vendredi 29 avril 2011
Conakry était méconnaissable ce mardi 26 avril 2011. Et pour cause, une forte pluie s’est abattue dans la capitale la veille. Une pluie qui a mis à nu l’insalubrité de la ville. Conakry arrosé a vomi. La capitale a exhumé toutes les saletés qu’elle a avalées depuis plusieurs mois.
Les quartiers situés en hauteur ont déversé sur ceux situés en basse altitude tout ce qu’ils ont accumulé durant les derniers mois. Si bien que ceux qui habitent ces quartiers ont reçu des tonnages et des tonnages de sachets plastiques, de pneus usés, de cheveux ainsi que d’autres ordures tout aussi nauséabondes que dégelasses.
Durant la saison sèche les ordures sont déversées dans les caniveaux. Des caniveaux entièrement bouchés. Lorsqu’il pleut dans ces conditions, il est inutile de dire que l’inondation est inévitable. Les eaux insalubres transportent littéralement les ordures dans les quartiers de Dabondy, Gbessia, Yimbaya, Matoto et autres Sangoya ou encore ENTA.
Le sol est par endroit entièrement couvert d’ordures. Au marché d’ENTA la circulation était bloquée ce mardi à cause des montagnes d’ordures que les pluies ont déversé dans la zone. A Matoto devant la résidence d’une personnalité de la place, les ordures envahissent toute la devanture.
Dans certains quartiers des femmes se mobilisent pour faire face à la situation urgente. Elles procèdent au curage des caniveaux, au ramassage des ordures et au balayage de la rue. Mais devant l’ampleur de la situation leur intervention reste largement inefficace.
La situation est alarmante. D’autant plus que rien qu’avec la pluie de ce lundi, les maladies saisonnières se réveillent. Un médecin absent de son bureau soulignait récemment que pendant la saison sèche il n’y a pas grand-chose à faire dans les centres de santé. Parce que, explique-t-il, les maladies sont saisonnières ici à Conakry.
Or ces maladies ne se manifestent pas parce qu’elles sont réceptives aux pluies. Mais parce que tout simplement, elles sont les amies inséparables des pluies et l’insalubrité.
Il faut donc assainir Conakry. Au propre comme au figuré. En cette période dite de changement, la capitale guinéenne doit changer de physionomie. Les Guinéens se doivent se laver le ventre avant de demander aux bailleurs de fonds de leur laver le dos.
Voilà le véritable combat que le gouverneur de la ville doit mener : celui de la propreté de la ville. Si le commandant Resco se fixe comme objectif la lutte farouche contre l’insalubrité, il aurait fait l’unanimité. Si le bouillant gouverneur gagnait le défi du slogan "Conakry ville propre", il aurait rendu service à toute la Nation et plus particulièrement aux habitants de la capitale.
Rendre la cité vivable, c’est cela le devoir sacré des administrateurs locaux. Lesquels se sont beaucoup plus préoccupés jusqu’ici à chanter, à danser et à faire les louanges de leurs bienfaiteurs.
Alors M. les administrateurs locaux, le président peut vous nommer et limoger, mais lorsque vous avez la confiance de la population, il y a de fortes chances que vous réalisiez vos rêves : Régner à vie.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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