Guinée : Retour du Président Lansana Conté, la population reste indifférente
vendredi 24 mars 2006
Comme annoncé par le premier ministre Cellou Dalein Diallo la veille, le président a regagné son pays cet après midi à 13h30mn TU, vendredi 24 mars 2006.
Seulement faut-il dire que l’accueil tant souhaité par les membres du gouvernements n’a pas été à la hauteur.
Dans la zone de l’Aéroport International de Conakry Gbessia, seuls quelques élèves du collège et lycée se sont alignés jusqu'à la rentrée de l’aéroport.
Quant à la sécurité, c’est tout un arsenal militaire qui a été mis en place afin de prévenir tout débordement éventuel. Le long de l’autoroute Fidel Castro, des militaires, gendarmes, policiers et autres bénévoles sont postés de part et d’autre de la route.
Dès son départ de l’aéroport, le président à peine visible à moitie dans sa voiture de commandement sortira une main immobile pour saluer quelques curieux.
L’air fatigué et apparemment encore non bien portant, il salue sans sourire aux lèvres. Et certains gamins ont commencé à crier haut et fort le slogan suivent : « Le mort vivant est de retour…»
Ainsi, le cortège quitte l’aéroport avec toute une bonne brochette de ministres coincés à bord de 4*4 blindés. Et dans cette lignée environ une trentaine de véhicules séparait le président à son premier ministre Cellou Dalein.
A y regarder de prés, le spectacle ressemble moins à un cortège présidentiel dans un pays pauvre comme la Guinée, qu’à une exposition d’automobiles faisant la promotion des nouvelles marques.
C’est dans cette atmosphère tendue et poussiéreuse que le président et sa suite foncèrent en direction du Camp Almamy Samory Touré situé à Kaloum où une réception serait organisé à son honneur.
Quant à la population, elle est restée indifférente face à ce qu’elle juge de « non événement » vaquait à ses occupations quotidiennes de routine. Malgré le communiqué radiodiffusé de M Sory Dioubaté gouverneur de la ville de Conakry appelant les habitants à sortir massivement, cet appel est tombé dans de sourdes oreilles ou a tout simplement été boudé :
« Si je gare mon taxi pour aller applaudir l’arrivée du président, qui nourrira ma famille le lendemain ?. » s’interroge un taximètre à Matoto.
Une dépêche de Lansana A Camara
Correspondant permanent de Nlsguinee.com à Conakry
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