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    Libre opinion : Le journaliste, Alsény Ben Bangoura nous éclaire sur la transition en Guinée et les défis que devra relever Alpha Condé, le chef de l’Etat.

    Sotelgui S.A

     lundi 31 janvier 2011   

    Interview de "Panafricanvisions" : Le président Condé possède les atouts requis pour remettre la Guinée sur les rails

    On commence à voir la lumière au bout du tunnel, au sortir de décennies de régime militaire ayant laissé le pays exsangue. Des élections historiques ont finalement permis la désignation, par voie démocratique, du président Alpha Condé. Personnalité respectée de l’opposition, M. Condé se voit désormais confier la tâche de rebâtir la Guinée, alors qu’un profond contraste existe entre la situation actuelle et les ressources énormes du pays.

    Sous l’œil vigilant de la communauté internationale, la transition ne sera pas facile, compte tenu des divisions ethniques qui menacent.

    Alsény Ben Bangoura est un journaliste guinéen basé à Washington où il est actuellement directeur de communication de Afrotrading.net. Les tensions qui se font jour en ce moment, dit-il, ont été beaucoup exagérées.

    M. Bangoura fait observer que le président Condé possède les qualités réquises pour assurer le redressement du pays. Il offre une analyse des réalités géopolitiques du pays et nous aide à mieux comprendre comment il a pu remporter la victoire.

    M. Bangoura estime que des dirigeants militaires comme le capitaine Dadis Camara doit être tenus responsables pour leurs violations des droits de l’homme.

    La Guinée est dans un tel état de délabrement que tout est une priorité, souligne M. Bangoura. Il demande cependant aux Guinéens d’accorder le bénéfice du doute au nouveau chef de l’Etat.

    Panafricanvisions (PAV): Qel regard portez-vous sur les récentes élections?

    Ben Bangoura: Je pense qu’elles ont été un succès. En effet, pour la première fois depuis l’Indépendance il y a plus de cinquante ans, les Guinéens sont parvenus à se débarrasser d’une junte militaire néfaste et à élire un président, au terme d’un processus démocratique. Remonter la pente sera, certes, difficile mais la transition représente un pas dans la bonne direction pour un pays dont l’économie est en ruine.

    PAV: Le président Condé est-il, à votre sens, l’homme qu’il faut pour amorcer la transformation du pays et permettre à la Guinée de vraiment décoller?

    Ben Bangoura: Nombre de Guinéens considéraient le président Condé comme un “opposant historique”. Ses ennemis politiques doutent qu’il soit capable d’apporter le changement dont rêve la population de ce pays. Pr. Condé est souvent qualifié d’”autocrate”. Ses proches et alliés réfutent ces critiques, estimant que le nouveau chef de l’Etat est “rassembleur” et la preuve de ses succès n’est plus à faire”.

    Quand j’ai rencontré le futur président Condé, en octobre 2009 à Washington, pour discuter de la transition, au sortir de la répression brutale, par le régime, des manifestations pro-démocratie à Conakry, il ne m’a pas paru tendu, ni indécis. Au contraire, professeur Condé, devait afficher une attitude ferme sur un point capital, quand il me confia: ” Dadis ne nous conduira pas aux élections l’an prochain”.

    Quelques semaines plus tard, le chef de la junte qui avait défrayé la chronique et était devenu une source d’embarras pour des millions de Guinéens, fut transféré d’urgence dans un hôpital au Maroc avec une balle dans la tête. La suite appartient désormais à l’histoire.

    Professeur à la Sorbonne à Paris pendant des années, Pr Condé, soixante douze ans, passa le plus clair de sa vie adulte en France, où il avait fait ses études. Dans les années 70, il avait été condamné à mort par le premier président du pays, Sekou Touré. Par la suite, dans les années 90, Pr. Condé fut également emprisonné près de trois ans par le général Lansana Conté, décédé en 2008, après avoir passé vingt quatre ans au pouvoir.

    Pr. Condé a ceci de particulier d’avoir toujours milité, dans l’opposition, en faveur des libertés politiques et de l’égalité des chances pour tous. A ce titre, le président Condé connait la Guinée, son peuple et ses besoins. Il comprend les dommages causés au pays et la tâche qui attend le nouveau chef de l’Etat.

    Les Guinéens qui lui ont donné leur appui savent qu’il n’est pas un politicien corrompu qui dit une chose et en fait une autre, Je pense qu’il faut lui donner le bénéfice du doute. Il est l’homme qu’il faut dans le contexte actuel.

    PAV: Un sujet de préoccupation, lors de ces élections: la façon dont les Guinéens ont voté en fonction de critères ethniques: l’armée s’est vue accuser d’apporter son appui au candidat d’une certaine région et d’utiliser sa force pour persécuter les origines d’un autre groupe ethnique. Dans quelle mesure s’agit-il d’un facteur inquiétant et les Guinéens peuvent-ils espérer échapper aux conflits ethniques ayant déchiré d’autres pays en Afrique?

    Ben Bangoura: Tout d’abord, je ne pense pas que les élections aient été truquées en faveur d’un candidat particulier, sur la base de son appartenance ethnique. Les observateurs de la CEDEAO, de l’Union africaine et des Nations Unies ont été unanimes à conclure que ces élections ont été libres et équitables et que le processus était conforme aux normes internationales.

    En second lieu, je ne pense pas que l’on puisse parler, en Guinée, de “guerre ethnique” comme dans d’autres pays. Dire que ces élections ont été entachées de violences ethniques est une exagération colportée par les médias étrangers et les ONG. Elles en restent à l’idée traditionnellement véhiculée par l’Occident, - à savoir que chaque élection en Afrique équivaut à une guerre civile.

    Les élections qui se sont tenues en Guinée visaient à instaurer un réel changement et un nouveau départ. Il ne s’agissait pas d’un affrontement entre Seigneurs de la guerre.

    A l’issue du premier tour de scrutin, en juin où s’affrontaient plus de vingt candidats, les électeurs se retrouvèrent face à deux grands candidats partageant les mêmes visions pour l’avenir du pays. Pr. Condé (un Malinké) et M. Diallo (un Peuhl) bénéficiaient de forts appuis dans leurs circonscriptions respectives. Sur le continent africain, Il n’est pas possible de ne pas prendre en compte l’influence de l’élément ethnique. La Guinée n’échappe pas à cette règle mais à la différence d’autres, ses habitants vivent en général dans la paix et l’harmonie depuis des siècles, comme une seule et même famille.

    Ceci dit, on se souvient des violences enregistrées après la publication des résultats préliminaires du scrutin: les partisans du candidat vaincu descendirent en effet dans la rue, ils se mirent à bruler des pneus, saccager des magasins et agresser les supporters de leurs rivaux politiques.

    Quand les forces de sécurité intervinrent pour enrayer ces violences, certaines organisations de défense des droits de l’homme parlèrent alors d’affrontements ethniques”.

    PAV: un groupe ethnique peut-il, à lui seul, élire un président de la Guinée?

    Ben Bangoura: En aucun cas. La Guinée compte actuellement plus de dix millions de citoyens (d’après les toutes dernières statistiques du gouvernement). Le pays est divisé en quatre grandes régions naturelles et les principales ethnies sont les Peuhl (dans le Foutah Djallon), les Malinké (dans la Savane), les Soussou dans l’ouest, les Kissi, Guerzé et Toma dans la région des forêts.

    Lors des élections, aucune de ces ethnies ne possède la majorité absolue pour faire élire un président à elle seule. Pour être élu, le président doit remporter la victoire dans au moins deux et demies des grandes régions de la Guinée.

    Au second tour, l’ex premier ministre Cellou Dalein Diallo parvint à se maintenir dans son fief traditionnel du Foutah Djallon, alors que professeur Condé, lui, obtint de bons résultats dans sa région natale, la Savane et il remporta aussi toute la région des forêts.

    Le professeur Condé devait sceller la victoire après avoir vaincu son adversaire dans la région côtière ou Basse Guinée, - celle-ci jouant un rôle déterminant dans la politique au moment des présidentielles. Sans un fort soutien de la Basse Guinée, - région la plus peuplée du pays –et siège de Conakry, la capitale, il est impossible à un candidat de gagner la victoire. Cette région devait jouer un rôle de premier plan, lors de l’élection de Sekou Touré (un Malinké) – premier président du pays après l’indépendance en 1958, battant ainsi son rival Barry Diawadou (un Peuhl).

    PAV ; Comment expliquez-vous le sentiment de frustration ressenti par les Peuhl?

    Ben Bangoura: Même s’ils représentent une part importante de la société guinéenne, les Peuhl n’ont pas encore vu un des leurs accéder à la magistrature suprême. Quand l’ancien premier ministre Diallo s’est retrouvé en tête, à l’issue du premier tour, ses partisans ont cru que la pendule s’était mise à osciller en leur faveur, mais en fait, c’est le contraire qui, finalement, s’est produit. Les choses changeront peut être, à l’avenir, alors que le pays évolue dans la bonne direction.

    PAV: Quelles sont, d’après vous, les grandes priorités qui doivent requérir une action urgente du président Condé?

    Ben Bangoura: Au sortir de plusieurs décennies de mauvaise gestion de l’économie, tout devient une priorité en Guinée. Sur le plan politique, le chef de l’Etat s’est dit ouvert à l’idée d’un gouvernement d’union nationale. Et il a demandé à son rival malheureux, Cellou Dalein Diallo, de se joindre à lui, dans ses efforts pour redresser le pays. Le président Condé se doit aussi de combattre la corruption et l’impunité. Il doit également assurer les services de base que sont l’alimentation en eau potable, l’électricité, le logement, les transports, les routes et autres infrastructures, dans un délais raisonnable.

    PAV: Quelle est votre appréciation du rôle de la communauté internationale – la CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations unies et les Etats Unis dans cette transition vers un régime civil?

    Ben Bangoura: je pense que la communauté internationale a joué un rôle critique dans la mesure ou elle a fait passer la Guinée d’un régime totalitaire à un gouvernement démocratique. J’y vois la preuve que si l’Onu, l’UE et ses partenaires sur le continent oeuvrent de concert, ils peuvent améliorer le sort des Africains dans leur lutte contre la corruption et évincer les dictateurs qui refusent d’accepter qu’il y a une vie après la présidence.

    PAV: Quel regard portez vous sur le général Konaté, le chef par intérim de la junte qui présida à la transition en Guinée?

    Ben Bangoura: le général Konaté est, à maints égards, un personnage très controversé au sein de la communauté guinéenne, mais à mon avis, c’est un homme respectable, qui a su négocier pour se garder une place importante dans l’histoire du pays, puisqu’il a cédé le pouvoir aux civils. Je pense que l’on se souviendra de lui comme d’un soldat qui libera la Guinée d’une dictature militaire.

    PAV: Que dire de M. Cellou Dalein Diallo qui reconnut sa défaite?

    Ben Bangoura: Il faut lui reconnaitre le mérite d’avoir respecté le verdict des urnes, - verdict validé par la Cour suprême.

    PAV La Guinée a toujours été considérée comme une zone d’intérêt de la France mais les Etats Unis sont très actifs – leur ambassadeur fait beaucoup pour encourager la participation des Guinéens aux élections et le département d’Etat a suivi les événements avec beaucoup d’attention. Voyez-vous l’intérêt croissant de Washington pour la Guinée en particulier et en Afrique, en général, comme un développement positif?

    Ben Bangoura: la Guinée est un grand pays, doté de réserves naturelles importantes, notamment des réserves énormes de bauxite, de minerai de fer, de diamants, d’or, de sel, d’énergie hydroélectrique et probablement aussi de pétrole. En outre, le pays recèle des possibilités de croissance considérables, dans les domaines de l’agriculture et des pêches. Dans ces conditions, s’offrent des possibilités pour de réels investissements et des activités commerciales. Les sols et les conditions climatiques offrent des opportunités pour l’agriculture irriguée et l’agro-industrie sur une grande échelle,

    Par suite, la France et les Etats Unis se sont toujours intéressés à avoir des relations étroites avec la Guinée,- leur présence, alors même que le pays est ouvert aux investisseurs, ne peut que représenter un élément positif.

    Ancienne puissance coloniale, la France a eu par le passé, des relations tendues avec la Guinée, depuis le “Non” au referendum de 1958 qui proposait le maintien du pays comme “chasse gardée” de la métropole. La France se sentit alors humiliée et chercha à nuire au nouvel état indépendant par tous les moyens. Depuis lors , la France tente de faire son “retour”, pas a pas.

    PAV: Justement, puisque nous parlons des Français, sont-ils les bienvenus en Guinée?

    Ben Bangoura: Oui mais certainement pas en maîtres, comme avant octobre 58. Comme l’a justement fait observer le président Condé, le peuple guinéen doit avoir le loisir de décider de sa propre destinée. Et dans un esprit de coopération internationale, les nouveaux dirigeants du pays seront disposés à travailler, de bonne foi, avec quiconque – notamment des pays émergeants comme la Chine, l’Inde et le Brésil.

    PAV: L’émergence de la démocratie en Guinée peut-elle panser les peines infligées par des décennies de régime militaire et pensez – vous qu’il convient d’entamer des poursuites contre Dadis Camara pour les violations des droits de l’homme et les meurtres commis sous son régime?

    Ben Bangoura: le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée n’est pas une fin en soi mais un pas dans la bonne direction. Des décennies de tueries extrajudiciaires par les régimes qui se sont succédés ont laissé des plaies dans tous les foyers du pays. Par conséquent , le pays aurait besoin d’une commission “Vie et réconciliation”, comme celle mise en place par le président Mandela en Afrique du sud. Le président Condé a déjà indiqué que cela l’intéressait.

    Quid de Dadis Camara? Il a commis des crimes horribles contre le peuple guinéen et s’est rendu coupable du pire massacre dans l’histoire du pays ,quand, le 28 septembre 2009, les forces de sécurité ouvrirent le feu sur les manifestants pro-démocratie. Tuant quelque 160 personnes. Des centaines d’autres furent blessés, et de nombreuses femmes furent violées. Dadis Camara et ses comparses doivent être jugés, conformément aux lois guinéennes.

    Propos recueillis par Ajong Mbapndah L.

    Ps : Toutes les questions concernant cet article peuvent être adressées à pav87central@yahoo.com ou directement à Ben Bangoura sur son adresse électronique: ben_bangoura@yahoo.com

    La version anglaise de cette interview peut être lue sur Pan_African Vision

    Transmis par Alseny Ben Bangoura
    Contact: ben_bangoura@yahoo.com
    Pour www.nlsguinee.com

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