vendredi 15 avril 2011
La Guinée est frappée de plein fouet par les effets pervers de la mondialisation. La jeunesse est particulièrement touchée par des fléaux jusqu’ici quasi inconnus dans les sociétés africaines.
La consommation abusive de la drogue, les films pornographiques et autres boissons alcoolisées sont entre autres des phénomènes qui épargnaient relativement la jeunesse hier.
Jusqu’aux années 80, certains films étaient réservés à certaines couches sociales. Soit à cause de leur violence soit à cause du caractère indécent du film. A l’affiche du programme on pouvait lire en gros caractère « Interdit aux moins de 18 ans ». Et des hommes en uniformes étaient chargés de veiller au grain pour trier l’accès dans la salle.
Aujourd’hui encore cette interdiction existe. Mais en théorie sur le papier. Dans la réalité, il y a aucune restriction. Ce sont même des mineurs qui s’occupent de l’affichage des programmes. Certains enfants de la rue ont élu domicile dans les rares salles de cinéma qui restent encore. Ils s’éduquent comme ils le veulent ou comme ils le peuvent.
D’autres mineurs usent et abusent des images indécentes sur Internet et dans leur téléphone portable. Or, dans le monde entier, avec ou sans religion, tous les pays proscrivent l’accès des mineurs à certaines images.
Autre menace qui compromet dangereusement l’avenir et le devenir de la jeunesse, est la consommation abusive de la drogue. Dans les mêmes années 80 les consommateurs du chanvre indien se cachaient comme le criminel. De nos jours, on a l’impression que la drogue n’est pas interdite en Guinée.
Plus grave encore, certains vendeurs de drogue se sont installés près des écoles.
Avant d’entrer en classe, des élèves prennent leur dose. Pendant la recréation, ils font la même chose. Un enfant qui a rempli sa tête avec la drogue avant d’entrer en classe, fera tout sauf apprendre quelque chose. Pendant que ses père et mère disent que leur enfant est à l’école. Il est certes à l’école, mais pas pour apprendre.
Le plus audacieux des enseignants, n’ose pas lever un doigt pour sanctionner ces enfants. Car un tel enfant peut le faire passer de vie à trépas. Du coup, les enseignants subissent. Ils se résignent. Désormais à l’école c’est le monde à l’envers.
La situation est alarmante. L’hôpital psychiatrique de Conakry est littéralement pris d’assaut. Il manque cruellement de places à cause du nombre sans cesse élevé de malades. Les rues des villes sont inondées de malades mentaux. Même la campagne n’est pas épargnée. Des milliers de jeunes sont devenus de bons à rien à cause de la drogue. La société est en danger. Les plus âgés sont meurtris d’assister à cette situation dramatique. Ils se rappellent du proverbe qui dit « Si jeunesse savait. Et si vieillesse pouvait ».
Il y a donc véritablement nécessité d’agir. De mener une lutte sans merci contre les producteurs, les transporteurs, les vendeurs mais aussi que les consommateurs de la drogue.
Une responsabilité qui incombe à chacun et à tous, gouvernants et gouvernés, l’école et la famille.
Cette situation rappelle cette citation d’André Malraux : « Lorsque les systèmes de valeur s’écroulent, l’homme ne retrouve qu’une chose : son corps, c’est-à-dire le domaine de ce qui est physique, donc la drogue, le sexe et la violence qui deviennent des substituts naturels à la disparition de Dieu ».
SOS donc pour la jeunesse guinéenne.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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