mercredi 27 juillet 2011
Les habitants de la capitale étaient déjà confrontés aux eternels embouteillages de Conakry. Et pour ne rien arranger, ils font face désormais à des barrages routiers. Ou plus exactement à des contrôles routiers. Ou encore des fouilles pour emprunter le mot juste. Car contrairement aux barrages traditionnels, cette fois il n’ya pas de corde. Du moins sur certains endroits.
Ce sont des agents en uniforme, l’arme au point, qui procèdent à des fouilles des véhicules. Leur méthode varie.
Lundi soir il est 19h 30, de grosses gouttes tombent du ciel. Entre Lambanyi et Kobaya dans la partie Nord de la Capitale, les automobilistes se heurtent à des embouteillages inhabituels.
Tout le monde se demande ce qui se passe!
Au milieu du pont qui fait la limite entre les deux quartiers, la circulation se fait à pas de tortue. D’un côté comme de l’autre du pont d’interminables files de véhicules se forment.
À la question de savoir ce qui se passe, c’est un barrage, répond une vendeuse. Un automobiliste rebrousse chemin. Il avait un carton contenant des billets de banque dans son coffre. Il sait qu’il n’a aucune chance de faire passer son fameux colis de ce barrage. Après on lui dira que c’est le fait d’éléments incontrôlés. Du coup, et après avoir confié le carton quelque part, il revient.
Au bout d’une heure d’attente on arrive devant les agents. Ils sont trois ou quatre. Couverts d’un imperméable, l’arme en bandoulière, l’agent dit « ouvrez le derrière ». A vos ordres chef. L’agent est muni d’une lampe électrique. Il jette un coup d’œil. Vous pouvez continuer.
Le mardi 26 juillet cette fois nous revenons de Kaloum. Il est aussi 19 heures comme la veille. Au niveau de l’aéroport, tout est arrêté. Certains véhicules rebroussent chemin. On va dans tous les sens. Tout le monde se demande ce qui ne pas au niveau du rond point du camp Alpha Yaya.
A la surprise générale, on apprend qu’il s’agit encore une fois d’un barrage. Près de deux heures d’attente sur une distance de trois cent mètres. C’est tout dire. On arrive au contrôle. A cet endroit on est à la fois heureux d’être enfin sorti de ces bouchons et en même temps, chacun descend de son véhicule la mine serrée. Personne n’attend l’ordre de descendre. On fait comme son devancier. On ouvre le coffre. Mais contrairement à la veille, cette fois on fouille l’intérieur des véhicules. On vous demande de lever un pied pour soulever le tapis. Le véhicule est passé au peigne fin.
Sorti de ce calvaire on est enfin soulagé de pouvoir rouler. Pas pour longtemps. La longue file de véhicule à Yimbaya vous fait craindre une situation similaire à celle que vous avez vécue derrière.
A nouveau deux autres heures pour arriver au rond pont de la Tennerie, environ deux kilomètres. Là aussi il faut suivre le même exercice. Ou la même humiliation.
Parti de Kaloum à 17h on est à Matoto à 22h. Faites le calcul. Cinq heures seulement. Le temps nécessaire pour aller à Mamou. A condition toutefois que là aussi vous n’ayez pas de barrages. Officiellement il n’y a plus de barrages routiers en Guinée.
À moins qu’encore une fois, les Guinéens ne fassent ce qu’on appelle la marche de l’écrivisse. Ou pour se faire comprendre par tous un pas en avant et deux pas en arrière.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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