jeudi 03 mars 2011
Conakry, Guinée - Le ministre guinéen de la Justice, Christian Sow, a indiqué mardi soir que le gouvernement organiserait prochainement pour la première fois depuis l’indépendance du pays, en 1958, les états généraux de la justice qui «est très malade».
S’exprimant au cours d’un entretien exclusif avec la PANA, il a souligné que l’ouverture des assises, prévue le 28 mars, réunira tous les acteurs de la justice, notamment les auxiliaires de la justice, les officiers de Police, les justiciables, les chefs religieux qui vont faire le diagnostic de la justice devant aboutir sur «une refondation» du secteur comme ce qui est prévu pour l’armée guinéenne.
Les participants aux assises, a-t-il poursuivi, plancheront sur plusieurs thèmes en vue d’établir un plan de réforme de la justice qui «croule sous l’effet de plusieurs problèmes» comme celui de l’absence d’un Conseil supérieur de la magistrature qui n’a jamais existé.
«L’indépendance de la justice est une de mes priorités (…) Pour y parvenir, il faut améliorer les conditions de travail et matérielles des juges, dont le plus haut gradé perçoit mensuellement 1.200.000 Francs guinéens (moins de 100.000 francs CFA), accentuer la formation. Je me battrais pour la revalorisation du cadre de travail et de vie des juges», a dit Me Sow.
L’ancien bâtonner de l’Ordre des avocats (2000) estime que l’indépendance de la justice requiert un recrutement régulier de magistrats qui sont en sous nombre dans le pays qui compte 252 juges pour 39.000 justiciables, alors que, selon lui, le taux admis en Afrique est de 1/10.000.
Me Sow, qui ne nie pas le phénomène de la corruption dans le secteur de la justice à cause des conditions de travail et du faible niveau des salaires, assure qu’il procéderait au renforcement de l’inspection des services judiciaires.
«La corruption s’est répandue au regard de tout ce qui s’est passé au récent procès des narcotrafiquants, dont les plus gros présumés ont tous été libérés, alors qu’ils avaient avoué publiquement à la télévision nationale après leur interpellation qu’ils faisaient du trafic de drogues», a-t-il souligné.
Le ministre reconnaît que sa mission est exaltante, mais difficile parce que «seul 0,05 pour cent» du budget national est alloué au département de la Justice qu’il entend malgré tout redorer.
Lors de sa prise de fonction, début janvier dernier, Me Sow avait dit que son objectif était d’amorcer «un changement qualitatif» à la tête de son département avant de promettre «une justice de qualité, forte et respectée».
Source: PANA
Pour www.nlsguinee.com
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