samedi 11 juin 2011
On ne le dira jamais assez, Conakry est sale. Plus les pluies arrogent la capitale, plus celle-ci exhume ses saletés. Celles qu’elle a accumulées des mois durant. Dès qu’il pleut les caniveaux vomissent ce qu’ils ont avalé pendant la saison sèche.
Après la pluie les rues sont recouvertes d’ordures. Des ordures expulsées dans les caniveaux.
Conakry est si sale que si des mesures urgentes ne sont pas prises, les conséquences risquent d’être des plus dramatiques. Il faut agir. Et dès maintenant. Autrement le trop tard va jouer son rôle implacable.
L’insalubrité de la capitale guinéenne a des causes et des conséquences. Les causes sont dues essentiellement au manque de civisme des habitants de la capitale. Lesquels versent tout dans les caniveaux. Si bien que tout le long des routes ces caniveaux sont remplis d’ordures. Et comme dit le proverbe, tout ce que la saison sèche fait, la saison des pluies défait. Dès les premières gouttes d’eau, celles-ci commencent à nettoyer les caniveaux de leur contenu. Lequel contenu n’a d’autre destination que les rues et les foyers de la capitale.
Cela atteste que jeter les ordures dans les caniveaux est une fuite en avant. Nous gardons ces déchets quelque pour qu’ils se décomposent. Ils nous reviennent plus tard. Avec leurs corollaires de dégâts. D’où la nécessité de trouver une solution moins facile mais plus judicieuse pour le ramassage et le transfert des déchets à des endroits plus appropriés.
Les conséquences de ce manque de civisme est des plus catastrophiques : maladies saisonnières telles que la fièvre typhoïde, le paludisme et le cholera. La première est devenue le compagnon quotidien du guinéen. Si bien qu’à l’hôpital tout nouveau patient fait le fameux widal. Il est devenu systématique. La deuxième maladie elle aussi fait des ravages pendant la saison des pluies. Et la troisième est devenue récurrente en Guinée pendant la saison de pluies.
Chaque saison des pluies les ONG humanitaires font une véritable veillée d’armes pour parer à toute éventualité.
Ce trio macabre paludisme, typhoïde et cholera coûte à la fois de la vie et de l’argent à la Guinée. Alors qu’on peut les prévenir par des mesures d’hygiène et d’assainissement de notre milieu.
Il appartient donc à l’administration de la capitale de prendre les meures idoines pour barrer la route à ces maladies. Cela est possible. Il suffit d’avoir la volonté. Car si la banque mondiale vidait ses caisses pour assainir Conakry, si les Conakry-ka ne décident pas rendre leur ville propre, cela ne change rien. La propreté de la ville n’est pas une question de moyen. Mais une question de civisme. Il faut donc agir. Et le plus tôt serait le mieux.
Quelques suggestions au bouillant gouverneur de la capitale :
- instituer une journée mensuelle voire hebdomadaire consacrée à l’assainissement de la capitale.
- se donner les moyens d’évacuer les ordures collectées.
- mettre en place des comités de suivi de la salubrité.
- infliger des amandes à ceux qui rament à contre courant. Soit parce qu’ils n’ont pas balayé chez eux. Soit parce qu’ils ont jeté des ordures sur la voie publique.
- récompenser les chefs de quartiers et autres administrateurs de marché qui obtiennent les meilleurs résultats, blâmer ceux qui n’auront que partiellement atteint les objectifs et sanctionner ceux qui n’auraient rien fait.
Cette mesure pourrait avoir un triple avantage : les citadins au comportement ruraux vont changer ce comportement d’un autre milieu. Les amendes constitueraient une source de recette pour l’assainissement de la capitale. Enfin les administrateurs de la capitale pourraient effectivement jouer leur rôle.
Voilà une des nombreuses pistes que pourrait explorer le gouverneur de Conakry et ses collaborateurs. Lesquels marqueraient des points si jamais ils réalisaient le miracle de rendre effectif le slogan Conakry ville propre.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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