jeudi 27 janvier 2011
Monsieur Condé, qui nous avait promis le changement rapide, vient de s'entourer de la lie des gouvernements de la première et deuxième Républiques. Après tout, ce sont des personnalités de son âge.
Mais il aura beaucoup de peine à convaincre de sa politique de changement en étant associé à ceux qui ont freiné le pays toute leur vie. Car la plupart ont largement dépassé l'âge légal de la retraite. Mais c'est bien son droit de choisir qui lui convient, et le nôtre de dire pourquoi cela nous semble irréaliste.
Monsieur Yansané, le nouveau ministre, peut parfaitement être "blanc comme neige" des soupçons de malversations portés contre lui. Voir l'article*
Ce sera certainement à la justice et aux audits bien menés de faire la part des choses.
Déjà que les gouvernements précédents brillaient par l'opacité de leurs marchés ouverts ou de gré à gré, si l'on peut dire. Pour être juste, plusieurs hauts fonctionnaires, anciens ministres, présidents, petits et grands gradés de l'armée et corps dérivés doivent s'expliquer sur leurs gestions des biens publics.
La suite de l'action du gouvernement du professeur nous édifiera sur sa volonté réelle, mais surtout sa capacité de conduire un changement.
Ses premiers pas ne nous ont pas convaincus. Son explication et début de gestion de la crise économique nous paraissent trop faciles, du déjà vu et entendu depuis la première République.
-Sékou faisait baisser le prix des marchandises par décret: résultat absolument négatif
-La politique de faire passer les commerçants malinkés de l'époque pour "Cheytane 1975" et l'ouverture autoritaire des boutiques des commerçants soussous de Madina dans des braderies révolutionnaires ont fait long feu.
La situation économique s'est rapidement dégradée dans tous les cas.
-Les menaces de faire remplacer les commerçants par l'Etat à travers des commandes de masses, dites "En attendant le bateau" ont échoué. Les guinéens connus pour leur capacité de dérision dans les pires situations avaient baptisés les chaussures en bois (sabots) de "chaussure en attendant"
-Les différentes interdictions d'exportation se sont heurtées à l'impossibilité d'importation, personne ne pouvant nous offrir des biens en échange de rien. Sans être économiste, c'est simplement le bon sens paysan ou berger.
Alpha Condé reprend exactement les mêmes recettes inefficaces et les promesses, limite démagogiques aux populations de Conakry. Comme si l'histoire ne servait à rien. Son acharnement à cibler la communauté peulhe à travers ses commerçants rendus responsables de la cherté de la vie finira au mieux en eau de boudin, au pire déclenchera des représailles injustifiées du type de celles des élections au deuxième tour des présidentielles contre les peulhs. Mais Alpha s'emble s'en moquer éperdument.
Nous verrons bien par la suite. Il a droit à un délai de grâce que nous respecterons volontiers, tout en restant très critiques, c'est notre droit et devoir de citoyen.
*http://www.guineelibre.com/article-le-ministre-kerfalla-yansane-au-coeur-de-plusieurs-scandales-financiers-65872687.html
Thierno A. DIALLO
thiernoad@hotmail.com
Pour www.nlsguinee.com
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