Guinée: retour du président Conté après une hospitalisation en Suisse
vendredi 24 mars 2006
Le président guinéen Lansana Conté était attendu vendredi à Conakry, après une semaine d'hospitalisation en Suisse qui a ravivé les rumeurs sur sa santé défaillante et les inquiétudes liées à une vacance du pouvoir dans son pays en crise.
Le président Conté devait arriver à 13H00 (locales et GMT) à Conakry, a annoncé le Premier ministre Cellou Diallo à la radio nationale.
Le gouverneur de Conakry, Sory Dioubacé, a demandé à la population de "réserver un accueil chaleureux au président" entre l'aéroport et la présidence, située au centre-ville.
Né en 1934, le président guinéen avait été évacué dans la nuit du 17 au 18 mars vers Genève. Plusieurs de ses proches ayant requis l'anonymat avaient alors évoqué une aggravation de son état de santé.
M. Conté souffre depuis plusieurs années d'une forme aiguë de diabète et d'une leucémie diagnostiquée récemment.
Depuis le début de l'hospitalisation de M. Conté, les autorités ont cherché à assurer que le séjour helvétique du général-président était lié à des contrôles médicaux de routine et n'avait rien d'alarmant.
Lansana Conté lui-même est très brièvement intervenu mardi à la radio nationale, affirmant qu'il allait "bien" et rentrerait "bientôt" en Guinée.
Samedi, juste après son départ pour la Suisse, la présidence avait déjà affirmé que le président s'était rendu à Genève dans le cadre d'une "visite privée de quelques jours", accusant sans les citer certains "médias étrangers" d'avoir donné des "informations fantaisistes" sur sa santé.
Alors que l'état de santé du numéro un guinéen alimente les rumeurs au sein de la population et du corps diplomatique, la perspective d'une vacance du pouvoir fait redouter à de nombreux observateurs que le pays, en proie à une profonde crise économique et politique ainsi qu'à des tensions ethniques, ne bascule dans des troubles.
Début mars, les principales centrales syndicales du pays ont mené avec succès une grève générale de cinq jours contre "la cherté de la vie et l'indifférence des pouvoirs publics face à la misère de la population".
Alors qu'une élection présidentielle est prévue en 2008, le blocage politique, conjugué à l'état de santé préoccupant du chef de l'Etat, a conduit l'opposition et des ONG de la société civile à appeler à une transition pour éviter au pays de "sombrer dans un cataclysme destructeur".
A l'issue d'une réunion de quatre jours à Conakry, ils ont demandé en début de semaine au président Conté de nommer un gouvernement d'union nationale en "rupture avec l'esprit et les pratiques qui ont conduit à la situation de crise actuelle".
Au centre de leurs préoccupations figurent notamment des divisions ethniques exacerbées, selon des observateurs, par un pouvoir qui favorise l'ethnie du président, les Soussous, dont les représentants ont été promus aux plus hautes responsabilités dans l'administration et l'armée.
Source : AFP
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