jeudi 28 juillet 2011
Chers Cellou Dalein Diallo et Bah Oury, dans ma lettre du13 avril 2011, je vous disais ceci :
« Cellou et Bah Oury, c’est vous notre problème en réalité. Cellou a été ministre pendant 11 ans. Bah Oury a dirigé le parti pendant 20 ans et a été également ministre. Si malgré toutes ces années d’expérience, un autodidacte comme moi voit des choses que vous êtes incapables de voir en politique, alors démissionnez de la tête de ce parti pour l’amour de Dieu et de vos militants qui en souffrent ».
Aujourd’hui, ma demande est plus que jamais légitime: notre parti se retrouve orphelin au moment où ses militants sont soumis à toutes les formes d’injustices et d’exactions sans réaction d’aucune forme du parti ! Même la famille du président. Notamment ses enfants, sa femme et sa belle-famille sont directement victimes de cette terreur sans que vous les responsables du parti, vous sur lesquels on est censé compter, ne preniez vos responsabilités.
En effet, vous devez savoir que vos militants sont plus que jamais déterminés et sont même en passe de s’organiser indépendamment de vous la direction.
À Cellou Dalein Diallo
Je vous demande de rentrer immédiatement pour honorer vos engagements de mener la lutte pour la justice et un Etat de droit en Guinée. S’il y a un danger un Guinée, votre épouse et vos enfants y sont exposés. Vous devriez être à côtés d’eux et à vos militants. Que faites-vous encore à l’étranger si vous êtes le leader de l’UFDG qui a plus que jamais besoin de vous en Guinée ?
À Bah Oury
S’il se trouve que vous n’êtes pas détenu par les services du pouvoir, je vous demande solennellement de sortir maintenant et reprendre le combat politique ! Après la descente violente des militaires à votre domicile, nous sommes tous conscients des risques que vous courez et cela justifiait que pendant les 2 jours de trouble, vous vous mettiez à l’abri. Maintenant que la situation est claire au pays, tout le monde sait que c’est l’armée sous ordres de la présidence et non des éléments incontrôlés qui agissent contre nos militants et citoyens innocents, votre cachette ne se justifie plus pendant la journée, parce que beaucoup de militants et proches de l’UFDG courent les mêmes risques comme le cas de votre voisin Elhadj Alpha Diallo le démontre.
Monsieur Bah, avec tout le respect que j’ai pour vous, je dois vous affirmer que vous avez lourdement failli à votre responsabilité dans la gestion de cette crise. En effet, en tant que Président intérimaire du parti, c’est vous qui devriez donner la motivation et l’exemple de courage à vos militants. Ces derniers s’étaient massivement mobilisés pour vous accueillir et vous entendre lors de la dernière assemblée générale du parti. Fodé Oussou qui l’a présidée à votre place a également reçu des menaces sérieuses et a aussi peur pour sa vie comme leur acte (lui, le Dr Faya Milimono et d’autres) de s’éloigner de leurs familles et se regrouper au domicile de Mouctar Diallo le démontre bien. Fodé Oussou a bravé la peur et les intimidations pour motiver les militants. Ce qui a permis de garder la base mobilisée et plus que jamais déterminée. Imaginez que Fodé Oussou aussi ait fait comme vous en ne faisant aucun signe ce jour malgré la mobilisation massive des militants ! Qui de valable aurait présidé alors l’assemblée générale de l’UFDG ?
Au Parti UFDG
Je propose que la direction de l’UFDG mobilise au moins dix cadres, jeunes, dynamiques et compétents qui sont prêts pour le combat et qui en ont le courage. Il y en a beaucoup au sein de notre parti. Il suffit de leur faire appel. Ces derniers constitueront enfin une équipe compétente de communication et de stratégie pour le parti et son président qui en a besoin. Ils doivent être des permanents et payés pour cela comme cela se fait par tous les grands partis de ce monde. On ne peut pas faire fonctionner un parti par le bénévolat et obtenir de bons résultats. L’exercice du pouvoir et de la gestion commencent au sein du parti. Le RPG nous a montré que la seule détermination des militants ne gère pas un Etat. Il faut un minimum d’organisation, de discipline et de savoir-faire en matière de gestion.
J’aimerais finir en disant à Bah Oury et à Cellou que la seule sécurité qu’ils ont en Guinée d’aujourd’hui, c’est leur courage et Dieu ! Il y a eu des gens qui sont morts le 28 septembre 2009, pendant et après l’élection de 2010.
Est-ce que vos âmes sont-elles meilleures à celles de toutes ces personnes ?
Bah Mamadou avait-il des gardes du corps pour oser et ne jamais se cacher en Guinée, même en période de trouble ?
Sachez que même avec une dizaine de garde du corps, si le ministre de la défense et président de la république Alpha Condé veut vous faire tuer, il le fera à l’instant qu’il veut. D’ailleurs, c’est enfantin de tenir à avoir des gardes du corps fournis par l’Etat que tu dis craindre pour te sentir en sécurité. Ainsi, Alpha n’a même plus besoin d’espions à mettre à vos trousses et le jour qu’il le veut, ce sont ces gardes qui vous le livreront ligotés comme de vulgaires bandits.
Je profite de cette occasion pour m’adresse à toute l’opposition politique, en particulier au parti UFDG.
Si Alpha Condé a décidé de renoncer au recensement pour se contenter d’une révision du fichier électoral, c’est parce qu’avec le MATAP, ils ont institué une équipe qui est chargée de radier 100 personnes (proches de l’opposition) par bureau de vote dans les communes et préfectures ci-dessous:
- Ratoma : 482 bureaux de vote
- Mamou : 309 bureaux de vote
- Labé : 357 bureaux de vote
- Mali : 246 bureaux de vote
- Pita : 290 bureaux de vote
- Télémélé : 291 bureaux de vote.
Dans les communes ou préfecture de Kindia, Matoto, Maatam, Dixinn, Boké, ils sont entrain de regarder sur les résultats de la présidentielle, dans quels bureaux de vote l’opposition avait gagné plus de 70% pour y radier également 100 personnes par bureaux de vote.
Les gens que le président Alpha et le ministre Alhassane Condé ont chargés de cette mission sont:
1- Le Dr Yamoro Condé, Sécretaire général du MATAP
2- Le Dr Amadou Kaba, Conseiller politique au MATAP
3- Lansana Condé, attaché de Cabinet au MATAP.
Ces trois ont reçu des instructions de travailler en étroite collaboration avec Lounseny Camara de la Commission électorale indépendante (CENI)..
Je précise que selon ma source d’information qui est sure, il s’agit là des mesures à caractère officiel décidées par la Présidence et le MATAP qui n’ont aucun droit de gérer l’organisation des élections en Guinée. Inofficiellement, il est recommandé de rajouter aux bureaux de vote et recenser de nouveaux électeurs dans les fiefs du RPG sous l’appellation que vous voulez (révision des listes électorales). Mon informateur a insisté que l’opposition exige un audit indépendant du fichier électoral pour s’assurer qu’il reste intact. Sinon, il ne sert à rien d’aller aux élections législatives. Et même après l’audit, il faut s’assurer que le fichier ne soit pas échangé ou manipuler par le pouvoir avant et pendant les élections. C’était pour une telle garantie que le fichier avait été conçu de telle sorte qu’un seul partenaire des institutions impliquées dans l’organisation des élections ne puisse l’ouvrir. Malheureusement, vous avez laissé le MATAP mettre la main dessus !
À présent, vous êtes avertis. Si vous attendez sans rien faire pour obtenir une organisation correcte des élections, vous ne direz pas que vous ne saviez pas ou que l’on vous a encore surpris. Dans ce cas, vous n’auriez aucune crédibilité pour dire au peuple de Guinée que vous seriez capable de faire tête à Alpha Condé ou à un candidat du pouvoir à la future présidentielle. Rappelez-vous surtout que c’est alors ce fichier modifié du RPG qui servirait pour la future présidentielle! C’est dire que si vous failliez encore ici, vous auriez contribué à définitivement compromettre la démocratie et l’espoir du changement dans notre pays. Alpha et son parti ne veulent plus frauder dans les urnes, ils le font maintenant sur le fichier électoral. Cela n’est possible que si vous l’acceptez ou si vous n’êtes pas à la hauteur de vos responsabilités en tant que leaders politiques.
Si la dictature se réinstalle en Guinée, Alpha Condé ne serait pas le seul à blâmer parce que l’opposition à elle seule rassemble plus de 70% de l’électorat guinéen au dire d’Alpha Condé lui-même. Ces militants ne demandent qu’une direction pour les guider et faire ce qu’il faut pour imposer la démocratie en Guinée. Cette démocratie ne s’obtient pas par des paroles et des communiqués sur papiers mais par des pressions populaires sur le terrain tel que stipulé par l’article 10 de notre constitution.
Alpha Boubacar Barry, Hollande
Pour www.nlsguinee.com
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