GUINEE: LA SOLUTION FINALE, NO. 2
vendredi 24 mars 2006
Les gouvernements ont l'habitude de raconter des mensonges. Les régimes autocratiques qui se font une vertu de laisser le mensonge et la fantaisie l'emporter sur le bon sens et la vérité excellent dans cette pratique.
Conakry vient d'en donner des exemples avec les nouvelles relatives à la maladie du président Lansana Conté. Aujourd'hui, la Guinée est au bord de la catastrophe, en partie à cause de cette maladie, en partie à cause de la faillite du régime et en partie à cause de l'inaptitude de l'entourage présidentiel.
Les membres de cette coterie ne reculent devant rien. Comme la situation semble leur échapper, ils ont recours à des manœuvres qui, en temps normal, feraient rire. Ils ont jugé utile de déranger le président hospitalisé à Genève. Pourquoi ?
Pour démontrer une fois de plus leur loyauté ? Pour montrer que Conté jouit encore de toutes ses capacités de commandant en chef ? Pour rassurer la population guinéenne? Cette population sait que son président est gravement malade. La maladie a ses exigences qu'il faut respecter. Il faut avoir pitié des souffrants et de Lansana Conté en l'occurrence. Il a besoin de repos.
Comment a-t-on pu lui faire enregistrer une cassette ?
Le navire guinéen va à la dérive, et cela depuis longtemps. Malgré cela, les Guinéens ne bougent pas. Ils observent les autres prétendants au pouvoir s'entre-déchirer pendant que le pays est rendu exsangue après tant d'années d'administration sans scrupules et sans probité. Or, la notion d'Etat repose sur le respect des principes de bonne gouvernance et de gestion efficace et honnête des affaires publiques.
La transition, option sage et constructive, redonnera confiance à ceux qui désespèrent et ne croient plus à la Guinée. De la concertation calme et sage, méthodique et décisive entre les acteurs représentant les différents secteurs de la nation, y compris les officiers, germera un consensus opérationnel acceptable par le peuple. Ferment puissant, cette formule de transition mettra fin aux divisions et donnera des raisons d'espérer une fois de plus.
La concertation franche s'avère indispensable d'autant plus que la division a affaibli toutes les institutions et toutes les composantes nationales. La concertation fraternelle et la transition génératrice de nouvelles idées représentent la solution finale pour faire démarrer le navire guinéen. La force et la réussite résident dans l'union.
Professeur Lansiné Kaba
Boston, le 23 mars 2006
depuis les USA pour Nlsguinee.com
|