mercredi 20 avril 2011
La Guinée était en quarantaine ces dernières années. Elle était considérée comme un Etat voyou. Un Etat où sur le plan politique les forces de l’ordre tirent à balle réelle sur des manifestants désarmés. Et sur le plan économique où également régnait une délinquance économique.
L’élection présidentielle était censée redorer le blason de la Guinée. De permettre à nouveau aux bailleurs de fonds et autres investisseurs de se bousculer à la porte de la Guinée. Certes l’image du pays a changé depuis décembre dernier. Certes des gros argentiers ont effectué un séjour à Conakry. Mais les gros financements et investissements tardent à venir.
La prime à la démocratie que le général Sékouba Konaté promettait notamment aux soldats ne se pointent pas à l’horizon. Des travaux d’une extrême urgence comme ceux de la route Matoto Dabompa sont toujours à l’attente. Or cette route qui est une épine dans le pied des habitants de la capitale nécessite une intervention urgente avant lé saison des pluies.
Comme cette route, d’autres secteurs attendent désespérément un coup de pouce des bailleurs de fonds. Ces bailleurs semblent être pour le moment hésitants. Même si comparaison n’est pas raison, une semaine seulement après la capture de Laurent Gbagbo, les bailleurs de fonds ont annoncé une aide de 800 millions de dollars à la nouvelle Côte d’Ivoire de Ouattara.
Pourquoi la Guinée ne suscite-t-elle pas autant d’intérêt ? Autant d’attention de la part des partenaires bilatéraux et multilatéraux ? L’actuelle équipe gouvernement devrait approfondir la réflexion. Voir là où se trouve l’obstacle et essayer de rectifier le tir.
Sans être dans le secret des bailleurs de fonds, on peut tout de même imaginer que ces derniers observent la Guinée. Ils veulent savoir si le changement tant proclamé est une réalité ou une chimère. Ils veulent savoir si la venue d’un seul homme peut changer les mentalités. Ou s’il va se heurter aux pratiques rétrogrades et anachroniques dont le pays a souffert ces dernières années.
Bref, on pourrait dire que plus que jamais, la Guinée est mise dans un laboratoire d’observation. Le moindre fait et geste est examiné à la loupe. D’où la nécessité pour les nouvelles autorités de veiller au grain pour que certaines pratiques soient à jamais bannies dans ce pays. Au nombre de ces pratiques, on pourrait citer entre autres, la violence, l’impunité et la gabegie.
Or il n’est un secret pour personne qu’autant certains guinéens se battent pour redorer le blason de ce pays, autant d’autres rament à contre-courant. Il appartient au nouveau patron du pays de séparer le bon grain de l’ivraie s’il veut réaliser son pari.
Entre celui qui vous dit de le laisser régler les comptes à l’opposition en réprimant des manifestants et celui qui vous dit plutôt de laisser les gens manifester librement, il est fort à parier que c’est le second qui veut vous aider.
Le capitaine Dadis en sait quelque chose. Lui dont les extrémistes, les radicaux et autres « jusqu’au-boutistes » ont brisé le rêve.
La Guinée ne peut pas et ne doit pas se payer le luxe d’un nouvel échec.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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