Guinée : Cellou, la seule erreur politique de Ba Mamadou ?
samedi 02 avril 2011
Soyons clairs. C’est tout à l’honneur du vieux lion d’avoir su s’arrêter au bon moment. Un homme que beaucoup d’entre nous guinéens, même parmi ses pires adversaires, regrettons énormément, surtout par les temps qui courent.
Un préliminaire
Notre corps n’a pas souvent la longévité et la vaillance de nos idées. Lesquelles peuvent être sérieusement biaisées par une santé chancelante. Classique échange de mauvais procédés. Le cerveau étant un organe comme les autres, son fonctionnement est intimement lié à la bonne santé d’un ensemble. Il ne faut pas se laissez abuser par les listes de centenaires qui existeraient dans nos contrées, chroniquement sous-médicalisées. La plupart sont des personnages prématurément vieillis pour toutes sortes de raisons où plus simplement dont personne ne connait l’âge, estimé dans de nombreuses ethnies en « saisons de pluies ». Pas de longévité globale sans bonne alimentation et système d’hygiène et de santé performants. Les raisons de notre retard dans ce domaine sont bien connues.
La maladie, en particulier mentale atteint les prématurément certains et pour d’infinies raisons, à l’exemple des crises d’épilepsies temporales, ce qui explique assez souvent des chimères sous forme de complots incessants, avec les réactions terribles que l’on connait : le désert humain autour de celui qui en est atteint. Ce qui n’enlève rien à sa responsabilité pleine et entière dans ses crimes et ceux de sa « famille ». On pourrait réellement parler dans ces cas de malades qui nous gouvernent.
Certains, disons la plupart de nos hommes politiques, grisés habituellement par des laudateurs alentour, imbus de leur état d’hommes providentiels, refusent de le comprendre. N’est pas Mandela ou Senghor qui veut. Entre être et vouloir être, il y a parfois un abyme.
C’est ainsi que nous nous retrouvons avec des cas d’Alzheimer avancés férocement accrochés au pouvoir, en Afrique plus souvent qu’ailleurs, où l’existence de contre-pouvoirs vrais reste assez souvent du domaine de la fiction. Et un beau jour, nos « Excellences » se réveillent surprises, comme des Belles aux bois dormants, après des dizaines d’années de « monarchies présidentielles » pour accuser leurs peuples, généralement de l’âge de leurs petits-fils, d’ingratitude devant les hauts faits de Pères de la nation qu’ils seraient. Les pires de la nation. Mugabe, Kadhafi en sont des caricatures en bi-color, reflets d’une Afrique unique dans son malheur.
Les faits
Nous les avons esquissé tantôt, dans le texte les « hommes d’action », s’agissant de deux personnalités apparemment très éloignées.. Il s’agit du Président Abderrahmane Alhassane Ouattara de Côte d’Ivoire et de notre regretté Doyen Bah Mamadou de la Banque Mondiale.
Leurs points communs sont le courage, la clairvoyance, la ténacité et la capacité d’initiative. Ils ont osé. D’autres, hélas, se contentent le plus souvent de réagir. Or le propre d’une réaction, c’est d’être une conséquence d’une action. Comment un homme d’action a-t-il pu donner en héritier politique un homme de réaction ? Peut-être simple loi des interactions.
Par quel mystère Bah Mamadou nous a « légué » Cellou restera peut-être pour toujours une énigme.
Bah Mamadou choisit Cellou Dalein au lieu de Bah Ousmane....
Lorsqu’en politique on ne fait que répondre après coup et en retard à un adversaire déterminé, surtout que l’on persiste à ne prendre aucune initiative sérieuse, efficace, on fini par se trouver logiquement assis à la place du perdant, de celui qui suit mais n’imprime aucun rythme. On dit alors que l’on marche à la baguette de son concurrent.
Car l’homme Cellou est d’apparence affable, très policé, courtois au possible. Excellente base qui devait obligatoirement se doubler de la capacité d’agréger les différences de notre pays afin de conduire un combat politique déterminé. Avoir dit-on, du cœur au ventre. Mais l’homme semble être trop confiant en une réalité sociale et politique par essence fluctuante, donc imprévisible.
En fait, nous cherchons désespérément à comprendre les mobiles de son action politique. N’oublions pas que cet homme a grandi dans l’atmosphère PDG. Mais il n’est pas le seul, comme beaucoup d’autres qui ont réussi à se défaire de la philosophie et des Tomes du Responsable Suprême.
Le culte du chef, de son Excellence, de certaines formes de reconnaissance parfois inappropriées, etc. lui seront restés manifestement très profondément ancrés.
Dans le genre, nous retrouvons la patronne ( ?) du CNT, Rabyatou Sérah Diallo, de laquelle nous nous ne serons que modérément surpris qu’elle proclame, urbi et orbi, que le « Professeur » Condé est un énième Père de la nation, une espèce de sainteté éthérée. Ceci après sa sortie mémorable au Camp Alpha Yaya sur Moussa Dadis Camara, militaire inculte et sans nuances, néanmoins Père de la nation, avec l’aide active de la momie politique Jean-Marie Doré. Le même Dadis décoré par Rouguy Barry pour prétendus services rendus à la nation, comme vus au Stade du 28 septembre, la même au service d’Alpha Condé aujourd’hui, son adversaire de l’époque, en toute bonne foi semble t-il. Effet des âmes de pauvres bêtes sacrifiées en grandes pompes à la mosquée? Allez savoir ! Si vous y comprenez quelque chose, faites signe en urgence. En Guinée, cela ne surprend plus grand monde.
Sérah, à notre humble avis n’a rien à faire en politique et devait se cantonner à son rôle de syndicaliste. Souvenez-vous d’un certain Lech Walesa, excellent meneur de Solidarnosc et piètre homme politique par la suite. Remuer des foules de travailleurs pour une revendication d’ordre catégorielle est une chose, mener une action politique de groupe à l’échelle nationale en est une autre. Je vous l’accorde, vous avez des exemples de ceux qui franchissent cette frontière avec succès. Vrai mais rare.
Peut-être alors la Rabyatou transformée, « dé-PDG-tisée » en quelque sorte et son « bébé » du CNT nous surprendront ils agréablement, qui sait ?
Nous le disons avec lucidité et un brin d’amertume : pour le moment, ces deux personnalités ont presque fait perdre espoir aux guinéens de tous bords, enthousiastes, déterminés pour la démocratie, en se croyant dans leur bon droit.
Ils n’ont jamais su bousculer, préférant toujours d’interminables négociations stériles quand la logique voudrait que l’on taille dans le vif en cessant de s’aplatir. Parfois souple évidemment, mais raide et inébranlable quand nécessaire. Savoir dire non, assez! Quand il faut.
Ce n’est pas apparemment pas aussi la culture de notre bon Dalein. Excellent technicien dit-on, grand commis de l’Etat, certainement. Mais sa place de meneur n’en est pas une, au vu de son silence assourdissant et son comportement entre les deux tours de la présidentielle. Surtout lorsque M. Alpha Condé a remplacé le réel combat des idées qu’il a constamment évité par un faux combat contre une ethnie rendue responsable de nos mille plaies d’Egypte. C’est vrai que par la suite Cellou a réagit, mais à Paris, à plus de 1000km des lieux malheureusement, longtemps après la fin des élections, mais avec la présence terrible des blessures physiques et surtout psychiques infligées à nos frères et sœurs. Aussi efficace qu’un bon cautère (pansement) sur...une jambe de bois.
Convenons que nous pouvons nous tromper sur l’homme réel et ne pas être d’accord, en prouvant éventuellement le contraire par votre propre analyse. Néanmoins, pour diriger, il faut savoir faire le bon choix au bon moment. Ce qui n’est pas donné à tout le monde. Cellou n’a pas, est loin de nous avoir convaincu, pour rester convenable.
En conclusion
Ce n’est pas la peur de la mort, mais la certitude de la victoire qui fait gagner. Morts, viols et assassinats en Guinée et Côte d’Ivoire, y compris tirs à l’arme lourde en zones résidentielles par les autorités officielles sont monnaie courante. Trop de coïncidences, de ressemblances pour être fortuites. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, pas besoin d’être agrégé ès sciences pour le savoir. Les tragédies de Yopougon et Bambeto, Matoto, etc. avec les armes les plus meurtrières en leurs possession, pour l’exemple de punitions aux supporteurs de rivaux politiques …
Question : et si ces gens avaient la bombe atomique ?
La victoire de la démocratie était prévisible, programmée en Côte d’Ivoire. Elle vient d’avoir lieu par la chute définitive de Gbagbo ce jour 1er Avril 2011(voir lien ci-dessous). Mais c’est la difficile réalité d’une démocratie à la soviétique qui s’installe chez nous grâce au « Professeur de Droit » Alpha Condé. L’essentiel n’est pas là, tant que certaines puissances financières et politiques de ce monde y retrouvent leurs comptes. Les chinois par exemple, mais pas eux seuls, sont particulièrement connus pour avoir une cécité sélective sur ce genre de petits détails.
Un gigantesque pas en arrière après 52 ans de sur-place. C’est en cela que nous pensons que M. Ouattara diffère fondamentalement de Dalein, toutes proportions gardées.
Ces images sont bien des réalités de ce magnifique pays!
La Guinée est pourtant l'un des pays les plus riches au monde du point de vue ressources naturelles.
Cette faillite économique est le résultat du pillage systématique des biens publics, le clientellisme,
la corruption, le détourment des fonds publics et une mise à l'écart de la majorité des cadres compétants et intègres du pays.
Réagissez et dites au monde entier ce que vous pensez de cette situation.