vendredi 11 février 2011
La mal gouvernance plonge les Guinéens dans le désespoir ces dernières années. La situation est intenable pour beaucoup d’entre eux. Un seul mot est sur toutes les lèvres : quitter le pays. Cette situation catastrophique oblige nombre de Guinéens à faire la valise la mort dans l’âme. Parmi eux beaucoup de pères de famille. Ils abandonnent femmes et enfants derrière. Ces derniers s’éduquent comme ils le veulent ou comme ils le peuvent.
S’il existait des psychologues dans ce pays ils ne seraient pas au chômage. Ils auraient beaucoup de clients et surtout de clientes à suivre. Les femmes vivant en situation de séparation supportent difficilement leur solitude. Il faut de l’empathie pour comprendre leur calvaire. Elles ont besoin d’assistance. En lieu et place de cette assistance psychologique, elles font l’objet le plus souvent de calomnie et de rejet.
Ironie de sort, une femme abandonnée pendant une décennie voit le mari convoler en justes noces avec une autre à son retour. La famille estime que celui qui est revenu d’un pays civilisé, mérite d’avoir une femme aussi civilisée. Au pire il répudie celle qui a attendu des années durant.
Du coup, s’il y a une catégorie sociale qui a besoin de soutien et d’assistance, ce sont bien ces femmes. Privées de relations conjugales des années durant, privées de faire des enfants pendant les années de fécondité, elles finissent par être répudiées pour une prétendue infidélité. Pendant que seul Dieu sait ce que le mari a fait ces années durant dans son pays d’accueil.
Encore aujourd’hui nombreux sont les enfants qui n’ont vu leur père que de photo. Ils demandent à maman quand papa va-t-il rentrer. Maman pleine de tristesse et d’amertume, console son enfant, lui disant que papa rentre bientôt. L’attente peut durer des décennies durant.
Voilà la triste réalité dans un pays qui a ratifié toute les conventions des Nations unies dont celle concernant la non discrimination à l’égard de femmes. Les parents sont cupides. Pour rien au monde ils n’accepteraient le divorce de leur enfant avec quelqu’un qui se trouve dans l’Eldorado où tout le monde rêve aller.
Il est donc temps que toute la société guinéenne s’implique dans un combat commun pour protéger cette couche vulnérable. Il revient en particulier aux chefs religieux de dire à leurs fidèles que le créateur a dit dans son saint livre « les femmes ont autant de droit que de devoir ». Et que la longue séparation constitue un facteur et une raison valables de divorce.
Même si, contre toute attente, on assiste aujourd’hui à un phénomène inédit. Un renversement de tendance. Désormais des femmes elles aussi abandonnent en Guinée mari et enfants. Mais de cela il en sera question une autre fois.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
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Pour www.nlsguinee.com
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