Guinée : Journée mondiale de la santé, un secteur qui se porte mal en Guinée
dimanche 09 avril 2006
« Au cours de ces dernières années le secteur de la santé est confronte à de nombreux problèmes liés à la diminution des ressources dans le secteur notamment l’insuffisance des infrastructures, le manque d ‘équipements de médicaments, de pénurie de personnels, auxquels s’ajoute l’émergence et la réémergence de nouvelles maladies à potentiel épidémique.
Pour faire face à cette situation la nécessite d’une collaboration et d’un partenariat fécond entre les acteurs nationaux et internationaux s’avère indispensable. Dans cette optique s’inscrit le thème de cette année 2006 : Travaillez ensemble pour la Santé.
Le plan stratégique de développement des ressources humaines pour la santé en cour d’élaboration propose des approches pratiques en matière de formation du personnel de son utilisation rationnelle ainsi que d’un plan de carrière.
Ce plan stratégique accorde également la priorité au recrutement des paramédicaux notamment des infirmiers, infirmières et les sages femmes d’ Etat dont les effectifs se réduisent de plus en plus.
Il s’agit donc d’encourager toutes les parties intéressées : décideurs donateurs internationaux, responsables politiques, médecins et assimiles, milieux universitaires, société civile, organisations confessionnelles médias et autres encore à oeuvrer ensemble pour développer les ressources humaines dans le secteur de la Santé… »
C’est qu’a déclaré le ministre de la santé publique à l’occasion de la journée mondiale de la santé, célébrée chaque année le 06 mars.
En Guinée notamment le secteur de la santé plus que tout autre secteur est confronté à un manque crucial de personnel compétent. Selon des indications, ce personnel vieilli à un rythme effrayant car près de la moitié de l’effectif (50%) seront hors service en 2010. De nos jours, aucune politique sanitaire n’est mise en oeuvre pour relever le défi.
Alors que la population évolue de plus en plus, le nombre de personnel lui diminue sans cesse. L’on peut même évaluer à plus de 1000 personnes à la charge d’un seul médecin…
Dans les collectivités décentralisées la plupart des centres de santé ou des postes de santés n’ont pas un médecin spécialiste. Et des soins de bases sont donnés par des infirmiers, des infirmiers ou encore des simples garçons de salle.
Que de dommages à la population !!!
En matière d’infrastructures sanitaires tout est à refaire, car même dans les centres hospitalo-universitaires (CHU Donka, CHU Ignace Deen) et les grands hôpitaux de l’intérieurs l’on dénombre un dysfonctionnement total du au manque d’infrastructures et à l’état vétuste du peu qui existe.
Ainsi, presque tous les patients se tournent vers la pharmacie par terre pour se procurer des médicaments malgré les dangers liés à l’utilisation de ses produits quelques fois périmés.
Interrogés les malades disent n’être pas en mesure de faire leurs achats dans les pharmacies plus modernes. C’est le cas d’un patient rencontré à Madina : « Je suis là pour acheter mes produits pharmaceutiques qui sont trois fois moins chers ici que dans les autres pharmacies. Dès fois même les médecins viennent ici pour acheter les médicaments qu’ils vont vendre ensuite aux malades ou alors les places dans leurs pharmacies à travers la ville… »
Ainsi tout porte à croire que la situation sanitaire en Guinée est très fragile et que l’Etat se trouve dans l’incapacité d’apporter une solution fiable malgré des multiples dons en espèce et en nature octroyés ça et là par des donateurs et autres partenaires étrangers.
Par exemple depuis 1996, le gouvernement Japonais assiste la Guinée dans son programme élargie de vaccination en faisant dons de vaccins et matériel de vaccination. C’est ainsi que le pays se retrouve aujourd’hui avec 86% de la couverture vaccinale des populations qui diminue.
De même selon Ide Gnandou, le représentant de la Banque Mondiale en Guinée, de 2003 à 2006 un montant de 60 millions de dollars US a été accordé à la Guinée. Et le secteur de la santé a bénéficié à lui seul 25 millions du montant. Mais cela n’a pas eu d’impact sensible sur la population bénéficiaire.
Par Lansana A. Camara
Correspondant permanent de Nlsguinee.com à Conakry, Guinée
Contact: lansanaminata@yahoo.fr
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