Guinée: Le temps joue contre l’opposition
Samedi 18 mars 2006
"L'excès de toute chose est nuisible ", dit l'adage. C'est pourquoi, les experts en communication estiment que la surmédiatisation produit toujours l'effet inverse.
La vieille sagesse populaire ne dit-elle pas qu'à force de caresser un oiseau, on risque d'abîmer son plumage et de casser ses œufs Or, depuis l’arrivée de multipartisme, contre toute logique et contre toute clairvoyance, des opportunistes hypocritement appelés politiciens ont engagé la République dans un engrenage et un cercle vicieux de soutien et de maintien au pouvoir de Conté, un pouvoir vomis pourtant par ceux qu’ils prétendent incarner les aspirations légitimes.
Ils crient et surinforment le peuple de « la fin de règne », mais ils ne sont jamais prêts de faire un compromis de n’importe quelle nature que ce soit pour obtenir cette « fin de règne». On se rappellera le jeu de certains chefs de parti politiques supposés « opposants » à la validation des élections législatives passées ; la démarche d’autres à proposer et soutenir la création de ‘’CENA’’ qui pourtant n’avait aucune crédibilité d’organiser les élections communales et communautaires.
Aujourd’hui nous assistons le tour d’autres de mettre le bâton dans les roux de l’opposition. Une cinquantaine de partis politiques sont agréés en guinée seul le tiers assiste à ‘’l’Assise nationale du 17-21 Mars 2006’’.
L’histoire est un témoignage qui repose sur la vérité.
La guinée à l’instar des pays Ouest africain n’échappera pas à l’un des trois scénarios :
1- En mars 1991 LE PEUPLE MALIEN se leva comme un seul homme pour exprimer le ras de bol général qui a traumatisé et remis en cause leur espoir, appuyé par l’armée républicaine, LE PEUPLE MALIEN se détacha de son régime encombrant en isolant le maître de leurs maux, Moussa Traoré. Donc le populaire était le PEUPLE MALIEN, le nouvel homme fort était le PEULE MALIEN, pas Amadou Toumany Touré.
Et c’est pour quoi ATT n’ayant aucune chance de se présenter à l’élection présidentielle il était obligé d’organiser une élection libre et transparence entre les politiciens standard au risque de connaître le sort de son prédécesseur Moussa Traoré par le PEUPLE MALIEN qui est désormais son propre libérateur !
Ce scénario n’est pas imaginable pour la guinée vue la division ethnique de son peuple et le comportement flottant de certains leaders de partis politiques.
2-En décembre 1999 la Côte d'Ivoire vit un coup d'Etat qui renverse le président Henri Konan par la junte militaire dirigé par l’ex chef d'Etat major, le général Robert GUEI, c’est l’armée qui était désormais populaire et forte mais pas le peuple ivoirien car la prise du pouvoir sans l’appuis du peuple ; sans la complicité des leaders politiques et sans la contribution des acteurs de la société civile, le général se croit le maître du jeu et ne craignant aucun soulèvement populaire donc le nouvel homme fort du pays ne pouvait qu’organiser une élection dont il sera candidat et l’élu du peuple ivoirien. Entre temps une prise de conscience peu tardive du peuple ivoirien, isolera l’armée de la gestion de leur patrie.
Il est temps pour l’opposition guinéenne de coordonner une action de soutien au tour d’un programme de sauvetage dans l’intérêt l’exclusif du peuple guinéen pour atteindre cette « fin de règne », car en politique chaque désordre germe son nouveau leader.
3- un événement inattendu est venu compliquer davantage la crise togolaise après la mort du général président Eyadema : la malheureuse prévision s’accomplie malgré les protestations de l’opposition togolaise et celle de la communauté internationale, c’est l’élection plutôt le couronnement du fils Faure Gnassingbé, l’héritier désigné du président Eyadema.
Ce scénario peut être possible en guinée et on ne parlera plus de « fin de règne » mais plutôt « une continuité de règne. » de sa famille sociale ou/et politique ! Car la fin de Conté n’est pas forcement une fin de règne.
Aux faucons politiques guinéens ; aux alchimistes des coups tordus dont usent tant d’autres, l’heure est grave !
Si grave que le retournement de vestes ne passe plus inaperçu de bien vouloir se joindre aux aspirations légitimes du peuple guinéen.
La grève des travailleurs vient de prouver que le compromis et possible en guinée si les leaders veulent, elle prouve aussi que seule la violence peut faire reculer ce régime têtu.
Le refus de la libération des ondes ; le refus de dialogue avec l’opposition ; l’injustice contre les hommes d’opinion prouve largement une « continuité de règne», pas une « fin de règne » c’est aux peuple et ses leaders de jouer et l’histoire appréciera la part de responsabilité de chaque guinéen et guinéenne.
Par Lamine Kaba
DAKAR (Sénégal)
E-mail : laminekaba10@yahoo.fr
Une Correspondance pour Nlsguinee.com
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