Guinée : Armée guinéenne : vingt deux ans de gestion sans partage.
lundi 03 avril 2006
Dans une indifférence populaire sans précédente en ce 3 avril 2006 l’armée guinéenne fêté ses 22 ans de commande a la tête de la république de Guinée. Arrivée au pouvoir un 3 avril 1984 une semaine après la disparition de Sékou Touré premier président, un groupe d’officiers supérieurs dont le colonel Lansana Conté se sont emparés du pouvoir pour dit-il redresser la situation politique et socio-économique dans la grande confusion qui suivit la mort du Sékou Touré.
Le comité militaire de redressement national (CMRN) fera une déclaration dite communiqué No1 faisant état de l’évolution de la Guinée de 1958 a 1984 :
« Peuple de Guinée (…). Ton armée nationale qui t’est demeurée fidèle et qui a toujours partagé ton sort dans la discipline et dans l’abnégation pendant ces vingt six années d’un pèlerinage douloureux a donc décidé de prendre en charge l’administration du pays afin de créer les bases d’une démocratie véritable évitant à l’avenir toute dictature personnelle… »
Ce qui devrait mettre fin à un règne de 26 ans de régime « révolutionnaire et totalitaire » avec à l’épicentre du système un seul homme.
Bref aperçu historique de l’armée :
L’armée nationale fut créée le 1er novembre 1960. Jusque là il n’existait que trois garnissons coloniales dans le pays.
Le 28 septembre 1958 cette jeune armée comptait 9 capitaines, 11 lieutenants, 6 sous- lieutenants, 4 aspirants.
Vingt deux ans de pouvoir sans partage, quelles leçons peut-on tirer de cette gestion armée de la chose publique ?
A cette question la réponse ne vient pas sitôt pour des observateurs ordinaires...
Sur le plan politique : déficit démocratique, l’absence de dialogue, la violation répétée des droits de l’homme, trafic d’influence, des institutions républicaines loin de jouir de leurs indépendances vis à vis du pouvoir central, constituent entre autres la base de toute avancée vers l’instauration d’un véritable épanouissement.
Sur le plan économique : la Guinée a connu des réalités aussi tristes qu’on ne peut imaginer l’étendue réelle.
L’inflation et la dévaluation de la monnaie, des secteurs d‘activités bloqués à jamais, le vol, la gabegie financière, la corruption à grande échelle et à visage découvert sont parmi tant d’ autres maux qui minent l’ économie du pays.
Sur le plan social : le niveau de vie de la population se dégrade chaque jour, le revenu par tête d’habitant est l’un des plus faibles du monde. Jusque là les services de bases (eaux, électricité, téléphone) ne sont toujours pas au rendez-vous.
Les secteurs tels que l’Education, la Santé, le Commerce, la Justice, sont dans une situation qui laisse de loin envier d’autres pays de la sous-région. De même tous les programmes de développement en général et ceux des communautés rurales en particulier ont été voués à l’échec. Raison pour laquelle nos zones rurales s’appauvrissent de jour en jour malgré des fonds colossaux octroyés par les bailleurs bilatéraux et multilatéraux pour leur apporter aides et assistances.
Au regard de ses réalités brûlantes l’opinion nationale s’accorde à dire les conséquences de cette mauvaise gestion et mal gouvernance compromet lourdement l’avenir des deux générations de guinéens : « La première République a détruit les cadres du pays et la seconde (de Lansana Conté) a détruit les richesses » dixit un opposant de la place.
C’est autant dire qu’avec un gouvernement actuel aussi divisé et clanisme que le notre, il serait très difficile de croire à un lendemain meilleur.
Alors que l’évasion fiscale, le vol et la corruption gangrènent le pays au vu et au su de tout le monde, que peut-on à présent attendre de l’armée populaire pour sauver le bateau guinéen qui coule déjà ?
« Je ne pense pas qu’elle soit capable de grandes choses à moins qu’elle ne continue à soutenir ce régime qu’elle a installé depuis le 3 avril 1984 » nous d a dit un sous-officier de l’armée ayant plus de vingt ans de services sous le drapeau national.
Vingt deux ans après le fameux discours du 22 décembre 1984, la Guinée se distingue toujours négativement tant de l’intérieur que de l’extérieur.
Toute chose qui mette les battons dans les roues de ceux qui veulent sortir le pays de cette situation dramatique, car comme disait Idee Gnandou représentant de la Banque Mondiale en Guinée : « La mauvaise gestion politique se paye. »
Et que dire du cas guinéen ?
Lansana A Camara
Correspondent permanent de Nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
|