais exécuteurs des viols et massacres du 28 septembre 200 ?
J’invite tous les Guinéens et guinéennes à réfléchir à ces questions. N’est-il pas incompréhensible qu’on couvre Sékouba KONATE de louange, et que, dans le même temps on désigne à la vindicte populaire le naïf capitaine Moussa Dadis CAMARA qui a probablement beaucoup moins de sang sur les mains que son étrange « ami » Sékouba KONATE ?
NB : compatriotes ! Lisez ce document. Discutez-en ! Faites le circuler.
Mamadou Billo SY SAVANE
Mon contact : mamadoulinsan@wanadoo.fr
Pour www.nlsguinee.com
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