mercredi 17 août 2011
Un véritable Etat de droit est à désespérer lorsque des citoyens peuvent être mis à la touche de leur emploi par des décisions obscures qui échappent à la censure de la justice ou de toute autre forme de contrôle organisé. Cette semaine l’on apprend que Yamoussa Sidibé a cessé de nous servir son « Merci de votre bien aimable attention ».
Est-il besoin de rappeler le présentateur vedette d’une télévision guinéenne que nous aimions tant regarder avant que la RTG ne se transforma en un temple de la démagogie ? Désormais, parait-il, Yamoussa Sidibé, Ibrahima Ahmed Barry et Marie-Louise Sanoussy devront se tenir loin du plateau du journal télévisé de la RTG. L’on aurait pu se réjouir de la nouvelle si elle avait été plus logique au point qu’un gros décideur, que l’on pourrait appeler la haute autorité, use de son pouvoir arbitraire en fermant purement, simplement et définitivement la RTG. Le temple de la démagogie d’Etat de Lansana Conté à Moussa Dadis Camara, D’Alpha Condé à Alpha Condé, est nocif à la démocratie et à l’Etat de droit.
Trêve de leçons de bon sens, mais cette fois il est question d’arbitraire, d’injustice et de détournement du pouvoir de frustrer ! Qui a donc décidé d’écarter Yamoussa Sidibé et tous les autres sans voix dans ce nouvel Etat redessiné par l’attraction d’un pouvoir en composition ? Il paraît que c’est une décision dont on ne peut discuter, c’est un ordre que l’on ne saurait évoquer sans porter atteinte au sacré. Sacrilège, boniment et obscurantisme opportuniste que tout cela. Le droit du citoyen d’identifier la décision entreprise à son encontre, de connaitre les motifs de cette décision et les voies à lui offertes pour s’opposer à celle-ci garantissent nécessairement la confiance légitime du peuple à l’Etat.
Au moment où les guinéens sont quotidiennement bassinés de la nécessité de se réconcilier, il eut été bienvenu que des agissements comme le renvoi déguisé de Yamoussa Sidibé de la RTG fassent autant de bruit dans nos consciences que les réprobations de la tentative d’assassinat du Président Alpha Condé. Puisque dans un Etat de droit, il ne devrait être fait aucune distinction de gravité entre petites, moyennes et grandes injustice, car toute injustice est énorme et gigantesque par essence.
Puisque les principaux intéressés ne s’identifient, ensemble, à aucune communauté homogène, puisqu’aucune coordination de gens en turban ne s’est émue du sort à peine apparent de nos journalistes cités, plusieurs fois dormir et l’on parlera plus. Ainsi va la République de Guinée, des valeurs au gré des saisons, des vérités en dessous des intérêts et à chaque fois un océan d’injustice dont il faut s’accommoder pour être un vrai patriote.
J’en appelle à tous les guinéens, à tous les membres de la troisième ethnie de Guinée à soutenir la cause de Yamoussa Sidibé et de ses amis. Qu’il ne soit pas nécessairement compris par là d’exiger un retour des refoulés à la présentation du journal, mais que leurs droits soient aussi sacrés que la vie des tous les guinéens.
La justice de tous les jours guérit sans doute plus vite nos âmes abimées qu’une foire de réconciliation où chacun devra paraître dans son plus bel habit.
Justice !
Titi Sidibé
Avocat au Barreau de Bruxelles - KYC lawyers
Analyste et correspondant de www.nlsguinee.com en Belgique
E-mail : sidibetiti@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com
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