samedi 04 juin 2011
Depuis la fin de l’année dernière, l’actualité internationale reste largement dominée par ce qu’on appelle le printemps arabe. Des événements qui ont emporté des régimes que l’on disait parmi les plus stables du monde : celui de la Tunisie et celui de l’Egypte.
De nos jours, les pouvoirs syriens et yéménites sont sur la corde raide. Ils sont sérieusement menacés.
Un autre régime qui régnait d’une main de fer vit ses dernières semaines voire ses derniers jours. Il s’agit de celui de la Libye. Voilà pour ce qui est des pays arabes.
L’Afrique au Sud du Sahara elle aussi connaît son printemps. Youeri Mousseveni d’Ouganda au pouvoir depuis 1986 est de plus en plus contesté. Mais le plus paradoxal est que le médiateur ouest-africain lui aussi est sur la sellette. Comme pour dire que nul n’est prophète chez soi. Le médiateur fait face à une contestation sans précédant.
Qu’est-ce à dire ? Tous ces événements constituent quelques illustrations. La première : les populations des quatre coins du monde ont désormais du mal à s’accommoder des régimes totalitaires et éternels.
Au prix de leur vie, les citoyens bradent les balles de soldats pour exprimer leur ras-le-bol. Pour dire et faire ce qui était il y a quelques temps considéré comme un crime de lèse majesté. Dans le dernier discours qu’il a adressé à son peuple avant sa chute, Hosni Moubarack avant du mal à digérer le mot dégage que ses contestataires proféraient à son encontre.
La deuxième illustration : quelle que soit sa durée de vie, une dictature est incompatible avec la stabilité. Elle est le contraire du calme, de la quiétude et du bien-être. Il n’y a qu’à voir les cas tunisiens et libyens.
Ces deux pays étaient toujours donnés comme un exemple de stabilité et de prospérité sur le continent. Mais l’absence d’alternance au pouvoir a jeté les citoyens dans la rue.
Quelles que soient leurs souffrances, si les citoyens sont conscients qu’au terme du mandat du président il va passer la main, ils vont patienter.
En revanche, quelle que soit leur prospérité,si ces mêmes citoyens se rendent comptes que seul la mort leur séparera du guide, du grand leader, ils vont faire comme les Guinéens l’ont fait en janvier et février 2007. Comme les Tunisiens et les Egyptiens l’ont fait à la fin de l’année dernière et au début de cette année. Comme les Ougandais et Burkinabé le font actuellement.
En conclusion, si la démocratie à l’occidental a ses défauts, ses imperfections, il n’existe pour le moment pas une alternative. Ce modèle a ses qualités. Parmi lesquelles on pourrait citer l’alternance au sommet de l’Etat. Si, le citoyen est conscient qu’au terme d’un mandat de cinq ans ou de dix ans au plus, le dirigeant du pays ne se maintiendra jamais au pouvoir, il attendra.
Là où il n’existe aucun espoir d’alternance les armes restent le seul moyen de se débarrasser des dictateurs. D’où notre inquiétude pour des pays comme le Congo Brazzaville, le Cameroun ou encore le Tchad.
En ce début de la décennie 2010, l’Afrique centrale reste et demeure la zone d’ombre de la carte démocratique africaine.
Jusque quand ces dinosaures d’une autre époque vont continuer à aller à contre courant de la marche du monde ? Pas pour longtemps.
Après le printemps arabe ce sera la saison des pluies africaine.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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