jeudi 29 septembre 2011
Politique - A l'évidence, Rabiatou Diallo, la présidente du Conseil national de transition (CNT) guinéen, devra jouer plusieurs mois encore les prolongations en tant que patronne de l'institution qui tient lieu de Parlement. En effet, chaque jour qui passe semble confiner la tenue des législatives, terminus d'une transition censée dépêtrer la Guinée de 52 de dictature tous azimuts, à l'Arlésienne.
Ras-le-bolisé par la lenteur du parachèvement de l'Etat de droit, le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition (CPPFT) a décidé de battre le macadam du 27 au 30 septembre 2011. La satisfaction impérative de 4 revendications lui tient à coeur. Ce sont :
- la restructuration de la CENI ;
- l'audit du fichier électoral ;
- le choix de l'opérateur de la révision, en particulier le retour de SAGEM, écarté au profit de Way Mark et Sabari ;
- le rétablissement des élus locaux.
La manifestation du 27 septembre ayant été dispersée par les autorités avec à la clef quelques blessés et même deux macchabées au moins, la psychose est palpable et, sans doute, les jours à venir, l'atmosphère sera à couper au couteau.
Quand on sait que le moindre mouvement de foule en Guinée a toujours été sanctionné par la répression aveugle, voire des pogroms à petite échelle, la peur des Conakrykas est justifiée. Malheureusement il n'y a pas de Charles Bronson dans la cité ! Les milliers de suppliciés de janvier-février 2007, victimes des sicaires de Lansana Conté, sont encore dans les mémoires.
Et que dire du massacre à huis clos perpétré le 28 septembre 2009 et sur lequel le pool de magistrats tarde à boucler son enquête, faute de moyens ?
Ce jour 28 septembre 2011, deuxième anniversaire du paroxysme de l'Etat sauvage dans ce pays, il serait mieux et sage pour les Guinéens non seulement d'éviter un remake (le retour des vieux démons), mais surtout de se rappeler que ce jour funeste a donné le "la" de la transition guinéenne.
C'est cette tragédie qui provoqua la tentative de régicide du 3 décembre 2009, l'exil du volubile Dadis Camara au Maroc d'abord et ensuite au Burkina Faso, et enfin la transition militaire avec Sékouba Konaté et in fine la présidentielle de novembre 2010.
Mais hélas, on a la vague impression qu'une partie des voeux de Sékou Touré a la vie dure. L'histoire veut que le "Silly" ait réuni à l'époque pendant un an tous les imams des mosquées du vendredi pour demander à Dieu : "Qu'aucun de mes opposants ne puisse accéder au pouvoir après moi ni gouverner la Guinée".
Apocryphe ou vérité, la Guinée a en tout cas actuellement mal à son passé, lequel ne passe pas du tout aux yeux des populations.
En fixant de façon unilatérale les députations pour le 29 décembre 2011, le pouvoir crée un casus belli avec l'opposition et, malgré les timides rencontres de ces derniers jours, les lignes n'ont pas bougé, et l'armistice est loin d'être acquis entre Alpha Condé et ses adversaires politiques.
A y regarder de près, Cellou Dallein Diallo, patron de l'UFDG, qui a eu la moitié de l'électorat de 2010 avec lui, Sidya Touré de l'UFR et tous les autres se sentent les parias de cette transition, dont la finition semble pour l'instant bancale. C'est malheureux pour le président élu et ces leaders de l'opposition qui, hier encore, crapahutaient ensemble pour l'avènement d'une vraie démocratie. C'est dommage, surtout pour les Guinéens qui n'aspirent qu'à vivre dans un pays en paix.
Par Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
L'Observateur Paalga
Pour www.nlsguinee.com
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