jeudi 24 février 2011
Le dossier des débiteurs de l’Etat revient sur la table. Ce dossier est une épine dans le pied des gouvernements passés. Plusieurs Premiers ministres font les frais de certains de ces dossiers. Des Premiers ministres ou des simples ministres poussés à la porte parce qu’ils lorgnent trop dans ce dossier. D’autres, profondément frustrés rendent le tablier.
Cela atteste le caractère à la fois sensible et risqué de ce dossier. Un dossier dans lequel bien des anciens responsables laissent des plumes. Mais autres temps autres mœurs. La situation d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui. D’où la marge des manœuvres dont bénéficient les responsables d’aujourd’hui par rapport à leurs prédécesseurs. Du moins c’est l’espoir nourris par les Guinéens en attendant de connaître la suite.
Hier la volonté existait du bout des lèvres. On disait une chose le matin et son contraire le soir. Bien des cadres, notamment des Premiers ministres subissent et jusqu’au bout, cette politique de double langage. Le chef demande avec insistance à son Premier ministre ou à son ministre de tout mettre en œuvre pour récupérer les fonds publics avec une personne ou une structure. Il l’emballe. Lui faisant croire une sincérité insoupçonnée.
Le nouveau responsable se fait beaucoup d’illusions. Il croit être tout puissant. Et voilà qu’il déchante vite. A l’occasion d’une visite chez le chef, il se retrouve nez à nez avec la personne supposée devoir à l’Etat. Pendant qu’il grenouille devant son patron, son adversaire fait une véritable démonstration de force. Il tutoie le chef. Manière de lui dire « ton chef est mon pote ».
Le pauvre Premier ministre ou ministre sort des lieux comme une poule trempée. Il est rendu à sa plus petite expression. Pire, quelques jours après cette rencontre qui se sème le trouble dans sa tête, le chef lui demande ce qu’il en est du dossier de recouvrement des montants dus par telle ou telle autre personne. Parmi lesquelles personnes, il y a évidemment l’ami personnel du chef.
Devant ce casse tête, certains ne supportent pas ce jeu de dupes. Ils crient leur ras-le-bol et jette l’éponge. D’autres continuent à subir la duplicité du chef et l’extrême humiliation jusqu’au bout. Ils pètent les plombs avant d’être limogé.
C’était la triste réalité d’hier. Aujourd’hui il y a un nouveau chef. Une nouvelle donne. Un nouvel espoir : celui de voir la tête donner le bon exemple. Comme dit le proverbe, le poisson pourrit par la tête. Si la tête dit faites ce que je dis et non ce que je fais, il est évident que sa pratique fera boule de neige.
Si un présumé coupable de détournement déclare aux enquêteurs avoir pris de l’argent public sur instructions du premier responsable du pays, il est d’avance convaincu d’avoir déstabilisé ces fameux enquêteurs. Surtout dans un pays où l’indépendance de la justice reste un vœu pieux.
D’où la nécessité pour un chef de réfléchir deux fois avant d’agir. Qu’il soit un responsable politique, administratif ou religieux, un responsable est toujours un modèle, une référence pour les autres. Son attitude et comportement font toujours tache d’huile dans la société au sein laquelle il évolue.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : habibyambering@yahoo.fr
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Pour www.nlsguinee.com
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