Afrique : Nos hommes politiques du mois d’avril 2006
samedi 01 avril 2006
de gauche à droite
Yayi Boni, vainqueur des élections
Adrien Houngbédji, perdant des élections
Mathieu Kérékou, ancien président
En août 2005, notre site www.nlsguinee.com désignait le Président béninois M Mathieu Kérékou comme étant notre personnalité du mois.
Les raisons qui ont motivé notre choix à l’époque sont connues. Il s’agissait surtout de l’engagement pris par M Kérékou de consolider la jeune démocratie béninoise en acceptant de jouer pleinement le jeu démocratique même si certains l’ont soupçonné à tort ou à raison de vouloir torpiller tout dernièrement la marche paisible de ce petit pays frère d’Afrique de l’Ouest vers un enracinement solide des principes démocratiques.
Le Président du Bénin M Mathieu Kérékou quoiqu’on dise et contrairement à un certain Général Lansana Conté de Guinée et un autre Idriss Deby Itno du Tchad sans oublier la dynastie Eyadema du Togo, a accepté d’inscrire son pays dans le concert des Nations démocratiques.
Les dernières élections présidentielles qui se sont déroulées dans le calme viennent confirmer encore une fois cet adage guinéen qui dit que « le poisson pourri toujours par la tête ».
Lorsque la tête est bien portante, rien n’empêche le reste de suivre.
La sérénité avec laquelle le Benin a franchi ce nouveau cap démocratique montre que la démocratisation du continent noir est bel et bien possible.
Des leçons doivent rapidement être tirées partout où ces « gros poissons » du continent commencent à sentir avant qu’ils ne finissent par emporter leurs peuples dans l’abîme.
Pendant que la communauté internationale entame une espèce de chasse aux dictateurs et autres chefs de guerre déchus, l’heure est venue pour cette même communauté de se pencher sur les véritables causes de mutineries et autres rebellions sur le Continent.
S’il est important d’arrêter un Charles Taylor qui a déstabilisé la sous région ouest africaine pendant près de deux décennies, il est tout aussi primordial d’empêcher des Charles Taylor, Hissène Habré, Eyadema, Bongo et autres présidents à vie de faire des émules sur le continent africain.
La dictature, l’injustice politique, économique et sociale, la corruption et autres détournements de fonds ont élit domicile en Afrique avec parfois la bénédiction de cette même communauté internationale qui n’est qu’une composition de pays qui n’hésitent pas à entretenir des relations (parfois incestueuses) avec ceux qui oppriment les peuples africains.
Pour revenir sur l’exemple béninois, notre site www.nlsguinee.com tient à féliciter les dirigeants de ce pays pour leur hauteur de vue et surtout leur maturité politique.
Ceux-ci ne se sont pas laissé emporter par les magouilles électorales en prenant le risque de tripatouiller la constitution du pays, déshonorant ainsi tout un peuple…
Les deux candidats du second tour de la présidentielle béninoise MM Yayi Boni et Adrien Houngbédji se sont tous deux comportés en véritables candidats responsables.
N’est-ce pas merveilleux de voir M Adrien Houngbédji reconnaître la victoire de son adversaire politique en l’occurrence M Yayi Boni le tout nouveau président élu du Bénin?
Un autre enseignement que chacun peut tirer de ces élections est le suivant :
Quand les règles du jeu démocratique sont clairement définies au préalable, le résultat ne peut souffrir de contestations conduisant parfois à l’affrontement.
Voici en l’occurrence ce qu’a déclaré le candidat malheureux Houngbédji :
"Les résultats sont sans surprise. Je viens d'avoir le docteur Yayi Boni. Je lui ai reconnu sa réussite".
Malgré sa défaite, il a joué le jeu en acceptant le résultat sorti des urnes. Il peut donc se résoudre à attendre la prochaine présidentielle pour solliciter de nouveau le suffrage de ses compatriotes béninois.
L’on est tenté de dire qu’untel Monsieur ne prendra pas les armes contre son pays puisqu’il a été battu loyalement et démocratiquement. Il sait qu’il représente une certaine alternative au cas où le vainqueur actuel ne tiendrait pas ses promesses.
La transparence du processus électoral de « l’amont à l’aval » voilà ce que réclament les africains.
Que ceux qui veulent les aider s’attèlent à cette tâche sinon, qu’on ne s’étonne point qu’il y ait des rebellions en Afrique !
Merci enfin à toutes ces béninoises et tous ces béninois qui viennent de nous offrir un motif d’espérer pour l’avenir démocratique du continent.
Par M Ly Elhadji Baila
Directeur Exécutif de Nlsguinee.com
Membre Fondateur de l’ANDD et de www.guinea-forum.org
Zürich, Suisse
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