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GUINEE : EN ATTENDANT L’EVACUATION DE L’ETAT

  dimanche 26 mars 2006   

Notre culture de la palabre peut donner le meilleur et le pire. Pour le meilleur, nous avons eu l’exemple des conférences nationales africaines des années 90.
Ces conférences, même quand, après d’interminables palabres, elles ont débouché sur des guerres civiles, scandées d’alliances et d’alternances mort-nées, même quand elles n’ont donné que des monarchies tribales reconduisant les ci-devant dictatures militaires, ces conférences ont toutes été des tentatives de refondation nationale.

L’habillage, ou plutôt le maquillage de nos chartes ancestrales fondées sur la gérontocratie de l’arbre à palabre, avec les oripeaux institutionnels imités ou imposés des démocraties du dehors, ces bricolages au fonctionnement souvent sanglant, n’ont pas empêché la disqualification de ces monstrueuses caricatures auxquelles elles étaient réduites, pendant les conférences nationales.

Au Bénin, au Mali, au Togo, au Congo et au Niger, ces conférences nationales, qu’elles aient ou non débouché sur une véritable alternance démocratique, ont en commun d’avoir réussi à mettre fin au Parti unique. L’histoire politique guinéenne a ceci de spécifique que depuis le 03/04/84, la Guinée est passée en quelques mois, de la « Révolution socialiste » au libéralisme, en jetant par terre le P.D.G. Du coup, une des revendications fondamentales des peuples lors des conférences nationales historiques, fut très tôt satisfaite en Guinée, rendant la tenue d’une conférence nationale apparemment sans objet.

En Guinée, le passage à une économie de marché sera très vite suivi du multipartisme « octroyé », comme au Sénégal, et avant la Côte d’Ivoire de feu Houphouët Boigny.
N’est-ce pas ici que gît une des raisons du blocage politique que vit la Guinée ? Les nouveaux maîtres du 03/04/84, en laissant les masses guinéennes se défouler librement, au moyen d’une presse libérée (hormis les médias audio-visuels) avec le libre mouvement des Partis politiques, du moins jusqu’en 1993, ne leur ont-ils pas donné l’illusion de la liberté et celle de l’égalité des chances dans une société où la libre entreprise s’est substituée aux magasins d’Etat du Parti unique ?

Pour justifier l’inopportunité d’une conférence nationale, ceux qui ont intérêt à la validation et à la perpétuation de la première République dans la seconde, ont mis une chape de plomb à la porte devenue béante, du Camp Boiro, bâillonnant ainsi la mémoire nationale dans une haine rentrée, l’esprit critique dans une culpabilité rentrée, le patriotisme dans un désir de vengeance rentré.

DE LA PALABRE STERILE A LA PAROLE FONDATRICE

Si par-dessus le marché, cette minorité de hors-la-loi à cols blancs ont privatisé l’Etat et les finances publiques, en faisant de ces dernières une rente à vie, qui leur permet de narguer impunément les masses, ce refus est tenu jusqu’à maintenant pour acquis, d’autant plus facilement que la première République avait fait le lit de la seconde, en lui offrant cette espèce de conscience léthargique, bercée par 26 ans de lavage de cerveau auquel s’est acharné le Guide Suprême, au fil de ses discours fleuves, ponctués de massacres et de menaces terrifiantes :

« Quiconque se mettra en travers de la Révolution, la Révolution le piétinera et continuera son chemin..»

Ainsi a-t-il créé le « Guinéen nouveau ». Mais n’est-ce pas ce même Guinéen que la deuxième République croit avoir oint des huiles dormitives du fatalisme, qui tantôt l’endort, tantôt le réveille, avec l’eau qui est partie et le courant qui revient ?
Comme ces bras retombés, ou alors levés dans ces cours communes rassemblées autour de l’unique poste de télévision, lorsque Ronaldo ou Zidane fait de miraculeux moulinets avec le pied, la séance se terminant presque toujours avec le même rituel de formules de malédiction lancées par le chef de famille à l’encontre d’on ne sait quel mauvais sort, ou contre Satan ou contre la S.O.G.E.L., ou la Société des eaux, toutes nées dans la même bâtardise des Soleils des Indépendances à laquelle Amadou Kourouma nous a finalement abandonnés !

Alors que le Guinéen nouveau de la première République se nourrissait du miel que Le Guide lui versait dans les oreilles, voici le Guinéen de la seconde République dressé à réprimer toute pulsion virile, toute velléité critique qui ne se contenteraient pas d’être verbales.
L’Homme nouveau de la seconde République ne serait-il pas ce Guinéen qui n’est libre que de crever de malnutrition dès le jeune âge ou de choléra un peu plus tard, à moins de ruser tous les jours avec la rareté et l’impossible, en jouant les sorciers qui transforment le scandale géologique et hydraulique, en lafidi ?

Ce trait de génie guinéen n’est pas propre aux masses démunies. Il est largement partagé par les couches dites intellectuelles, celles qui ont vocation à être des guides politiques. Cette habileté, ce génie dans l’art de mystifier le réel avec le verbe, n’est-ce pas cela qui a trop souvent nourri le débat et l’action politiques ces dix dernières années, en lieu et place de la transformation de ce même réel ?

« Nous n’allons pas descendre dans la rue à votre place ! »

Voilà la claque que plus d’un Guinéen s’est entendu rétorquer dans les couloirs de certaines chancelleries, à la moindre requête pour « nous aider dans notre combat pour l’alternance démocratique » .

J’en viens à ce que la palabre a de plus négatif.
Quand la parole ancestrale, traditionnelle, est dévoyée, quand dans la parole le mot et la chose sont confondus, quand la parole se prend pour une action, ce dévoiement, ce symptôme rend la parole vide. Elle devient palabre au sens péjoratif.
Ce dévoiement et ce symptôme de la parole ont été rendus plus spectaculaires dans leur disparition pendant ces 5 journées où l’acteur principal du changement social, (le Peuple dont nous parlions dans Rabbana notre Seigneur ), s’est levé et est sorti ou plutôt quand il est resté chez lui, rendant morte toute vie, pour exiger une vie autre que celle qu’on lui fait mener, une vie qui ne soit pas cette mal-vie, cette non-vie que les prédateurs à deux pattes ou plutôt à quatre roues l’ont condamné de vivre

Cette prise de parole qui annule toute autre parole bavarde, aurait pu être fondatrice dès le matin du 03/03/06.C’était une parole silencieuse. Une parole post-mortem. Au bout des villes mortes de février-mars, il y avait une autre vie, mais..

Mais quoi ? Depuis, au bout de ces journées ou à côté, comme juxtaposées, il y a eu ces trois journées de concertation du mois de mars. Faut-il en rester à un salut politiquement correct de rigueur ?

« Tougna fo téri yé tè tériya tigna »… Dire la vérité à l’ami ne gâte pas l’amitié, disent les maninka et les bamana.
Donc c’était une victoire d’avoir réuni 15 Partis autour d’une table, avant de réussir cette autre gageure que d’organiser un dialogue entre ces Partis et plusieurs acteurs de la société civile, y compris ces jeunes turbulents qui heureusement ne savent pas manier la langue de bois.

Il y a eu surtout ce document final, le rapport de la commission politique dont l’importance n’échappera à personne. Certes, les Partis politiques n’en sont pas à leur première déclaration d’intention de former un gouvernement d’union nationale. On se rappellera utilement la déclaration de 33 Partis politiques de juillet 2004.
Mais le document du 20 mars a ceci de particulier qu’il s’inscrit dans un contexte de crise sociale et de vide politique sans précédent. Dans notre Manifeste Guinée 2010, Odyssée de l’Impasse, nous parlions de bluff et de coma politiques. C’était un tableau clinique auquel chacun pourrait ajouter les symptômes qu’il voudra, qui minent l’Etat guinéen de la base au sommet.
Mais voilà, une évacuation sanitaire de l’Etat, cela n’existe pas. Ni à Hollywood, ni à Bollywood !

Alors quoi ?

DE L’INCANTATION A L’ACTION

Que faire avec ce document qui promet la mise en place de structures et d’organes pour une transition démocratique, avec un gouvernement d’union nationale ? En mettant de côté les arguties académiques totalement inopérantes en cette crise majeure, pour amorcer la transition, il faut d’emblée passer de l’incantation à l’action.
En d’autres termes, toutes les résolutions et recommandations n’ont de valeur que pour autant qu’elles opèrent positivement et concrètement dans la dynamique du changement politique.
Les dernières résolutions, en désignant des organes pour leur mise en œuvre, impliquent nécessairement l’identification des acteurs de leur fonctionnement. ( Il ne s’agit évidemment pas à ce stade, de donner des noms ! ). Ces acteurs seront d’ores et déjà investis de la légitimité requise et surtout, ils devraient disposer des moyens efficaces, nécessaires pour accomplir leur mission.
A défaut de quoi, nous referons le lit de la démoralisation et donc de la démobilisation. Or vu la qualité des participants et des organisateurs, en l’absence des représentants des syndicats, des représentants des confessions religieuses et de ceux du Parti gouvernemental, vu donc toutes ces défections aux journées de la concertation, il serait illusoire et même dangereux de croire que « l’affaire est dans le sac » ! Ce serait transformer cette parole issue de ces journées de dialogue, en palabre stérile et verbeuse. Par-dessus tout, cela risquerait de décrédibiliser pour longtemps encore les acteurs politiques du changement.

Contre cette dangereuse rechute, nous ne connaissons nul autre remède que celui que nous suggérions dans notre Manifeste Guinée 2010, Odyssée de l’Impasse et dans le Mémorandum qui l’a suivi.
Ce remède se résume à ceci :

Retourner au point de jonction manqué, ce carrefour où les syndicats et les populations guinéennes dans leur grande majorité avaient laissé le 03/03/06, le flambeau du changement social, carrefour où l’action sociale et l’action politique n’auraient jamais dû se séparer.

La dernière conférence de presse des organisateurs de la Concertation augure bien de ce retour à l’action.
Ce retour devra se faire dans un futur proche, qui commencera au plus tard le 1er avril prochain, quand le gouvernement peinera à tenir ses engagements du 03/03/06.
A moins que la Guinée ne s’offre à l’occasion, un nouveau poisson d’avril historique..

Par S.N.Bokoum
Ecrivain, Signataire du Manifeste Guinee 2010, Odyssée de l’Impasse
N.B Pour d’autres lectures liées au Manifeste, se rendre à son site : www.manifeste-guinee2010.com

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