Guinée : La démocratie à la guinéenne
mercredi 05 avril 2006
Nul ne peut et ne doit rester indifférent à la vie et à l’avenir de sa propre communauté. D’où le sens profond de mon combat contre les responsables de la misère et de la souffrance des populations guinéennes. Mon dernier séjour à Conakry du 18 au 26 mars 2006 avait un double objectif : me rendre compte des réalités sur place et assister par la même occasion à la concertation nationale organisée par les principales forces vives du pays.
Je débarquai donc à Kaloum dans la ferme intention de récolter le maximum d’informations pouvant me permettre d’avoir une meilleure vision de la situation guinéenne. Au cours de mon séjour j’eu énormément de contacts tant dans les ministères que dans certains maquis de la capitale. Je vous livre ici le résumé de mes entretiens avec diverses personnalités, des anonymes et même des étrangers qui résident en Guinée.
La politique de Lansana Conté repose sur un seul principe : « l’unilatérisme » qui consiste à prendre seul toute décision, même d’intérêt national. Notre pays est devenu plus qu’un royaume.
« L’unilatérisme » est donc le fait dominant de la gouvernance guinéenne. Ce phénomène est à la base des régressions au niveau du code électoral et celui de la transparence des élections et de toutes les dérives qui ont conduit le pays dans la situation catastrophique actuelle. Ce qui a eu pour conséquence logique le développement de l’impunité et de l’insécurité.
En Guinée, la démocratie est unijambiste. Elle ne repose pas sur les deux interfaces, majorité et opposition, mais uniquement sur une majorité taillée sur mesure. Ici, la majorité parlementaire est constituée de membres choisis par un président lui même non élu. Devenu le symbole de la « culture de fraude et de corruption », Lansana Conté n’hésite pas à nommer certains cadres supérieurs de son parti le PUP à des postes de responsabilité importants dans la gestion des consultations électorales nationales et régionales.
Enfin, chez nous, la fraude et la corruption sont devenues tellement courantes que c’est banal d’en parler. Elles constituent désormais un sport national. La course à la fraude intervient avec d’autant plus de confiance qu’on sait que le pouvoir lui même en est le promoteur et de loin le plus grand mécène.
Cette forme de délinquance par habitude et son extension au plan national constituent un handicap sérieux à tout projet de développement et à l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays.
« Tant que ce régime est en place, rien de sérieux ne peut être entrepris avec succès dans notre pays », affirment mes interlocuteurs.
par Cécé Roger Haba
Paris France
Correspondance pour Nlsguinee.com
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