vendredi 06 mai 2011
La question du carburant est très sensible. Ce produit est stratégique. Il constitue un des baromètres des prix sur le marché. Mais aussi un facteur de stabilité ou d’instabilité. Raison pour laquelle les gouvernements ne badinent pas avec. Surtout lorsqu’il s’agit d’un nouveau gouvernement en apprentissage de la gestion d’un pays.
C’est pour ces raisons que celui de la Guinée veille au grain. Il est hyper sensible à toute perturbation dans ce secteur. D’où les multiples mises en gardes contre les gérants de stations service. Lesquels semblent être soupçonnés d’entretenir de temps en temps une pénurie artificielle. Ce qu’ils réfutent catégoriquement.
Le gouvernement ne baisse pas les bras. Il continue à diffuser des communiqués sur les médias d’Etat pour réitérer l’interdiction formelle de servir du carburant dans les bidons. Même s’il y a une exception. Les autorités avertissent les gérants dont les stations se rendraient coupable de la violation de cette interdiction.
Une interdiction utopique, irréaliste et irréalisable. Et ce pour plusieurs raisons. Voyons plutôt : les automobilistes guinéens capables de remplir le réservoir se compte au bout des doigts. Si la mesure était appliquée avec zèle par les pompistes, désormais il va falloir faire le sport. Il faudrait pousser une voiture en panne de carburant même si elle est seulement à 200 mètres de la station.
Certains taximètres prennent le carburant au fur et à mesure que les passagers payent le transport. Du coup, il fait souvent recours au bidon.
Aussi, dans leur quasi-totalité les organismes internationaux, institutions et autres entreprises sont dotés d’un groupe électrogène. Ces institutions savent qu’elles s’installent dans un pays où la fourniture d’électricité reste encore un vœu pieux. Il y a donc un budget annuel en carburant. Et le groupe électrogène tourne en permanence. Aussi, ceux des Guinéens qui peuvent se payer le luxe éclairent eux aussi leur domicile avec un groupe électrogène. Tous ou presque s’approvisionnent dans des bidons.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, certains jeunes chômeurs trouvent aussi une source de revenu à cause du manque d’électricité. Ils achètent un petit groupe électrogène et chargent les téléphones portables moyennant entre 1000 à 1500 francs.
En outre la plupart des préfectures de l’intérieur du pays n’ont pas encore une station service. A plus forte raison les sous préfectures. Toutes ces localités s’approvisionnent dans les capitales régionales. Ensuite les vendeurs payent le transport et achemine le carburant dans leurs localités. Inutile de dire dans ce cas, que le prix homologué est majoré dans le meilleur des cas par le coût du transport.
Pour toutes ces raisons, on ne peut s’empêcher de demander pourquoi les autorités se plaisent à prendre des décisions inapplicables. Des mesures incongrues et contreproductives. Car à partir du moment où le pompiste se cache pour rendre service, il va de soi qu’il va demander des billets supplémentaires. A défaut de le faire celui à qui il rendu service se verrait dans l’obligation morale de lui glisser quelques billets dans la poche.
La même chose se passe dans d’autres secteurs. C’est le cas de l’interdiction faite aux camions de circuler pendant la journée. Cette mesure constitue une aubaine pour la police. Un chauffeur qui veut circuler loue un policier. Il le met à côté de lui et roule ostensiblement de Kaloum à Coyah.
A cause de la solidarité du corps, les policiers laissent passer tout camion ayant à son bord un des leurs. La location d’un agent varie entre 50 000 à 100 000 francs selon la distance et le nombre d’heures.
A l’heure du changement tant attendu, il est plus que souhaitable que les décideurs réfléchissent deux fois avant de prendre une décision au nom de la République. Il faut éviter de prendre n’importe quelle décision. Et celle qui est prise doit être respectée à la lettre. Il y a va de la crédibilité des responsables et de l’honneur de la République.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Réaction aux articles de M. Diallo Habib Yembering
Bonjour Monsieur DIALLO,
Je suis particulièrement attiré par votre style. Vous semblez objectif et impartial. J'aime vous lire sur le site Neoleader.
Félicitations. En tout cas votre article sur
la rencontre du Président Alpha Condé et les syndicats est très bien analysé.
D'un côté le président a raison d'affirmer que rien ne sert d'augmenter le salaire du travailleur si la problématique du pouvoir d'achat n'est pas résolue: c'est-à-dire réguler les prix des denrées de première nécessité.
De l'autre côté, je voudrais que le syndicat insiste sur le fait que l'inexistence du SMIG dans la prestation du travailleur affecte négativement sa grille salariale. De telle sorte que le fonctionnaire guinéen est le seul dans la sous-région qui est mal payé. Je pense que cette situation devrait être revue par le nouveau pouvoir guinéen.
Surtout que Alpha Condé a longtemps vécu en Europe et connaît comment la grille salariale se met en place.
Malheureusement j'ai l'impression qu'il n'a tiré aucun bénéfice de son séjour français, sinon que les arrangements qu'il a faits pour s'octroyer des diplômes qui font hélas la honte de la diaspora guinéenne.
Encore une fois félicitations et à bientôt
Très fraternellement
Akoye Massa ZOUMANIGUI , Besançon (France)
Tél.: +33 666 257 626
TRansmis par Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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