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Afrique : Le mutisme indigne de l’UA et de certains Dirigeants africains à défendre le continent

  dimanche 19 mars 2006   

Nombreux sont les dirigeants africains qui ne se préoccupent guère du sort de leurs concitoyens de l’intérieur ni de ceux qui vivent malgré eux à l’Étranger hors du Continent. Ces Présidents ne sont alors d’aucune utilité pour les Peuples car ils sont au service de la défense des intérêts de l’impérialisme et des multinationales. Mieux encore ils ne se sentent nullement concernés lorsque le racisme endémique anti-noir qui sévit dans les pays développés du Nord fait des victimes dans les populations à la peau d’ébène. Cette couleur est pourtant aussi la leur.

Le mépris et les humiliations aux relents racistes et colonialistes dont sont victimes quotidiennement les Peuples colonisés avec le récent et trop controversé article 4 de la loi du 23 février 2005 qui demande aux programmes scolaires de reconnaître«le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord», témoignent si besoin était de la nostalgie des temps passés des colonies.

Ces dirigeants africains atteints de cécité n’ont aucun projet pour les générations futures. Ils ne s’aperçoivent pas du danger de cette loi scélérate qui risquerait de contribuer à la recolonisation physique des indigènes «noirs» d’Afrique afin de civiliser ces «hordes de sauvages». Le mépris et le complexe de supériorité de l’Homme blanc et de sa civilisation que porte cette loi conditionneraient les nouvelles générations françaises et les inciteraient à rétablir la grandeur impériale de la France de leurs aïeux colonisateurs.
L’inaction de certains dirigeants africains, imposés et soutenus par les puissances impérialistes et les multinationales, face aux drames que vivent leurs compatriotes, les disqualifient à diriger nos états. Les Peuples africains comme tous les autres n’ont-ils pas eux-aussi le droit de s’insurger contre ces injustices afin de prendre son destin en main? Se révolter est un droit pour la survie car nous n’accepterons jamais de retourner à l’esclavage des temps de colonies.

Sous la pression de la mobilisation massive des français d’origine africaine (du continent et des DOM-TOM) et de certains intellectuels progressistes français de «pure souche»,le Président Chirac a reculé en retirant bien tardivement cette loi, le 26 janvier 2006 pour un dossier qui a été introduit au parlement en 2005 et qui a suscité tant de polémiques. Le retrait de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 a t-il changé l’opinion des français sur la colonisation? sur les étrangers ou français d’origine étrangère des banlieues? Sur les relations impérialistes de domination de la France sur le pré carré d’Afrique?

Les fondements historiques de cette loi sont issus de la traite négrière.

1- Napoléon

L’organisation de la France moderne qui est issue du code napoléonien reste encore fortement marquée culturellement. Dans un récent ouvrage qui a déchaîné les passions chez les partisans du colonialisme de l’historien afro-antillais Claude Ribbe «Le Crime de Napoléon»nous apprenons ainsi que l’empereur Bonaparte Napoléon a rétabli l’esclavage par l’extermination de tous les citoyens gênant cette entreprise macabre. Mais il introduit insidieusement du racisme au sein des institutions françaises. Alors qu’«au moment du coup d’état de Napoléon cela fait plus de huit ans que tout individu est libre aussitôt qu’il est entré en France et que tout homme, de quelque couleur qu’il soit, jouit en France de tous les droits du citoyen, s’il a les qualités prescrites par la Constitution pour les exercer.(Loi du 16 octobre 1791)» Bonaparte«pour la première fois sans doute dans l’histoire de l’humanité s’est posé rationnellement la question de savoir comment éliminer en un minimum de temps avec un minimum de frais et un minimum de personnel un maximum de personnes déclarées scientifiquement inférieures.» (p.25). Sur ordre de l’empereur «plusieurs dizaines de milliers de civils sans distinction d’âge ni de sexetorturésviolésgazésnoyésfusillés,roués,crucifiéségorgésétrangléspendusaffamésempoisonnésbrûlés ou dévorés vifs simplement à cause de la couleur de leur peau. » (p.193194). Le racisme a été institutionnalisé par l’Empereur comme en témoigne le contenu du projet d’arrêté 2 Messidor an X (9 août 1777).

516.
SECTION de la marine.
C.en Dupuis Rapporteur.
1re Rédaction.

PROJET D'ARRÊTÉ

Tendant à prohiber l'introduction sur le territoire européen de la République des Noirs et Gens de couleur. Les Consuls de la République sur le rapport du ministre de la marine et des colonies ; le Conseil d'état entendu ; Vu la déclaration du 9 août 1777,
Arrêtent :
Art. Ier Aucun noir, mulâtre ou autres gens de couleur de l'un et de l'autre sexe ne pourront s'introduire ni être introduits sur le territoire européen de la République à peine de trois mille francs d'amende et d'être reconduits hors des frontières.

II. Les capitaines de navire armateurs et autres français ou étrangers qui auront participé à l'introduction d'aucun des individus énoncés en l'article Ier seront garants et responsables du paiement de l'amende même des frais de renvoi.

III. Les dispositions ci-dessus ne sont pas applicables à tous ceux qui se présenteront munis d'une autorisation spéciale des capitaines-généraux s'ils viennent des colonies françaises ; et de l'autorisation des ministres ou agents commerciaux de la République s'ils viennent d'ailleurs.

IV. L'article I.er ne sera exécutoire en ce qui concerne l'amende ou autre peine à prononcer en cas de contravention que dans un mois pour l'Europe trois mois pour le continent et les mers d'Afrique ou d'Amérique et neuf mois pour le continent et les mers d'Asie à compter du jour de la publication.

V. Le ministre de la marine et des colonies et celui de la police générale sont chargés chacun en ce qui le concerne de l'exécution du présent arrêté qui sera inséré au Bulletin des lois.

A PARIS DE L'IMPRIMERIE DE LA RÉPUBLIQUE.
2 Messidor an X.

2- Gambetta et Jules Ferry

Les extraits de différents discours ci-dessous devant l’Assemblée des personnalités politiques telles que Gambetta et Jules Ferry démontrent de manière irréfutable l’esprit colonisateur impérialiste et le complexe de supériorité de la race blanche civilisée qui aurait mission divine de dominer les races inférieures noires des colonies et autres peaux basanées des pays du Sud.

En 1881-1882 Léon Gambetta, Président du Conseil en 1881-82,a consolidé «l’héritage culturel» napoléonien. sur l’impérialisme et le racisme français en déclarant en déclarant devant l’Assemblée: «La civilisation européenne aura à lutter un jour contre la subversion de la race chinoise... La France doit conserver son rôle de soldat de la civilisation. Dans le choc qui aura lieu la civilisation latine dont la France est la tête doit préparer son terrain sous peine d'être écrasée et annihilée en Asie centrale entre la race anglo-saxonne et la race slave. Il faudra donc que la France s'établisse au Tonkin... afin de mettre la main sur l'Annam sur le Royaume de Siam et sur la Birmanie et d'avoir ainsi barre sur les Inde set d'aider la civilisation européenne contre la race jaune »

Et le gouvernement de Jules Ferry initiateur de la laïcité de l’école et pourfendeur de l’église n'hésitera pas à justifier l'annexion par la canonnière de l'Indochine au nom de «40.000 chrétiens qui nous considèrent comme leurs protecteurs»...

Suit un petit extrait du discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 devant l'Assemblée:

M. Jules Ferry. «II y a des expéditions coloniales qui sont légitimes et des aventures qu'il ne faut pas craindre de courir parce que l'honneur, les intérêts la borne renommée et l'avenir de la France y sont engagés.[...] Un grand pays comme la France[...]a le culte et le souvenir de toutes les grandes choses.[...] Nous avons [...]une politique coloniale d'expansion coloniale [...]

Un des reproches de l'opposition[...]est d'avoir répondu aux impertinences des peuples barbares par une trop longue condescendance c'est d'avoir trop longtemps négocié [...]. Il n'y avait pas de négociation acceptable avec les Hovas [alors dominants à Madagascar][...].

L'honneur de la France exige que l'on ne se laisse pas jouer plus longtemps par un petit peuple barbare ; autrement c'est la civilisation tout entière qui est compromise dans l'Extrême-Orient.[...] Notre politique coloniale[...]systématique[...]repose tout à la fois sur des principes économiques et sur des intérêts sur des conceptions humanitaires de l'ordre le plus élevé et sur des considérations politiques...

M. Eugène Delattre.«Je crois bien20 000cadavres!»

M. Jules Ferry.«[...] Cette politique coloniale[...] repose sur une triple base économique humanitaire et politique.[...]

Les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux des plus avantageux. [...] La fondation d'une colonie c'est la création d'un débouché. [...] Là où est la prédominance politique là est également la prédominance des produits la prédominance économique. [...]
Je dois également aborder [...]le côté humanitaire[...]. M. Camille Pelletan raille beaucoup [...]il condamne et il dit: « Qu'est-ce que cette civilisation qu'on impose à coups de canon ? Qu'est-ce sinon une autre forme de barbarie?[...]».
[...]
Je vous défie[...] de soutenir jusqu'au bout votre thèse qui repose sur l'égalité la liberté, l'indépendance des races inférieures.[...]Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... ".

M. Jules Maigne. «Oh! Vous osez dire cela dans un pays où ont été proclamés les droits de l'homme ! »

M.de Guilloutet. «C'est la justification de l'esclavage et de la traite des nègres!»

M. Jules Ferry. «si l'honorable M. Maigne a raison si la déclaration des droits de l'homme a été écrite pour les noirs de l'Afrique équatoriale alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges les trafics ?[...]Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.[... ]»

M. Eugène Delattre. «C'est pour cela que vous n'avez pas fait de prisonniers en Chine et au Tonkin!»

M. Jltes Ferry. «[...]Vous avez prononcé une parole offensante pour l'armée française»

A l'examen des extraits précédents, on comprend bien que le racisme de la «classe politique»française de l'époque était conscient, que ces gens ne croyaient point à leurs propres supercheries, que d'autres français dénonçaient violemment ce racisme, que derrière le mot «race» se cachaient systématiquement les intérêts des lobbies financiers et rien d'autre...

Même devant l'Assemblée Ferry ne croit point à ce qu'il dit en matière de «races»il ne cherche à convaincre personne. Mais il dit à ses confrères qu'il faut être raciste parce que c'est là «l'intérêt de la France». Examinons bien ce paragraphe:

« Si l'honorable M. Maigne a raisons si la déclaration des droits de l'homme a été écrite pour les noirs de l'Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics?[... ]Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.[... ]»

Oui, si les «noirs» ont les mêmes «droits» que les blancs et s'ils rejettent l'impérialisme français... comment va-t-on pouvoir le leur imposer si on doit respecter la déclaration des droits de l'homme?

Corollaire: il ne faut pas que la déclaration des droits de l'homme s'applique aux «noirs»...

Et c'est la même rengaine que reprend Léon Blum en 1925avec une «touche d'humanisme» qui veut dire en gros: on pourra éventuellement leur accorder des droits quand ils auront été «éduqués». Autrement dit quand ils auront été entièrement assimilés par l'impérialisme français et qu'ils feront ce que nous voudrons!

Léon Blum dit devant l'Assemblée:

«Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l'industrie...

Nous avons trop d'amour pour notre pays pour désavouer l'expansion de la pensée de la civilisation française»

3- Rappel Loi du 23 février 2005article 4alinéa 2

Le 15 mars 2003une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale, portée par le député UMP Jean Léonetti avait pour ambition de reconnaître l’«œuvre positive» des ressortissants français en Algérie. La proposition de loi avait été refusée pour une question de procédure et devait passer devant la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale pour consultation.
Des mois se sont écoulés sans que la commission ne publie les résultats de ses travaux.
Puis vint le 23 février 2005.La majorité parlementaire de droite a voté le 23 février 2005 une loi «portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés».La plupart des articles de ce texte visent à octroyer un statut et une «allocation de reconnaissance»)aux «Français rapatriés»et aux Harkis.
Loi du 23 février 2005article 4alinéa 2:«Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer notamment en Afrique du Nordet accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.»
Mais c’est dans cette loi du 23 février 2005 fut introduite insidieusement la proposition de loi du 15 mars 2003. En effet on retrouve quasiment à l’identique, les termes de cette dernière dans l’article 4 alinéa 2 : «Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer notamment en Afrique du Nordet accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.» Le mot «positif» réapparaît et les programmes scolaires sont mis à contribution.
La loi n°2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés est jugée par les originaires des pays colonisés et progressistes français réécriture de l’histoire officielle et un déni des crimes coloniaux comment l’attestent les différents articles de cette loi :
- article1: La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française.(...)

- article 4:Les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.

Face à ce déni de l’histoire coloniale et de toutes ses atrocités, des historiens français progressistes on lancé une pétition «Non à l’occultation des crimes coloniaux» qui a recueilli des milliers signatures. L’introduction de leur pétition contre sur cette loi mentionne « qu’elle impose une histoire officielle contraire à la neutralité scolaire et au respect de la liberté de pensée qui sont au cœur de la laïcité. Parce que en ne retenant que le "rôle positif" de la colonisation, elle impose un mensonge officiel sur des crimes sur des massacres allant parfois jusqu’au génocide sur l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé. Parce qu’elle légalise un communautarisme nationaliste suscitant en réaction le communautarisme de groupes ainsi interdits de tout passé»

Cette victoire provisoire des nostalgiques de l’Empire colonial français va déhancher des vives protestations des ressortissants des Peuples colonisés d’Afrique d’Asie des Caraïbes et des français progressistes. Ce qui obligea le Président Chirac à abroger le 26 janvier 2006 cette loi. Il déclara:«Nous pouvons être fiers de notre histoire a-t-il déclaré mercredi. Mais c’est aussi parce qu’on est à l’aise avec son histoire que l’on peut reconnaître ses zones d’ombre et ses épreuves»a-t-il poursuivi pour expliquer sa position citant en exemple le «déshonneur de Vichy » et la commémoration de la rafle du Vel d’hiv par un monument en 1995.Le 29 novembre dernier, les députés UMP avaient refusé d’abroger l’article 4poussant leur président, Nicolas Sarkozy, à annuler un voyage dans une Martinique qui lui avait promis un accueil mouvementé »

Cette loi n’a suscité aucune réaction tant dans les médias que dans le milieu politique et associatif. La réaction de la classe politique est bien tardive il a fallu pour ce faire toute la mobilisation d’historiens et d’enseignants pour que l’opposition de gauche se manifeste. Un récent sondage révèle que deux français sur trois adhèrent à l’idée d’un rôle positif de la colonisation. Cette prise de conscience tardive de la nocivité de cette Loi ne serait-elle la persistance dans le subconscient collectif français de l’héritage culturel napoléonien sur la colonisation ?

Cette Loi du 23 février 2005 qui porte gravement atteinte à la dignité des peuples africains et de leurs parents déportés des caraïbes n’a suscité aucune réaction de protestation des Dirigeants africains exceptés celle du Professeur Mamadou Koulibaly Président de l’Assemblée nationale de Côte-d’Ivoire et surtout en Algérie qui a connu une guerre sanglante de libération du FLN contre la colonisation française qui a duré 132 ans. Cette guerre de libération a coûté la vie à plus de 1.500.000 Algériens.
Les anciens combattants de la guerre de libération et les partis de la majorité présidentielle (FLNRND et MSP) ont demandé la suspension des négociations pour la signature du traité d'amitié entre l'Algérie et la France. Les anciens moudjahidine sont unanimes à dire «qu'en l'état actuel des choses et compte tenu de l'obstination de la France à refuser de faire acte de repentance l'Algérie ne doit pas signer un traité d'amitié avec elle». Le Président algérien Abdelaziz Bouteflika avait estimé que la France devait reconnaître «ses bavures perpétrées pendant la période coloniale. «Les Algériens méritent plus une repentance de la France que les Malgaches»avait-il alors déclaré. Il avait auparavant estimé que la loi du 23 février 2005 «représente une cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme».
Dans les DOM-TOM, et notamment en Martinique les populations, descendants des déportés d’Afrique ont vivement protesté
L’écrivain et homme politique Aimé Césaire avait annoncé qu’il ne recevrait pas le ministre et président de l’UMP. «Parce que auteur du discours sur le colonialisme je reste fidèle à ma doctrine et anticolonialiste résolu. Et ne saurais paraître me rallier à l’esprit et à la lettre de la loi du 23 février 2005 sur la reconnaissance dans les programmes scolaires ’’du rôle positif de la présence française en outre-mer’’»explique l’écrivain engagé. Un «collectif martiniquais pour l’abrogation de la loi de la honte» s’était constitué affirmant sa volonté de faire supprimer un texte législatif qui «justifie les crimes commis au nom d’une civilisation qui a conduit à l’extermination de peuples à l’extinction de cultures et au pillage de nombreux pays». Les Antillais avaient fondé beaucoup d'espoirs sur la loi de 2001 de la députée de Guyane Christiane Taubira qui reconnaissait l'esclavage comme un crime contre l'humanité. C’était la repentance de l'Etat français. Les lendemains ont déchanté avec l’adoption de la Loi du 23 février 2005. Remontés, les Antillais attendaient de pied ferme avec un comité d’accueil musclé le Ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy pour ses déclarations provocatrices et lois sur l’immigration qui stigmatisent les noirs et autres basanés. Cette mobilisation antillaise a eu raison du Ministre qui fut contraint d'annuler son déplacement dans les caraïbes.

3- Conséquences du racisme institutionnalisé

Ce racisme institutionnalisé par Napoléon, poursuivi par ses successeurs et profondément enraciné dans la conscience collective de la société française, se traduit encore aujourd’hui par les différentes discriminations à l’embauche au logement dans l’enseignement dans les jugements rendus par les tribunaux mais aussi et particulièrement, discrimination de circuler librement car les basanés sont constamment contrôlés et humiliés par la police.
L’animateur-producteur radio Claudy Siar d’origine sénégalaise à propos de la révolte des jeunes des banlieues déclarait dans une interview à Afrik.com «…J’ai entendu sur les plateaux TV des politiques mentir et dire que ça ne se passe pas comme ça. C’est faux. Moi au moment où je vous parle les policiers lorsqu’ils me contrôlent le soir ils me demandent de sortir de ma voiture et me fouillent. Je pourrais me sentir à l’abri de ce genre de choses mais pas du tout : c’est la réalité dans ce pays. Oui une partie de la police se comporte mal. […] Aussi je pars du principe que le feu aux poudres aujourd’hui vient du comportement de la police envers les jeunes et du comportement de la société française envers tous ces jeunes qui n’ont ou pas la bonne couleur de peau ou pas la bonne religion». Le délit de faciès ou de sale gueule est le racisme grossier brute qui est visible lors de ces tracasseries de contrôles policiers. Les autres formes de racismes enrobées d’hypocrisie sont elles aussi plus insidieuses sournoises et plus destructrices pour l’avenir des français d’origine africaine. C’est le cas de la discrimination à l’éducation et à l’embauche. L’extrémisme des blancs qui résulte du rejet constant des citoyens français noirs et arabes dans leur propre pays engendre une radicalisation de ses jeunes où la colère se mêle à la haine.
Ce rejet permanent des français noirs antillais Edouard Glissant et Patrick Chamoisseau dans leur lettre adressée au Ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy d’écrire cette pensée:«Sommes-nous des français à part entière ou sommes-nous des français entièrement à part?»

Les nouvelles lois sur l’immigration version modernisée revue et corrigée de l’arrêté napoléonien viennent renforcer l’humiliation infligée surtout à la communauté noire. Les études et des statistiques, rendent compte et cela depuis des années de la condition sociale et économique des habitants des cités. Le taux de chômage des personnes âgées entre 15 et 24 ans est au niveau national français, de 23%. Ce chiffre est l’un des plus élevé au sein de l’Union Européenne. Dans les banlieues populaires le taux de chômage concernant la même catégorie d’âge est deux fois plus élevé. Il tourne autour de 40%.
Face à ce désespoir et humiliations provoqués par le racisme, les jeunes français d’origine française considérés comme citoyen de seconde classe ont choisi la révolte pour revendiquer leur droit. La révolte des banlieues françaises de novembre 2005 est l’expression de cette exaspération. The Economist titre dans l’un de ses articles que «La plus grande leçon des émeutes françaises est qu’il y a un besoin de plus d’emplois».Il remarque aussi que «Dans les banlieues déshéritées règnent une terreur d’un genre «soft» [contrôle policier, chômage, discriminations, etc.]. Dès lors quand trop de jeunes ne voient plus rien d’autre que le chômage après la fin de leurs études ils finissent à terme par se rebeller» L’hebdomadaire britannique The Independent de conclure:
«…La révolte des banlieues populaires, indépendamment de sa forme illégitime, pose à l’ensemble de la société française le problème de la question sociale trop longtemps occultée. Une situation économique et sociale dans laquelle les banlieues ne cessent de s’engouffrer depuis 30 ans, sans que les gouvernements successifs ne réagissent autrement que par des discours et des mesures de plus en plus sécuritaires. Et n’opposer à la question sociale qu’une réponse sécuritaire produit nécessairement un jour ou l’autre une dynamique de la violence »

Les protestations violentes émises par les banlieues françaises au regard de l’histoire de l’Hexagone ne sont pas des manifestations exceptionnelles. En France elles s’inscrivent dans une longue tradition. Le quotidien britannique The Independent l’a pertinemment rappelé en ces termes : « A partir de l'assaut de la Bastille l'image de Paris est désormais inséparable de celle de la Révolution française. Sanctifiée dans les paroles de la « Marseillaise»cette vénération pour l'esprit révolutionnaire a donné un degré de légitimité aux protestations violentes»
Ce même quotidien rappelle en effet que l’histoire française moderne est jalonnée de révoltes violentes:1789 (Révolution française);1830 (Soulèvement à Paris contre le roi Charles X contraint de s’exiler); 1848 (Soulèvement de Paris et renversement de la Monarchie de Juillet) ; 1871 (La Commune de Paris); Mai 1968 (Les étudiants déterrent les pavés du quartier latin et les ouvriers font la grève).

Les exemples de mépris, d’humiliations et de racisme dont sont victimes les noirs sont innombrables. Voici une liste non exhaustive de quelques faits triés à la volée : La mort de plus de 50 et 77 blessés sénégalais dans trois incendies à Paris du 15 avril au 29 août 2005. Ce fait gravissime n’a jamais mobilisé les personnalités politiques françaises comme pour d’autres communautés ni accaparé la presse. La mort de noirs ne mérite aucune compassion.

L’UA et les Dirigeants africains ont eux-aussi affiché un silence honteux et de faiblesse face à cette tragédie qui a frappé notre communauté. Alors vient la question à quoi servent-ils s’ils ne défendent pas leurs ressortissants d’où qu’ils viennent ?

Certains propos racistes tels que «…les odeurs des étrangers…,nettoyage au karcher des jeunes des banlieues…,des racailles…,dans ces pays-là, le mot génocide n’a pas de signification…,» tenus par des personnalités n’ont fait l’objet d’aucune condamnation. L’académicienne française Hélène Carrère d’Encausse explique aux Russes que les émeutes en France sont dues à la polygamie des Africains. Le Philosophe Alain Finkielkraut, parlant des Martiniquais victimes de l’esclavage des noirs qui profitent aujourd’hui du système français. Paul Nahan et Elisabeth Levy qui se permettent de qualifier les cérémonies funéraires suite au crash d’avion au Venezuela où 153 Martiniquais avaient trouvé la mort, de «ridicules et compassionnelles».
Dans l’expression de la démocratie qu’est le Parlement un constat ahurissant de racisme contre les français d’origine étrangère est établi: sur 577 députés siégeant à l’Assemblée nationale, pas un seul n’est musulman ou originaire de l’immigration arabe ou africaine. N’est-ce pas là une preuve flagrante d’un racisme institutionnalisé pour un pays démocratique comme la France? Et pourtant ces minorités représentent plus de 10% de sa population.
L’Angleterre compte de nombreux députés d’origine indo-pakistanaise ou des Caraïbes tandis que le maire de la deuxième ville du pays est musulman ! En Hollande près de 10% des députés sont musulmans alors que ces derniers ne représentent qu’à peine plus de 5% de la population. Même en Allemagne réputée pour son droit du sang et une certaine xénophobie plusieurs députés d’origine turque siègent au Bundestag. Pour pousser le bouchon encore plus loin nous pourrions faire une comparaison entre la représentation politique des musulmans en France avec celles des minorités chrétiennes au Moyen-Orient. Certains pays en développement font mieux en matière de la représentation démocratique des minorités: En Egypte où les coptes chrétiens représentent un peu plus de 5% de la population totale plusieurs députés sont chrétiens tandis que quatre ministres du gouvernement le sont aussi. On retrouve les proportions sensiblement similaires en Syrie et enfin en Irak du Président Saddam Hussein le numéro deux du régime Tarek Aziz, était chrétien. Le refus congénital d’inclure la diversité religieuse ethnique et de couleur dans les institutions françaises comme en témoignent ces statistiques sur les minorités démontrent si besoin en était de l’exception culturelle française d’essence raciste initiée par le code de l’Empereur Napoléon Bonaparte.

«D’une manière gratuite, et en fonction de ses préjugés Napoléon a mis en vigueur sur le territoire français de véritables lois raciales: interdiction de l’armée et du territoire français aux «nègres» et «gens de couleur»interdiction de mariages entre «blancs» et «noirs». Il y a bien eu des tentatives de ce genre sous Louis XVI, sous la pression des colons, mais l’application n’a jamais été systématique, grâce à la résistance des esprits éclairés bien représentés dans certains Parlements (celui de Paris en particulier). Napoléon ayant établi une des pires dictatures qu’il y ait jamais eues en France aucun contre pouvoir n’a pu s’opposer à ce que sa folie raciste ne serve de principe à sa politique(…)
De plus Napoléon a encouragé l’émergence du racisme scientifique dont la plupart de nos universitaires -et en particulier les historiens- sont totalement imprégnés. C’est ainsi que ce lobby des historiens très influent sur un establishment totalement déboussolé et en mal de repères théoriques, a empêché d’inscrire le bicentenaire du général Alexandre Dumas au calendrier des commémorations nationales 2006comme il avait empêché d’inscrire le bicentenaire de l’abolition de l’esclavage au calendrier des commémorations 1994»déclarait Claude Ribbe.

La colonisation une œuvre non philanthropique

Depuis le début du 14ièmesièclesortie de la peste qui avait fait 50 millions de morts sur le continent européen les Européens vont à la conquête d’autres continents laquelle s’est transformée en pillages systématiques des ressources humaines et naturelles de ces lointaines contrées. Les grandes puissances de l’époque l´époque étaient l´Espagne et le Portugal; c´est le début de l´époque des conquistadors: une période riche en crimes contre l’humanité dont sont victimes«les sauvages»en pillage. En effet, pour la seule ville de Séville entre 1520 et 156086 tonnes d´or et 574 tonnes d´argent furent ramenées de ces expéditions criminelles. Cette ruée vers la «terre promise» que sont les continents des «indigènes» était devenue l’objet d’une rude concurrence entre les anciens conquérants et les nouveaux France Angleterre Hollande Italie Allemagne.
Les peuples mayas aztèques incas, les indiens d´Amérique furent pratiquement dépouillés et exterminés au gré des découvertes et des colonisations. Puis ce fut pour remplacer les populations exterminées ou épargnées mais en piètre façon ou en fuite dans les forêts et les hauteurs que la chasse à l’homme noir fut ouverte avec la traite négrière. 100 millions de vies furent arrachées à l’Afrique en 400 ans (du 16èmeau19ème). Les occupations ne se sont pas faites sans résistances des «sauvages».Par exemple au Ghana (Gold Coast les ashantis furent, avant l´invasion européenne d’excellents forgerons.
Ils fabriquèrent leurs propres fusils qui les ont permis de résister à l’assaut des Anglais pendant cinq ans. Ces derniers colonisèrent définitivement le pays en 1871 après les occupations du pays par les Portugais et les Hollandais. Dans un discours Jules Ferry disait «…Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures...».
Cet argument de la mission civilisatrice de la France pour justifier la colonisation est une prolongation de l’arrêté raciste de l’Empereur Napoléon Bonaparte sur les peuples indigènes (la race inférieure)et qui de nos jours est «modernisé» afin de l’adapter à notre époque.
La loi du 23 février 2005 en son article 4 persiste dans cette philosophie de complexe de supériorité mieux encore l’enseigner dans les écoles permettrait d’assurer la pérennité de la domination de l’empire coloniale français par les futurs colonisateurs

La raison fondamentale de la colonisation est la conquête de territoires et de richesses d’une Europe en pleine révolution industrielle, ayant un fort besoin de matières premières de débouchés, et d’espaces. Cette expansion territoriale et économique débutée sous l’Ancien Régime fut à l’époque admise comme telle. Sous le Second Empire vient s’ajouter aux arguments économiques et politiques la mission civilisatrice. Celle-ci est justifiée par un discours raciste. Ainsi sont élaborées le mythe du bon sauvage et la théorie de la table rase qui faisait des terres colonisées des lieux sans Culture et sans Histoire qu’il convenait de sortir de la nuit de la sauvagerie. Ces idées communément répandues trouvèrent leurs défenseurs chez certains penseurs tels que Voltaire, Rousseau Ernest Renan R.P.Muller. La théorie raciste de la supériorité de l’homme blanc connut son essor.
Dans son discours sur la colonisation paru en 1953Aimé Césaire écrit :« De la colonisation, il ne s’agira cependant « ni d’une entreprise philanthropique ni de volonté de reculer les frontières de l’ignorance de la maladie, de la tyrannie ni d’une extension du droit ». L’œuvre coloniale a pillé vidé des sociétés de leurs richesses, ravagé des cultures ruiné leurs magnificences artistiques, décérébré leurs élites, institué le code de l’indigénat et l’infériorité des indigènes humilié et massacré des populations torturé, imposé les travaux forcés, dépersonnalisé les sociétés colonisées, aliéné ses populations, transformé ses fils en chair à canon c’est le cas des jeunes africains arrachés du continent pour combattre en première ligne pour la libération de la France du Fascisme.
Les rares infrastructures construites par les colons n’étaient jamais pour le bien-être des populations mais au service des profits de l’économie capitaliste de la métropole qui pille les ressources humaines et naturelles. Par exemples les routes, chemins de ferles ports servaient au transport des minerais des hommes de troupes pour mater les révoltes des paysans ou pour acheminer les nouveaux soldats africains vers le front de bataille européenne via les ports, les rares écoles d’indigènes limitaient l’instruction à la formation de rares alphabétisés noirs pour suppléer à l’administration coloniale. Après 4 siècles d’esclavage et de colonisation prolongés par le néo-colonialisme actuel les pays capitalistes et leurs multinationales continuent d’accroître leurs profits insatiables au détriment des millions des vies humaines. Ce système a même produit des individus dont les fortunes individuelles dépassent le PIB de certains pays du Sud.
Selon le classement 2006 du magazine Forbes des plus grandes fortunes de la planète le fondateur de Microsoft Bill Gates conservant sa place d'homme le plus riche du monde. D'une année sur l'autre le classement a accueilli 102 nouveaux membres pour passer à 793 personnalités qui détiennent ensemble 2.600 milliards de dollars. Avec une fortune de 50 milliards l'Américain Bill Gates trône en tête du classement pour la douzième année consécutive.
Le monde compte aujourd'hui 793 milliardaires qui totalisent une fortune totale de 2.600 milliards de dollars. En un an le nombre de milliardaires a augmenté de 114soit une hausse de 15%.

Selon le «Rapport annuel sur les tendances de l'emploi dans le monde» du BIT(Bureau international du travail)en 2005après deux années consécutives de baisse et malgré une croissance économique mondiale de 4,3%le nombre de chômeurs a augmenté de 2,2 millions d'individus portant son total à 191,8 millions. En tenant compte del'augmentation de la population active le taux de chômage mondial reste à 6,3%.

Le CAC 40 (les 40 plus grands groupes français) ont encore réalisé des bénéfices record en 2005,en augmentation de plus de 50% par rapport à ceux de l'année précédente qui avaient déjà bondi de façon spectaculaire. Au total, les entreprises de l'indice phare de la Bourse de Paris auront dégagé l'an dernier quelque 86 milliards d'euros de bénéfice, contre 57 milliards en 2004, déjà en hausse de plus de 60% selon le Nouvel Observateur.

En conclusion les milliards et les multinationales progénitures du système capitaliste se sont enrichis en pillant les ressources naturelles et en exploitant les travailleurs de tous les continents et toutes les couleurs. L’affrontement entre les systèmes capitaliste et socialiste, la lutte de classe entre exploités et exploiteurs reste toujours d’actualité à la lecture de ces chiffres de profits capitalistes.

La colonisation de l’Afrique c’est l’exploitation des travailleurs et le pillage des ressources naturelles. Walter Rodney, célèbre et grand panafricaniste disait:«le développement est un processus de progrès vers lequel tous les peuples sont engagés au cours de leur existence via le développement de structures sociales la régulation des relations internes ou externes l’amélioration de l’économie…À contrario le sous-développement est la perversion de ce processus naturel qu’est le développement».
Pour Rodney c’est la colonisation européenne de l’Afrique qui a entraîné son sous-développement alors que l’Europe elle-même avait poursuivi son processus de développement sans interruption.
Selon l’historien guyanais, l’Afrique de l’Ouest a connu une «perte d’opportunités de développement» parce que l’innovation a été entravée par la ponction de populations jeunes lors de l’esclavage et par l’importation de biens et de technologie occidentale. Puis pendant la période coloniale, l’administration coloniale fonctionnait à la fois comme exploiteur économique et soutien des exploiteurs privés, et le processus de sous-développement continuait.
Le développement de l’occident a été largement financé par les profits tirés de l’esclavage, le pillage des matières premières et l’exploitation des travailleurs.
Le système hérité de la colonisation était conçu pour former les supplétifs de l’administration coloniale mais surtout en forgeant l’esprit des« sauvages» à accepter la domination du blanc comme étant une volonté divine. Cette colonisation culturelle et mentale continue d’avoir des fâcheuses répercussions sur l’évolution du continent africain. Le surendettement imposé par les taux d’intérêts très élevés les présences des bases militaires occidentales sur le Continent le pillage des cerveaux (immigration choisie)le refus de transférer la technologie en Afrique le réduisant uniquement au rang de consommatrice des produits occidentaux…sont autant des raisons qui justifieraient le retard du continent berceau de l’humanité.

La colonisation française est jonchée de millions de cadavres. L’ouvrage de Jacques Morel«Calendrier des crimes de la France Outre Mer»Editions Esprit Frappeur 2001,décrit une chronologie synthétique des crimes coloniaux.

- Une nouvelle forme d’esclavage a été développée par le colonisateur. Le travail forcé s’est progressivement substitué à l’esclavage et n’a pas été moins meurtrier. La construction du chemin de fer de Brazzaville à Pointe (Congo-Océan)commencée en 1921 s’acheva en 1934. On estime son coût à 18000 morts soit près de 36 par kilomètre. Le gouverneur de l’époque Antonetti déclara:«Il faut accepter le sacrifice de 6000 à 8000 hommes » (revue histoire et patrimoine août 05).Dernière précision il aura fallu attendre 1957 pour abolir le travail forcé.
- Le 24 septembre 1945 au Cameroun Les colons tirent sur les grévistes de L'USCC (Union des Syndicats Confédérés du Cameroun)syndicat créé sous l'impulsion du Français Gaston Donnat et soutenu par la CGT ayant organisé une grève à Douala«le colonat et le patronat blancs exaspérés jusqu'au paroxysme, s'agitent».Après le saccage de quelques édifices par de jeunes désœuvrés africains vraisemblablement manipulés par le colonat les Blancs s'emparent d'un dépôt d'armes et organisent une chasse punitive contre les syndicalistes. L'estimation officielle est de 80 morts.

- l’oubli du sort des vieilles colonies et donc de la départementalisation des Antilles en 1946. L’histoire coloniale des Antilles doit être reliée à la traite négrière, à l’esclavage et aux révoltes qui ont précédé son abolition. La France a déporté 1.200 000 Africains ce qui a causé au moins six millions de morts selon Claude Ribbe.

- Le 8 mai 1945en pleine célébration de la «victoire contre le fascisme»,les Algériens de Sétif réclament leur part de liberté et s'insurgent. L'armée et des milices de colons massacreront plus de 40.000 personnes.

- À partir du 29 mars 1947, à Madagascar, la France va perpétrer un massacre sans précédent. Sous prétexte que des militants indépendantistes malgaches voulaient prendre des armes à la caserne de Moranmanga l'armée française massacre la population civile de tous les villages voisins et les incendient. Le bilan effroyable se chiffre à 100.000 morts.
Sur ordre de Marius Moutet ministre socialiste des colonies au cabinet Ramadier des renforts de l'armée française sont envoyés à Madagascar qui vont continuer à massacrer la population malgache. Dissimulé sous le terme de « pacification»c'est un véritable massacre raciste qui sera exécuté puis que c'est au cri de « mort aux cafards » que des milliers de civils sont abattus en visant à éliminer tout particulièrement les cadres de Madagascar. L'armée française en profite aussi pour tester de nouvelles armes sur la population malgache et sa stratégie anti-insurrectionnelle.

- Le «Camp de Thiaroye» au Sénégal est un camp de transit dans lequel les tirailleurs africains venus libérer la France de l’occupation nazie ont été station nés avant le retour définitif dans leurs villages respectifs. En y arrivant, certains avaient probablement déjà des appréhensions sur les intentions réelles de la France. Leurs frères d'armes blancs avec lesquels ils avaient partagé les joies les peines et les souffrances de la guerre avaient déjà touché leur solde et les diverses primes liées à leur statut. Bien qu'ils aient pris les mêmes risques et que nombre d'entre eux y avaient laissé la vie ou contracté des handicaps permanents, les tirailleurs n'ont pas (encore) été payés mais on leur a assuré qu'ils le seraient une fois en Afrique.
En Afrique ils sont entassés dans le camp de Thiaroye où dès le début le racisme et l'amnésie de certains gradés français doivent décevoir ces jeunes hommes qui ont été arrachés à l’Afrique pour défendre un pays des blancs mais qui sont désormais traités comme des sous-hommes par des personnages blancs souffrant encore du complexe de supériorité coloniale.
Subissant des traitements dégradants et humiliants ces jeunes tirailleurs noirs décidèrent de se mutiner pour réclamer leur solde. Ils étaient alors sans défense car désarmés et furent ainsi sauvagement massacrés à l’arme lourde (artillerie lourde dont des chars d'assaut) par l’armée française et sur ordre du Général et Commandant du camp. C’était le 1er décembre 1944 de triste mémoire. Le bilan fut terrifiant: près de 1400 tirailleurs furent assassinés sur les1800 que comptait le camp.

- L'écrasement de la rébellion des Bamilékés au Cameroun entre 1960 et 1963par l'armée française fut l'un des exemples les plus marquants. Cette « pacification» du Cameroun fit entre 150.000 et 300.000 morts. À la même époque l'armée française écrasa la révolte Bété en Côte-d'Ivoire.

- De 1945 à 1962il n'est pas d'année où l'Etat français ne mène une guerre coloniale. C'est la guerre d'Algérie qui va accélérer le processus de la décolonisation des colonies françaises. Cette décolonisation qui sans l’aide militaire diplomatique et financière des Ex-pays communistes (Urss, Chine populaire, RD Allemagne Roumanie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Cuba,…) n’aurait pas pu se concrétiser. Les mouvements de libération d’Afrique l’ANC en Afrique du Sud le MPLA en Angola, le FRELIMO au Mozambique, le PAIGC en Guinée Bissau le ZANU/PF au Zimbabwe, la SWAPO en Namibie…

Cet aperçu de quelques crimes français démontre si besoin était du «rôle négatif» de la colonisation française. Est- ce là le rôle positif dont on parle? D’autres affirment qu’il s’agit d’inciter le «sauvages» à entrer dans la modernité industrielle. Cependant hélas l’involution s’affiche partout dans le pré-carré car aucun de ces états ne connaît pas le moindre début d’industrialisation. La rencontre des «sauvages» avec la colonisation a généré une désorganisation socio-culturelle et économique qui a eu pour effet le retard que qu’affiche le affiche. Le cycle normal et naturel de notre évolution basé sur notre capital de connaissances a été interrompu par cette intrusion destructrice de la colonisation. Le désastre est grand! Si la colonisation était déférée à la barre de la raison et de la conscience universelle elle serait spirituellement et moralement indéfendable par conséquent condamnée à mort.

L’aspect positif de la colonisation est certes bénéfique pour les puissances occidentales qui pillent les ressources humaines et naturelles. Pour les «sauvages» dominés c’est la tragédie dont les conséquences continuent à se chiffrer à plusieurs milliers de morts par jour.
Peut-on parler de la supériorité de la civilisation occidentale dont le fondement est basé sur la force afin d’anéantir économiquement culturellement militairement les plus faibles? Cette philosophie de la force se traduit de nos jours par de nombreux exemples (occupation de l’Irak par les USA soutien de la France aux criminels dictateurs africains …).
Nous vivons un monde foncièrement injuste où règne la loi de la jungle. En effet le droit de la force sauvage et brutale prime sur la force du droit international. Tragique mission civilisatrice et bienfaisante ! Chaque peuple est libre de voter ses lois en fonction de ses besoins. Si le vote de la loi du 23 février 2005 correspond aux aspirations de la population française si cette loi est positive pour elle, elle est en revanche un affront un blasphème pour des millions de nos aïeux qui sont morts les armes à la main en combattant l’esclavage l’impérialisme et pour l’indépendance les Peuples africains.
Malgré les ressources colossales humaines (70% de jeunes ont moins de 30 ans) malgré les innombrables richesses minières (dont la hausse de prix par exemple celui du brut frôlant les 60 dollars le baril)malgré le nombre important des cadres hautement qualifiés…le continent noir vit dans un dénuement total. Les masses populaires subissent de plein fouet une paupérisation en croissance exponentielle. Les causes sont exogènes et endogènes et surtout interdépendantes. Où vont ces richesses et pourquoi ne servent-elles pas au bien-être social des Peuples malgré leurs exploitations?
Les réponses à ces questions se trouvent dans l’éternel débat de projet de société en clair la dualité entre le système capitaliste et ses multinationales qui exploitent et pillent les richesses de l’Afrique d’une part et d’autre part les légitimes aspirations des peuples africains au système socialisme. Seul le système socialiste est à même de garantir le contrôle l’exploitation des richesses nationales et surtout de faire garantir par l’Etat l’égalité de chances pour tous et une distribution équitable des richesses nationales.
Les luttes implacables menées par l’impérialisme international et le système capitaliste contre les régimes nationalistes et/ou d’inspiration socialiste sont une preuve du choix imposé à notre continent par le système capitaliste.Les assassinats des leaders tels que Thomas Sankara Samora Machel Amical Cabral Marien Ngouabi Patrice Lumumba, Um Nyombé…ou le blocus imposé à Robert Mugabé au Zimbabwé par l’impérialisme nous rappellent si besoin est de la détermination des multinationales capitalistes de maintenir l’Afrique en esclavage afin d’assurer leur pérennité mais aussi de garantir le niveau de vie des populations du Nord.
La domination de l’impérialisme français (la Françafrique) dans le pré-carré a été largement décrite par François-Xavier Verschave dans ses ouvrages notamment «noir silence: qui arrêtera la Françafrique ?» Editions les Arènes Paris 2000. Ce chef d’œuvre politique engagé stigmatise les atroces souffrances que vivent les Peuples africains sous la férule des dictateurs. Ces tyrans sont soutenus financièrement militairement et diplomatiquement par la France. Ils sont imposés aux Peuples. C’est le cas du Général-Président Idriss Déby Itno au Tchad qui en 16 ans a assassiné plus de 25.000 Tchadiens selon les rapports des associations des Droits de l’Homme. Sans le parapluie de la France les multiples mouvements armés légitime expression du peuple insurgé aurait mis hors d’état de nuire le tyran.
L’immigration africaine vers le Nord et notamment vers la France est la conséquence de cette domination et pillage impérialistes. Si on laissait librement nos Peuples choisir ses dirigeants et son modèle de société l’Afrique aurait déjà atteint un niveau de bien-être social qui serait l’antidote à l’immigration.

À force d’imposer à nos Peuples des Présidents criminels corrompus et pilleurs de deniers publics placés dans les banques occidentales La France contribue ainsi directement à la paupérisation des masses populaires. Ces dernières accumulent ainsi la rancœur et finiront un jour par déclencher une révolution pour se libérer de ce joug par tous les moyens. C’est une question de survie des Peuples.

Ce droit intangible des Peuples à se libérer de toute oppression et domination impérialiste a été stipulé dans la Déclaration universelle des droits des peuples d’Alger du 4 juillet 1976.

Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum
Rédacteur en Chef de Alwihda, partenare de Nlsguinee
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