vendredi 29 avril 2011
Certains de nos supposés intellectuels ou proclamés leaders d'opinion sont définitivement fatigants, d'abord pour eux-mêmes et les autres ensuite. En fait ils ne savent pas ce qu'ils font, et plus grave, ce qu'ils veulent.
L'Europe en général et la France en particulier acceptent, pour le moment que des gens qu'elles hébergent soient les premiers à montrer une ingratitude à leur égard, bien au chaud à l'abri de nos petits dictateurs qu'ils oublient régulièrement de dénoncer. Inversez les rôles, en imaginant un instant que ce sont des Européens que nous aurions accueillis, dans les mêmes situations, qui feraient la même chose. Vous pouvez ne pas aimer un pays, c'est votre droit, mais agissez donc en conséquence, et libérez de l'espace, pour ceux qui ont un brin de dignité.
Il ne faut pas être étonné dans ses conditions que les extrêmes droites européennes gagnent rapidement du terrain grâce entre autres à cette engeance qui a mal coupé le cordon ombilical d'avec les théories des défuntes démocraties socialistes des pays de l'Est ou l'obscurantisme religieux qui fait encore florès dans beaucoup de nos pays. Ils viennent ou veulent imposer leurs vues rétrogrades dans un espace de démocratie. Echec assuré d'avance.
Les guerres, la mal-gouvernance, les détournements de deniers publics et privés… en Afrique seraient des entreprises d'une supposée Françafrique dont la définition est aussi fluctuante et versatile que les humeurs fantasques de ses tenants. C'est un fourre-tout politique revenu à la mode. Ce qui ferait de personnalités peu recommandables comme Dadis, Gbagbo et toute une kyrielle de dictateurs de petits saints victimes d'une puissance étrangère, toujours la même. Elle serait aussi responsable, dans la même veine, de Néocolonialisme. Toujours les mots creux et sonores pour défendre ceux qui dirigent en volant leurs peuples, et qui sont incapables de se refréner tous seuls. Les africains réels en ont assez de cette phraséologie passe-partout et excessive.
En fait ces expressions ne sont pas nouvelles, léguées par les dirigeants "révolutionnaires" de l'époque des indépendances qui avaient trouvé là un bouc émissaire commode pour expliquer leurs échecs successifs malgré des plans triennaux, quinquennaux copiés sur le modèle soviétique et la réussite insolente de personnalités comme Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire résolument tourné vers le camp capitaliste. Et pourtant, quasiment tous nos "marcheurs contre la Françafrique" vivent en… France et dans les pays occidentaux en général. Mais cela, il ne faut pas le dire. Sinon on est illico versé dans la catégorie réactionnaire.
C'est vrai que des gens comme Bob Denard n'ont pas été tout proprets ni sans tâches, que chaque pays petit ou grand fait attention à ses propres intérêts, mais de là à leur imputer les carences de nos dictateurs amateurs de mandats à rallonges, de népotisme sans nuances et de tirs à balles réelles à l'arme lourde sur leurs populations…
Répéter aujourd'hui la phraséologie dépassée de régimes sanguinaires soi-disant populaires révolutionnaires est le signe évident d'une sous-culture politique de la médiocrité très tenace.
Débarrassez-nous de grâce des termes sonores, ou débarrassez-nous de votre pesante présence en retournant dans vos paradis et gagnez une once de respectabilité. Ces accusations gratuites de faire porter les incompétences de nos dirigeants à d'autres, en règle étrangers, est la meilleure manière d'absoudre tous nos dictateurs et de s'autoproclamer défenseur de l'Afrique à peu de frais.
Nos galonnés et autres "démocratiquement élus" ne seraient responsables de presque rien, tout serait de la faute d'une certaine nébuleuse Françafricaine.
Sinon, prenez votre bénitier, messieurs et mesdames les convertis impénitents et allez absoudre par la magie du voyage dans le temps les roitelets qui ont vendu leurs compatriotes par cargaisons entières, durant la période connue sous le vocable de la traite des noirs, pendant que vous y êtes. C'était toujours la faute des arabes ou des "blancs" bien évidemment.
Thierno A. DIALLO
Pour www.nlsguinee.com
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