neoleadership    guinee 
Neoleadership

RadioNLS
WINAMP    REALPLAYER    MEDIAPLAYER

Radio NLS à la carte

Charte de Nlsguinee
Equipe de Nlsguinee
Universités
Nos partenaires
Africatime
Africatv.info
Guinea-forum
Guineeconakry.info
Justin Morel Junior
Les Ondes de Guinée
Tamsirnews
Presse guinéenne
Le Lynx
Aminata.com
Guineenews.org
Kibarou.com
Kababachir.com
Nouvelle Tribune
Autres sites Guinéens
Liens Web
Etudiantguinee
La Villa Elijah
Partage Québec Guinée
Tchape Environnement
Presse
AAP/APA
IRIN
Jeune Afrique
Africa Mining Intelligence
Usinfo.Stat.Gov (USA)
RFI (F)
Aéroports
Aéroport Int. de Genève
Aéroports de Paris
Aéroport de Bruxelles
Autres aéroports
Articles
    Guinée : La Troisième République serait-elle mal partie?

    Sotelgui S.A

     dimanche 03 avril 2011   

    Depuis trois mois, la Guinée est rentrée de plein pied dans le cercle envié des pays dits démocratiques. Comme c’est la règle, il importe de jeter un regard critique sur les actes posés par le chef de l’Etat et par le premier gouvernement de la Troisième République, non pas pour faire un bilan, mais pour se faire une idée de la direction prise par les nouvelles autorités et voir si les actes posés auront un impact sur le quotidien et l’attente des Guinéens.

    A l’absence de sondage sur le niveau de satisfaction des électeurs vis-à vis du président élu, on peut faire une analyse des perceptions et opinions exprimées ça et là sur la gestion des affaires par la nouvelle équipe gouvernementale.

    Le changement étant un processus évolutif et participatif, cet article attire l’attention des Guinéens sur les facteurs de succès et d’échec liés aux comportements et aux pratiques des groupes en présence (Le chef de l’Etat et son gouvernement, la majorité présidentielle, les Forces Vives et la population) pour un bon départ de la Troisième République. Il est en effet utile de se faire une idée comment les actes des différents protagonistes ont contribué à faire évoluer les actions gouvernementales en cours ou a entraver le changement.

    Chacun doit s’habituer au fait que M. Alpha Condé est le président de tous les Guinéens

    En acceptant le processus électoral tel que défini par le régime militaire et le Conseil National de Transition (CNT), les partis politiques avaient pris le risque de donner tous les pouvoirs au président élu qui de ce fait décide seul de ce que le pays sera ou ne sera pas y compris la suite du processus électoral. Le président et son gouvernement doivent alors comprendre qu’ils sont redevables de la satisfaction et de la non satisfaction des attentes des Guinéens quelque soit le nombre de mois passé au pouvoir. Les actes posés au cours des trois premiers du mandat présidentiel donnent déjà une indication de ce que la suite sera. Si les premières mesures présidentielles n’adressent pas les priorités du pays avec des stratégies adéquates, il sera vain d’attendre des années pour se rendre compte qu’il n’y avait rien à espérer.

    La sagesse orientale n’enseigne-t-elle pas que « peu importe la force de la pression qu’on exerce sur du sable, on ne pourra pas en extraire de l’huile » ?

    Il est heureux de constater que l’élection d’un président en Guinée passera pendant longtemps encore par l’adhésion des électeurs de toutes les ethnies, car les suffrages d’une seule ethnie ne sauraient réussir à le faire. Mais la composition hétéroclite de l’équipe gouvernementale et l’allure assez timide et hazardeuse des réformes en cours semblent être la conséquence de la necessité pour M Alpha Condé de récompenser tous les partis de la coalition qui l’a porté au pouvoir. Cela a un prix qu’il devra payer un jour ou l’autre, surtout à l’occasion des élections législatives. Il doit également noter que la réussite d’un mandat passe par l’harmonie entre toutes les composantes de la population d’où la nécessité de rassurer ce qui ne le sont pas et d’amener les partis de la majorité à repartir en campagne pour la conquête des cœurs des « opposants au régime » y compris de ceux qui de tous bords ont des relents ethnocentriques dans leurs discours et leurs pratiques.

    Le nouveau régime doit pouvoir définir une vision et le programme pour y arriver selon une approche consensuelle.

    Le régime devrait profiter de l’élan démocratique porteur de changement pour amener les Guinéens a avoir une vision précise sur ce que sera la Guinée et les Guinéens au terme des cinq ans de mandat. A partir de cette vision il faudrait bâtir le consensus sur les priorités à mettre en œuvre pour y arriver. De la résolution des problèmes fondamentaux découlera la résorption de situations qui ne sont que leurs conséquences puisque tout ne saurait être prioritaire.

    Le nouveau régime ne gagne rien à ressasser les fautes et la mauvaise gouvernance des années antérieures, car en demandant le suffrage des Guinéens, le candidat président s’engageait à sortir le pays de la gabegie connue de tous. On constate non sans une certaine inquiétude la grogne perceptible des militaires qui ne veulent pas qu’on dénonce leur gestion plus que catastrophe et qu’on touche à leurs privilèges indûs, malgré les souffrances du reste de la population. Le Général Sékouba Konaté « père de la démocratie guinéenne » trouve d’ailleurs que le régime ne se montre pas très reconnaissant à son endroit et qu’il serait le bouc émissaire de la mauvaise gestion des affaires du pays.

    La priorité des priorités aurait été de poursuivre et d’accélérer le processus démocratique qui a porté M. Alpha Condé au pouvoir

    Le président de la République gagnerait à considérer l’urgence de poursuivre et d’accélérer le processus démocratique qui lui a permis d’accéder au pouvoir. En s’inspirant de l’échec économique et social de la deuxième transition militaire et considérant l’ampleur des réformes à entreprendre pour sortir le pays du marasme, toute tentative de vouloir trouver des solutions éphémères et non consistantes à des problèmes sérieux et chroniques, ne conduira qu’à la frustration des populations et des différents acteurs politiques. Les réformes solides doivent en effet, se fonder sur des institutions démocratiques (parlement, cour constitutionnelle, municipalités) et des institutions administratives restructurées et fonctionnelles. Cela contribuera à valider et pérenniser les acquis du changement en assurant l’adhésion de tous.

    Tout le monde a en mémoire la cacophonie et le dysfonctionnement de la CENI lors de la présidentielle de 2010 et il n’est pas sûr que ces anomalies aient connues des débuts de solution. Avec tous les caciques de la vie politique qui attendent la députation, il est à craindre que les violences postélectorales des législatives soient plus explosives si les partis recalés estiment que le vote n’a pas été transparent. Rien n’e semble encore envisagé pour régler la question lancinante de la révision des textes électoraux pour avoir des délais plus réalistes entre les différentes phases du processus électoral et pour une meilleure séparation des tâches entre la CENI et la cour constitutionnelle et envisager une commission des contentieux. A défaut d’une préparation minutieuse et consensuelle, on voit bien que le délai de six mois pour les législatives après la présidentielle, prévus par les Accords de Ouagadougou ne sera pas tenu.

    Si rien n’est fait pour corriger toutes les imperfections de l’élection présidentielle de 2010, il est à craindre que la présence éventuelle du Malien à la tête de la CENI ne suffira pas pour garantir l’acceptation des résultats des élections à venir. Ces préoccupations qui passent au second rang pour le Gouvernement, ne semblent pas avoir d’écho qu’il faut du côté de ce qui reste de la Transition et des Forces Vives :

    • Le Conseil National de Transition ne joue pas le rôle d’accompagnement du président de la République dans cette voie. C’est à se demander pourquoi il existe encore, s’il ne peut produire aucun résultat.

    • L’opposition politique tarde à se remettre du KO du deuxième tour de la présidentielle et ne contribue pas à se montrer très critiques sur les choix et décisions actuelles du gouvernement.

    • Les organisations de la société civile ont l’air d’être devenues des spectateurs de la situation et on ne se trouve personne pour rappeler au Président de la République d’aller au bout des Accords de Ouaga.

    N’est-il pas urgent que le CNT, les partis politiques et les organisations de la société civile pressent le gouvernement de proposer une feuille de route détaillée des prochaines échéances électorales y compris les réformes qui vont avec. La proposition gouvernementale de recensement de la population qui amènera à revoir de fond en comble les listes électorales bien que souhaitable n’est pas compatible avec la situation économique et sociale du pays et demanderait plus d’un an de delai pour l’organisations des prochaines élections. Cela voudra dire qu’on retourne au système de gestion antidémocratique par le président comme au bon temps des régimes précédents.

    Les dirigeants doivent donner l’exemple et appliquer la bonne gouvernance pour obtenir l’adhésion de la population au changement

    En lieu et place d’un gouvernement réduit de technocrates pour jeter les bases d’une nouvelle administration et relancer l’économie, les Guinénes on a assité à la mise en place d’une équipe pléthorique avec des novices et de barons des régimes précédents. On serait tenté de dire qu’on prend les mêmes et on recommence.

    Comment alors espérer le changement avec une équipe d’amateurs et de vieux loups? Comment faire du nouveau avec des anciens qui n’ont aucun mérite particulier, sinon d’avoir pour la plupart contribuer à la descente aux enfers de la Guinée ? Il ne s’agit pas dans ce contexte de doute sur la compétence individuelle des membres du gouvernement, mais de leur capacité à travailler en équipe à cause des duplications de mandats et de l’absence de clarté dans leurs attributions et leurs objectifs.

    Comment engager des discussions sérieuses avec un effectif pléthorique lors des sessions du Conseil de ministres qui ont l’allure d’une assemblée générale?

    Pendant que le contexte international n’a jamais été aussi favorable au décollage du pays sur tous les plans, la Guinée s’attend a avoir des leaders honnêtes, intègres et travailleurs. Ils doivent également être capables de tourner le dos à la corruption, à la démagogie, à l’ethocentrisme et aux flatteries. Si le président et les membres du gouvernement ne donnent pas l’exemple de la bonne gouvernance, il est bien certain que la population ne fera que leur emboîter le pas. Ne dit-on pas que « le poisson pourrit par la tête » ?

    Pour gagner du temps et épargner les ressoures, le régime doit abandonner au plus vite les vieilles recettes et pratiques qui n’ont jamais marché.

    En effet depuis trois mois on assiste à l’egrenage des vieilles recettes du passé qui n’ont rien donné au pays sinon que d’enrichir les nouveaux titulaires des différents postes ministériels et de paupériser davantage les Guinéens, en leur donnant l’illusion que les choses bougent. Onze de ces pratiques sont particulièrement nocives. Il s’agit de :

    1- La révision intempestive des politiques et des contrats y compris miniers qui est la nouvelle mais vieille formule pour avoir de l’argent frais mais aussi de mettre la Guinée dans des imbroglio juridico-politiques voire mafieux. L’exemple le plus médiatisé est l’affaire Getma-Bolloré du Port de Conakry, avec le risque de faire du pays le champ de bataille des Sociétés étrangères. Dans cette gueguerre l’argent de la corruption coule à flot sans bénfice réel pour la population.

    2- Le libéralisme sauvage consistant a brader les entreprises Guinéennes aux sociétés françaises. Le régime du Général Lansana Conté avait vendu plusieurs entreprises (Electricité,Eaux, Assurances, Banques, Transport) aux intérêts français après s’être entouré de coopérants civils et militaires français.(Défense, Finances, Trésor, Banque centrale, Douanes...) La suite on la connaît. Vouloir faire revenir les mêmes alors que les Guinéens sont des indépendantistes connus et que les Entreprises Françaises sont très coûteuses, c’est prendre le risque d’un nouveau fiasco qui coûtera très cher à la Guinée. Ne doit-on pas s’interroger pourquoi la Guinée devrait payer les dettes que M. Alpha Condé doit à la France ?

    3- Les audits et recouvrements des créances de l’Etat qui devraient être des activités de routine des servcies concernés deviennent une affaire d’Etat pour distraire le peuple. Le régime sait très bien qu’un audit sérieux ferait voler en éclat la coalition des partis présidentiels dont la majorité des membres étaient aux affaires depuis des décennies.

    4- La récupération des immeubles hérités de la Première République et autres domaines fonciers dans laquelle Moussa Dadis Camara s’était négativement illustré est une autre trouvaille du gouvernement du changement en violant systématiquement les droits des titulaires détenteurs de papiers dûment signés par les services de l’Etat dont les agents sont troujours en poste. Les Services concernés, les mêmes depuis toujours « déshabillent Pierre pour habiller Paul » moyennant argent dans la plupart des cas...Le cycle recommencera au prochain remaniemant du gouvernement, alors qu’il aurait été plus judicieux d’avoir des projets ambitieux de logements sociaux.

    5- L’opération riz pour le changement du gouvernement est la parfaite illustration de la continuité de tous les régimes depuis l’indépendance et n’a d’autre résultat que de faire des Guinéens un peuple d’assistés. Qu’on en juge :

    • Première République : Instauration de la carte de ravitaillement en denrées de première nécessité dans les magasins populaires de chaque Pouvoir Révolutionnaire Local (PRL ou quartier) à prix modique à Conakry

    • Première transition militaire : Ouverture de Magasins Libre Commerce dans les quartiers de Conakry pour la vente de riz à prix subventionné (Opération baptisée par la rue Lansana Conté)

    • Deuxième transition militaire : Distribution tout azimut de riz au Camp militaire Alpha Yaya Diallo aux militaires et aux nombreuses délégations de courtisans qui défilaient pour encourager le régime de Moussa Dadis Camara à se maintenir. Il y a également le ravitaillement systématique et continu de tous les camps militaires en denrées à moindre prix que les militaires écoulaient et écoulent encore au marché parallèle.

    6- L’interdiction du marché parallèle des devises a toujours été un échec des gouvernements successifs depuis la Deuxième République, puisque l’Etat ne s’attaque pas aux causes de l’existence de ce marché. La relance de l’économie, l’assainissement des finances et la rigueur de la gestion des fonds dans le secteur public sont les préalables pour minimiser le marché parallèle des devises.

    7- Ironie de l’histoire, M Alpha Condé reprend les thèmes et la stratégie utilisés par Sékou Touré pour lutter contre les commerçants le 8 Novembre 1964. La suite tragique de la lutte contre « les trafiquants affameurs du peuple» d’alors, appelés aujoud’hui « commerçants véreux » se passe de commentaires. Faute d’avoir une politique commerciale cohérente, Le Général Président Lansana Conté et son poulain Le Capitaine Moussa Dadis Camara étaient également allé en croisade contre les commerçanst sans succès. Faut-il croire que la démarche socialisante du régime ait quelque chance de succès dans le monde ultra libéral d’aujourd’hui?

    Comment comprendre que le président revienne à la politique de Sékou Touré qu’il a toujours combattu ?

    8- L’autre politique sans lendemain qui a été et qui continue d’être pratiquée par tous les régimes depuis l’indépendance est la distribution systématique de fonds aux groupes de démagogues, de courtisans (ressortissants de préfectues, partisants de partis politiques, femmes, religieux...). Ces fonds pourraient servir à créer des emplois ou à l’investissement.

    9- On remarque aussi depuis la Deuxième République la succession sans lendemain des retraites gouvernementales et d’Assisses dites nationales mal préparées et non suffisamment participatives. Une chose est de constater l’autre chose plus difficile est de trouver les moyens pour corriger les anomalies constatées. Plusieurs politiques et stratégies guinéennes du passé sont cohérentes, mais leur mise en oeuvre souffrent du manque de ressources et des incohérences et des insuffisances des secteurs connexes. C’est le cas des assises de la Justice dont plusieurs recommandations dépendent des autres ministères dont les Finances, la Fonction publique la Sécurité, et les Infrastructures.

    10- Il est aussi de coutume depuis le Coup d’Etat du 3 Avril 1984 que les nouveaux venus au pouvoir mettent un effort démesuré à blamer et accuser les gouvernants précédents de tous les maux y compris d’avoir laissé des caisses vides ou des dettes inconsidérées. Dans un contexte d’absence de contrôle et d’impunité depuis la Deuxième République il faut que les gouvernants de la Troisième République montrent qu’ils peuvent mieux faire.

    11- L’organisation de mamayas, les parrainages de festivités et autres réjouissances à la gloire des membres du régime ont pris naissance sous la première transition militaire et constitue une source importante de promotion des caciques du régime avec de l’argent puisé dans les caisses de l’Etat. Il semble que le gouvernement a pris des mesures pour limiter ces pratiques, mais est-il en mesure de les faire appliquer durablement ?

    Cette liste de onze pratiques néfastes n’est pas exhaustive et il est temps que le gouvernement du changement y mettent définitivement fin. Les sujets concernés sont certes importants, mais ils demandent à être cernés par des stratégies novatrices.

    Les Guinéens attendent du nouveau régime plus d’innovation et plus d’audace pour des impacts plus durables

    On s’attendrait en effet, à ce que les réformes qui peuvent avoir un impact durable sur les populations soient entreprises en priorité, notamment :

    • L’organisation d’assises pour la réforme des secteurs vitaux comme l’armée, la sécurité, l’administration, et la justice, précédées d’une préparation sérieuse et s’inscrire dans un processus préfectoral puis national multisectoriel plutôt que sectoriel étant donné les liens inextricables entre tous ces secteurs et le besoin d’adresser les spécificités des Régions.

    • La mise en place d’une administration dépolitisée et informatisée qui survivrait à tous les régimes des différents partis politiques est le gage du vrai changement.

    • La réforme des secteurs de développement (mines, energie, eau, finances, infrastructures...) et le lancement de Grands travaux constituent également des prirorités. Mais cela doit se faire dans la transparence, la rigueur dans la gestion et le contrôle permanent. Aucune des centaines d’entreprises et d’unités industrielles en faillite à la fin de la Première République et privatisées au cours de la première transition militaire, n’est fonctionnelles aujourd’hui. Les terrains et les installations s’y rapportant ont été affectés à d’autres usages. Il est donc surprenant que le gouvernement envisage de recencer ce qui n’existe plus. Il est plutôt urgent de favoriser l’implantation d’unités de production nationale avec des capitaux privés, seules sources prérennes d’emploi. On constate néanmoins avec satisfaction les efforts d’assainissement des caisses de l’Etat. Citons aussi l’’exemple du démarrage de la réfection du chemin de fer Conakry-Kankan qui est à saluer.

    • La définition d’une stratégie de réduction du train de vie du gouvernement de l’endettement et de la dépendance de l’extérieur. Ces maux constituent le facteur clé du sous-developpement et de la déstabilisation d’un pays. C’est pourquoi le nouveau gouvernement devrait réduire les dépenses non rentables, et mobiliser plus de ressources internes. Il devrait également mettre à contribution toutes les compétences guinéennes au-delà de leurs appartenances politiques et des frontières terrestres. L’exemple des pays asiatiques et de quelques pays africains tels que le Ghana, le Cap Vert, le Rwanda, l’île Maurice, le Botswana...montrent qu’il est possible qu’un pays se développe en comptant d’abord sur lui-même.

    • Le développement des secteurs sociaux est tributaire des réformes précitées dont les effets induits permettront aux populations de se prendre en charge plutôt que d’en faire des mendiants et assistés, puisque l’Etat n’aura jamais les moyens pour le faire durablement et de manière équitable.

    En contrepartie quelle serait la contribution des Guinéens au changement :

    Les Guinéens doivent se convaincre que le changement tant souhaité, ne peut être apporté par le Chef d’Etat seul. Celui-ci n’est qu’un facilitateur du processus de changement. Les Guinéens sont et resteront les seuls acteurs du changement. Certaines actions sont indispensables à cet effet notamment :

    • Avoir confiance en soi et changer l’image de la Guinée : Depuis très longtemps, les Guinéens ont perdu l’espoir que le changement soit possible. Il est pourtant essentiel que cet espoir revienne et que chacun ait confiance que ce changement peut être effectif et maintenant. Après tous les événements intervenus depuis Janvier 2008, il faut que les Guinéens s’imprègnent de l’idée du changement quelque soit le titulaire du fauteuil présidentiel.

    Par ailleurs aucun progrès n’est possible si les Guinéens n’ont pas confiance aux dirigeants. Il est également fondamental que chacun contribue à changer l’image du pays. M. Alpha Condé est entrain de subir le lot de choses racontées pas toujours vraies ou utiles, comme ce fut et c’est toujours le cas pour Sékou Touré, Lansana Conté et Moussa Dadis Camara. Cela nuit énormément à l’image de la Guinée et à celle des Guinéens.

    Pourquoi ne pas essayer de magnifier ce que nos présidents ont de mieux plutôt que de ressasser ce qui peut porter à controverse ou à ternir l’image de l’intéressé ? Pourquoi ne pas essayer de mettre en exergue et vendre ce que la Guinée a produit de meilleur pour l’Afrique et pour le monde, même si c’est du temps d’un président qu’on ne porte pas dans son coeur?

    • Adhérer à la vision et au programme du gouvernement : Pour la durée de son mandat, et quelque soit les réserves sur sa manière d’avoir remporté les élections, M. Alpha Condé est et sera le président de tous les Guinéens y compris de ses opposants. A ce titre, il est fondamental que chaque Guinéen, où qu’il se trouve, le respecte dans ses fonctions et l’assiste pour que son bilan ne soit pas négatif.

    Les Guinéens doivent se persuader que c’est le peuple seul qui supportera les conséquences d’un fiasco éventuel du régime comme ce fut le cas pour les régimes précédents. C’est pour cela que chaque Guinéen où qu’il soit doit pouvoir apporter quelques chose pour que le programme du gouvernement permette un mieux être pour tous.

    Souhaiter ou contribuer à l’échec du gouvernement c’est prendre une part de responsabilité dans la souffrance du peuple et le retard de la Guinée. Cela ne veut pas dire qu’il faut tout approuver, mais les criitiques constructives du genre que M. Bah Mamadou de l’UNR (paix à son âme) apportait, pourraient être très utiles.

    • Abandonner les idées reçues et les querelles partisanes : Certaines de ces idées sont les suivantes : « Les guinéens végètent dans une misère depuis 52 ans » ; Rien n’a été fait depuis l’indépendance. C’est la dictaure depuis 52 ans. Ce sont les première élections libres de ce pays depuis l’indépendance........»

    De telles affirmations ne permettent pas de faire un diagnostique serein et d’apporter les solutions adéquates. Si nous prenons le problème du courant électrique en Guinée, la théorie de « l’obscurité depuis 52 ans » ne tient pas ! il y a lieu de rappeler que Conakry a été régulièrement alimenter jusqu’en 1975.

    A partir de 1976-77 les delestages ont commencé et les pénuries se sont accrues dans les années 80. Il y a eu un léger mieux avec l’avènement de M. Sydia Touré à la primature sur près de 6 mois.

    A son départ les coupures de courants sont redevenues la règle. Il est donc essentiel d’analyser les causes et les facteurs ayant marqué cette évolution et régression pour définir les stratégies qu’il faut à court et moyen terme. A quelques exceptions près toutes les villes de l’intérieur ont suivi le même schéma surtout pour les principales villes de la Moyenne Guinée alimentées par le Barrage de Kinkon à partir de 1966.

    Par ailleurs une ville comme Macenta bénficie du courant électrique depuis 1957, grâce à un Groupe thermique et une petite centrale hydroélectrique rudimentaire. Cela dit il y a des coupures périodiques pour diverses raisons et les besoins dépassent l’offre. Par contre il est étonnant que les Guinéens ne s’interrogent pas assez sur les raisons de la faillite du barrage hydroélectrique de Garafiri qui a été financé par la contribution de tous les Guinéens et qui n’a fonctionné que pendant moins de cinq ans...

    Analyser les causes de ces manquements dans le cadre d’une approche multisectorielle à tous les niveaux, est plus utile que de noyer la Guinée dans des thèses misérabilistes.

    La pluralité politique et la diversité des moyens de communication ont été utilisées par nombre de Guinéens pour fabriquer et diffuser de fausses nouvelles et des rumeurs de toutes sortes au cours de la campagne présidentielle de 2010. Il importe donc d’abandonner les idées reçues, de faire preuve de discernement et d’aller à la racine des choses, Il convient de ne pas propager d’idées qu’on n’a pas pris le soin de vérifier. Et de ne pas faire d’amalgames entre les personnes et leurs oeuvres. Cela aiderait la Guinée à aller au changement.

    • Renouer avec le travail et faire preuve de civisme : Il est connu et reconnu que les Guinéens n’honorent plus leur devise « Travail Justice et Solidarité » depuis les années 70. En effet, l’engouement pour le travail au lendemain de l’indépendance s’est transformé en aversion pour l’effort constructif pour le developpement du pays. C’est à partir de 1969 que les Guinéens ont déserté les plantations, les champs, les usines, autres centres professionnels et l’administration pour faire de l’agitation politique et la démagogie sur fond d’injustice notoire.

    A partir de 1971 les réunions et autres manifestations politiques prennent une place considérable sur l’agenda de travail des forces productives d’où le déclin progressif des Entreprises et des Unités de production.

    Au cours de la deuxième République l’engouement pour le travail et le professionnalisme ne dépassera pas le cap de la période de la première transition militaire. Les deux mandats du Général Président Lansana Conté seront caractérisés par l’absence totale de conscience professionnelle et l’extension du secteur informel. Les fonctionnaires sont payés pour aller au travail. La plupart de ceux qui avaient été déflattés ou mis à la retraite anticipée n’ont pas été capables de rentabiliser le capital qui leur a été versé. La grande trouvaille des fonctionnaires Guinéens c’est d’attendre le dénouement des événements importants pour ce mettre au travail. Cela fait qu’il n’y a plus de travail depuis le coup d’Etat du 23 Décembre 2008.

    Du côté de la Justice notons les procès politiques où la majorité des Guinéens se sont rendus complices d’une justice expéditive sans avocats au cours de la Première République. Les Guinéens ont en effet excellé sans contrainte aucune dans l’art des dénonciations et des délations entraînant des condamnations en séries Il y a aussi que les fameux procès des gangs sous la Deuxième République et le Dadis Show avec les présumés narcotrafiquants de l’époque de la Deuxième Transition militaire se sont terminés en queue de poisson. Les crimes récents tels que les massacres de jeunes manifestants de 2008 à 2010, de policiers et de femmes au Stade du 28 Septembre en 2010 restent impunis. Que faut-il attendre de la la Justice sous la Troisième République ?

    Sous tous les régimes, le concept de Solidarité s’est apparenté pour la population à l’indigence généralisée, au parasitisme social et à la mendicité, encouragés par les dirigeants qui puisent dans les caisses de l’Etat pour distribuer autour d’eux à longueur de journée. C’est aussi un moyen efficace pour se rendre populaire.

    Les efforts du Gouvernement seront donc vain si les populations ne prennent pas conscience de ce qui précède et ne font pas preuve de civisme et de responsabilité.

    Les Forces Vivent doivent jouer leur rôle de contre-pouvoir mais aussi éduquer leurs militants et soutenir les efforts du gouvernement pour rendre le changement effectif.

    Les cent jours de la troisième République ont été caractérisés par le sommeil profond de l’opposition politique qui peine à se rassembler et à trouver ses marques sur les grandes décisions du nouveau gouvernement. Il est grand temps qu’elle se réveille et surtout qu’elle change de stratégie, autrement elle se laissera mener par le régime comme ce fut le cas avec le Capitaine président Moussa Dadis Camara. Malheureusement, comme toujours elle devra résoudre l’épineux problème de leadership. M. Cellou Dalein Diallo de l’UFDG saura-t-il fédérer la majorité des partis de l’opposition et l’ensemble des Forces Vives ? Si cela n’est pas possible alors le président de la République aura, comme au temps de la deuxième transition militaire beau rôle de les réunir et de les congédier à sa guise.

    Les organisations syndicales et les autres acteurs de la Société civile se sont également fait discrets au cours des cent jours. La situation économique ne s’améliorant que lentement et le contexte mondial devenant très morose, la baisse du pouvoir d’achat et la flambée prévisible des prix ne tarderont pas à les réveiller. Pourquoi ne pas prendre le devant et amener le gouvernement à des réformes structurelles plus conséquentes qui permettraient de créer plus d’emplois ?

    Ce tour d’horizon des opportunités et des risques liés au démarrage de la Troisième République montre qu’il est urgent d’appliquer l’expression chère au Chef de l’Etat, de « Gérer autrement la Guinée». Pour cela il est de sa responsabilité et celle de son gouvernement de rassembler tous les Guinéens pour qu’ils contribuent au changement et au succès de leur programme

    Le seul but de la course démocratique au pouvoir devrait être d’offir plus de bonheur et de progrès aux Guinéens en ayant le privilège de les servir en tant que dirigeants. Cela exclut toute animosité, toute haine et toute adversité qui amènerait les communautés à se faire la guerre. Il est églement à proscrire l’opposition systématique à toute initiative qui ferait le bonheur du peuple sous prétexte qu’elle profite à l’image du régime.

    L’alternance démocratique ne signifie pas qu’il faut acculer le parti au pouvoir à l’échec et prendre ainsi le pays en lambeaux et devoir tout recommencer.

    Par Fakoly Doumbouya
    Tel +243 991 655 517 Kinshasa
    Contact: fakoly2009@live.com
    Pour www.nlsguinee.com

    Les commentaires ci-dessous n'engagent que leurs auteurs, www.nlsguinee.com n'est pas responsable de leurs contenus.



© Copyright www.nlsguinee.com / (Tous droits réservés)


retour
Evolutions dans l'histoire



Chefs des partis politiques


Visitez nos partenaires


Images de la Guinée profonde
Ces images sont bien des réalités de ce magnifique pays! La Guinée est pourtant l'un des pays les plus riches au monde du point de vue ressources naturelles.
Cette faillite économique est le résultat du pillage systématique des biens publics, le clientellisme, la corruption, le détourment des fonds publics et une mise à l'écart de la majorité des cadres compétants et intègres du pays.
Réagissez et dites au monde entier ce que vous pensez de cette situation.
Contactez-nous | Charte de NLS | © 2005 Nlsguinee.com | Webmaster: Elhadji B. LY à Zurich | | Voir livre d'or | signer livre d'or