dimanche 22 mai 2011
Traditionnellement, les cents jours correspondent aux trois premiers mois qui suivent l'élection d'un nouvel élu, période pour prendre la mesure de ce que sera son programme à venir. Souvent des décisions sont prises rapidement avec des mesures d'urgence qui visent souvent à réaliser deux objectifs ambitieux : la stabilisation économique d'une part (qui constitue l'objet de ce papier), et un retour à la confiance de la population d'autre part, ce qui a constitué l'architecture de mon propos, dans une première partie déjà publiée. Il conviendra de rappeler le retard de ce que l'on a appelé improprement la déclaration de politique générale.
Une nouvelle violation de la constitution : le retard de la déclaration de politique générale, non suivie de débats
Il aura fallu quelques textes émanant de la Société civile, relayés par le CNT, pour que le PM daigne venir présenter - ainsi qu'il l'est prévu constitutionnellement dans l'article 57 - une déclaration de politique générale. Il existe plusieurs manières de procéder pour présenter son programme, qui peuvent aller même jusqu'à détailler les mesures prévues, voire les budgéter. A tout le moins, on attendait un exposé des axes prioritaires, ainsi que la méthodologie suivie pour y parvenir.
Le PM, a sans doute été bousculé pour agir, alors qu'il n'est ni le responsable de la politique suivie - on se demande même à quoi a servi la constitutionnalisation de son poste -, ni le maître d'œuvre, au vu du pouvoir qui lui est conféré de fait. Il est néanmoins intervenu pour brosser un tableau de vœux pieux (des « faut qu'on » et des « y' a qu'à »). Son discours était intéressant... sur le papier, mais rien de concret n'en est retiré. Il nous a refait un état de tout ce qu'il y a à faire - Dadis avait fait le même constat - que tout Guinéen connaît. En revanche, dire que changement il y a, c'est leurrer le monde.
A l'écouter, ce sera le paradis dans 5 ans. Si on ajoute, que cette déclaration n'a pas été suivie de débats - on en imagine les raisons -, on devient de plus en plus inquiet au vu des promesses chroniques, dont on ignore comment on parviendra à les concrétiser.
Il ressort de cette déclaration que les ministres n’ont pas de feuille de route, naviguent à vue, et n'ont - à commencer par le PM lui-même - aucun pouvoir de décision : tous les décrets sont de nature présidentielle, y compris la nomination des plantons de certains ministères.
Clamer sur tous les toits qu'on a été (et qu'on reste) opposant historique pendant plus de 40 ans, se préparer en conséquence pour obtenir le pouvoir, et lorsqu'on l'obtient, ne pas être capable, ne serait-ce qu'amorcer un début d'exécution d'un programme – rédigé il est vrai en catastrophe -, c'est affligeant.
Des mesures pas forcément mauvaises sur le fond, mais controversées sur la forme
Certaines des mesures symboliques qui suivent, non exhaustives, sont censées donner le la, de la future politique économique du PRG. Non seulement, elles sont loin de permettre le ...
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Par Haroun Gandhi, Citoyen guinéen
Pour www.nlsguinee.com
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