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Afrique : Le meilleur à Cotonou, le pire à Conakry

  vendredi 07 avril 2006   

Investiture de Boni Yayi au Bénin et chant du cygne du régime guinéen, telles sont à titre illustratifs les deux faces de Janus l’Afrique : celle où la démocratie se consolide au fil des années et l’autre où elle n’est même pas encore au stade de balbutiement.

Aujourd’hui 7 avril 2006, l’enfant de Tchaourou, Boni Yayi, s’installe donc au palais de la Marina, la présidence béninoise, pour un bail de 5 ans. Après son sacre au second tour de la présidentielle du 19 mars, Boni Yayi succède à Mathieu Kérékou, qui aura tenu les rênes du pays pendant 29 ans. En prêtant serment hier devant ses compatriotes et une demi-douzaine de ses pairs africains, Boni Yayi accomplissait ainsi le geste qui le consacrait premier responsable de l’ex-Dahomey.

Dans la foulée, le nouveau président trouvera sur son bureau des dossiers que lui refilera son devancier. Y figure en bonne place, l’épineuse question de l’économie béninoise. Certes, le taux de croissance du PIB a été de 3% en 2005 ; certes, en juillet de la même année, le Bénin a bénéficié (tout comme 18 autres pays pauvres), de la part du G8, de la remise de sa dette multilatérale. Mais force est de reconnaître que le pays n’est pas économiquement dans une situation reluisante. Par exemple, le port de Cotonou reste en deçà de ses performances en dépit des perturbations auxquelles est confronté le port d’Abidjan. Et encore, les privatisations des compagnies de telecoms et d’électricité tant annoncées s’apparentent à un serpent de mer.

On ne saurait aussi occulter les contre-performances de la filière coton, qui représente pourtant 14% du PIB, 75% des exportations. Enfin, et c’est sur ce dossier sensible que Boni est attendu au tournant : la corruption. Pourra-t-il vraiment mener son opération "mains propres" pour que son slogan de campagne, "Ça va changer", ne soit pas un vain mot ?

Quoiqu’on dise, c’est à l’épreuve du pouvoir, qu’il vient d’étrenner, que Boni Yayi sera jugé, surtout au soir de mars 2011, qu’on pourra dire s’il a réussi ou échoué dans sa mission, qui s’annonce difficile. En attendant, il bénéficie d’un préjugé favorable, surtout dans un pays où la démocratie est vécue au quotidien. Ce qui n’est pas le cas, loin s’en faut, à plusieurs milliers de km de là, en Guinée-Conakry, où depuis 22 ans, le pays est pris en otage par le général-président Lassana Conté, offrant l’image d’une Afrique en proie à des courants antagoniques.

En faisant irruption sur le devant de la scène guinéenne, le 3 avril 1984, une semaine après la mort du Silly, Lansana Conté avait fait espérer aux Guinéens que les années de braises étaient révolues et qu’une nouvelle ère s’ouvrait pour le pays. Très vite, ils se rendront compte que la Guinée est tombée de Charybde en Scylla. Le côté bourru du personnage, sa conception du pouvoir achèveront de convaincre rapidement que le président-paysan n’est pas un démocrate.

"Je suis votre korô (aîné), vous devez m’obéir ; je n’ai peur que de deux choses : Dieu et le tonnerre", aimait répéter Conté à ses ministres et aux militaires des garnisons. Pendant plus de 15 ans, le général-président au physique de garde du corps dirigera la Guinée, principalement avec le bâton. Les opposants, en particulier Alpha Condé, ne diront pas le contraire. En 1998, ce dernier sera arrêté de façon arbitraire et emprisonné, à la veille de la présidentielle.

Mais voilà : depuis 4 ans, Lassana Conté souffre du diabète et de la leucémie. Là où la logique des armes et des urnes a échoué, la logique physique semble être plus efficace. L’actuel chef de l’Etat guinéen, âgé de 72 ans, est aujourd’hui un homme diminué, reclus dans son village de Wawa et ne faisant que de rares apparitions dans sa grosse cylindrée 8x4 Armanda Pathfinder.

"Pessè" celui qui parle cru, en langue soussou (l’ethnie de Conté), est l’ombre de lui-même, éloigné des affaires et laissant le pays entre les mains de clans rivaux qui le dépècent à qui mieux mieux. Son évacuation le 17 mars dernier à Genève en Suisse, pour des soins, n’est que le dernier avatar d’un régime finissant. Personne ne comprend pourquoi, malade, Conté ne se retire pas pour confier le pouvoir à une transition, même militaire. Ce n’est pas son chef d’état-major, Kerfalla Camara, qui fera la fine bouche à une telle proposition.

De même, une transition civile n’est pas impossible, surtout que les "forces vives" composées de partis politiques, de syndicats, d’associations, d’étudiants... ont déjà leur feuille de route pour cette transition qui ne doit pas excéder 18 mois, selon elles. En tout cas, la Guinée, tout comme son président, est sous perfusion et ce n’est pas la valse des Premiers ministres qui y changera quelque chose. Après Sidya Touré, François Lorseny Fal, voilà que Cellou Dallein Diallo, le dernier PM de Conté, vient d’être remercié, alors qu’un remaniement ministériel venait de s’effectuer.

Encore une victime des mortelles rivalités que se livrent les différents camps, dirigés par Fodé Bangoura, Secrétaire général à la présidence, Aboubacar Somparé, occupant du perchoir et intérimaire constitutionnel (article 34) en cas de vacance de poste, sans oublier le richissime et tout-puissant homme d’affaires Mamadou Sylla, ou encore la grande muette, où, semble-t-il, grenouillent actuellement de jeunes officiers. Assurément, les horloges guinéennes retardent sur tout, projetant l’image de l’autre Afrique, celle qui n’est pas encore mûre pour la démocratie. Mais comme le faisait remarquer Wolé Soyinka,"a-t-elle jamais été mûre pour la dictature ?".

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
L’Observateur Paalga, Burkina Faso


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