lundi 24 janvier 2011
FABAL ce nom ne vous dit rien ? Et pourtant il suffit de demander aux Guinéens. Mr ou Mme X est décédé des suites d’une courte maladie, les médecins légistes Guinéens en sont friands, incompétences ou facilités ? Difficiles de donner une explication, mais toujours est-il que les morts partent avec leurs secrets laissant la place aux rumeurs, à défaut des rapports scientifiques, les médecins de la rue prennent la relève et salissent une dernière fois la mémoire des morts en distribuant gratuitement les causes fabriquées de toutes pièces : Sida, tuberculose, hépatite, envoutement, etc..
Par ces pratiques plusieurs familles sont brisées à jamais.
Le peuple a l’art de se dédouaner facilement, il n’est responsable de rien, la faute incombe toujours aux dirigeants, simple n’est-ce pas ? Et pourtant, il est dangereux et méchant parfois. Les hommes qui se sont succédés à la tête de la Guinée ont souvent été victimes de cette méchanceté gratuite.
Feu général Lansana Conté par exemple fut plusieurs fois déclaré mort par les médecins de la rue ; s’il était catholique et si on se fiait à ces allégations, il aurait détrôné le Christ.
Le capitaine Moussa Dadis Camara à peine installé, les rumeurs de plus en plus folles se sont rependues à travers la ville comme quoi il était porteur du VIH. Certains sites Internet ont pris le relai pour divulguer cette fausse information sans tenir compte des conséquences de telles pratiques sur les proches de ce dernier. Wikileaks qui avait les informations classées top secrets sur le capitaine Moussa Dadis Camara, il n’a jamais fait mention d’une telle contamination.
Le général Sékouba konaté ne fut pas épargné, il a eu sa dose de coma, arrêt cardiaque etc.., récemment lors de son séjour chérifien plusieurs sites Internet ont annoncé son décès ; au même moment le pauvre était en plein exercice physique.
L’alcool est-il étranger à ce fléau de mensonge ?
Certainement non, les rumeurs sont les bébés des maquis, les consommateurs d’alcool de très mauvaises qualités commencent à délirer après quelques verres, ils inventent des histoires folles, et vu le nombre de maquis à Conakry, vous comprendrez aisément que chaque jour notre capitale se transforme en une ville de fous.
De maquis en maquis les infos circulent, les taximètres à leur tour racontent aux clients du matin les rumeurs de la veille, et ces derniers à leur tour diffusent l’info dans leurs services respectifs.
L’alcool est une drogue, on a l’impression que cette notion n’est pas acceptée en Guinée. Il est difficile de comprendre l’attitude des autorités face à ce fléau. Le chômage associé à la pauvreté poussent les jeunes à boire sans modération, histoire de noyer leurs soucis quelques instants. Cette forte demande a entrainé une prolifération des maquis (débits de boissons) ; il n’y a pas un endroit à Conakry où on ne trouve pas un maquis.
Vu le revenu du guinéen moyens (moins de 1€/jour) il est quasi impossible de se saouler avec une fortune pareille. Fabal fabriquant d’alcool installé en Guinée a trouvé la solution miracle, proposé la contrefaçon des liqueurs à des prix défiant toutes concurrences. Pour l’équivalent de 2,5€ vous avez une bouteille de Gin. Une autre boisson de fabrication locale « Trésor » moins cher qu’une bouteille d’eau « Coyah » a la réputation d’être l’alcool du pauvre. Aucune indication sur la teneur en alcool ni sur la composition, il se vend partout et facilement reconnaissable par sa couleur rouge.
Le cocktail Fabal Trésor vous donne par la même occasion un billet allez simple : départ immédiat à destination de l’autre monde et s’il vous plait en première classe.
Par Amara Sinkoun Kaba
Pour www.nlsguinee.com
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