mardi 26 avril 2011
Pour les bailleurs de fonds, la transition guinéenne prendra fin avec les élections législatives. Avec la mise en place effective de la nouvelle assemblée nationale guinéenne. Mais l’organisation des législatives se heurte à des obstacles.
On assiste à une véritable veillée d’armes. Le pouvoir et l’opposition sont diamétralement sur le fichier électoral. Pour le nouvel élu, l’hypothèse d’une cohabitation donne du cauchemar. Pour lui ne pas avoir la majorité à la nouvelle assemblée nationale signifie un pouvoir partiel et parcellaire. C’est la pire des choses pour lui.
Pour l’opposition un seul parti à la présidence de la République et au perchoir signifie sinon le coma tout au moins un profond sommeil. Pour elle une telle éventualité n’est pas souhaitable.
Du coup, les uns et les autres mettent tout leur poids dans la balance pour diriger la première assemblée nationale post pouvoir kaki.
Le combat est à la dimension des enjeux. Les deux parties sont à couteaux tirés. Le projet du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation de mettre à jour le fichier électoral déchaîne toutes les passions.
L’opposition crie à la violation de la constitution.
Le pouvoir étale sur la place publique les imperfections du fichier électoral et les défaillances de la CENI pour justifier la nécessité de procéder à un nettoyage. L’opposition, quant à elle, brandit la constitution pour crier à la violation.
Le pouvoir va reculer ou plutôt l’opposition va avaler la pilule ? La première hypothèse a la faveur des pronostics. Le pouvoir envoie un doigt pour essayer. Si ça marche, il envoie tout le bras. Et si le doigt est égratigné voire blessé, il encaisse, le retire et se résigne.
L’opposition dit à qui veut l’entendre qu’elle préfère le mal actuel que la pilule gouvernementale.
Du coup, on assiste à un duel. Un bras de fer. Une véritable épreuve pour le nouveau pouvoir. Car l’opposition est habituée à genre de bras de fer, en revanche le nouveau pouvoir lui est à sa preuve épreuve. Plus que jamais Alpha Condé est à l’épreuve. Il est aujourd’hui dans la posture de ses prédécesseurs.
Lorsque le fort et le faible s’affrontent le second a toujours plus de sympathie et sympathisants que le premier. Et ici ces sympathisants s’appellent bailleurs de fonds. Lesquels exigent du gouvernement des législatives pour effacer le nom de la Guinée sur la liste des Etats peu fréquentables.
Les Guinéens ont besoin d’une bonne image de marque et de financement. Ces Guinéens sont représentés par leur gouvernement. Celui-ci a un partenaire incontournable pour arriver à ce but. Ce partenaire est son opposition.
Les deux ont donc la responsabilité d’accorder leur violon pour que la Guinée arrête maintenant et à jamais de tourner en rond.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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