Togo : Silence, on nomme !
17 juin 2005
Eyadémon est mort, vive Gnassingbé ! Pour qu’à petit feu, meure le Togo ! C’est le constat cynique et quasi immanquable que l’on peut dresser aujourd’hui, après le retour aux affaires de «l’Intellectuel» de toujours, qui a presque tout dirigé et tout vendu sur le continent africain. Le nouveau Premier Ministre du Togo n’a pas trouvé mieux que de s’agenouiller devant Faure Gnassingbé pour exhiber son allégeance et promettre de servir de vernis juridique à un régime qui constitue à la fois, le mal et la honte de l’Afrique. Exactement comme il avait servi le régime éhonté de Gnassingmbé Eyadéma, le père de Faure, et la perte du Togo.
En acceptant, en démarchant le poste de Premier Ministre de Faure, Edémon Kodjo a fermé un chapitre de l’histoire récente de son pays. Il a mis fin à la lueur d’espoir qui aurait pu naître d’un gouvernement de réconciliation nationale. Tapi dans l’ombre, les yeux et le ventre largement ouverts, l’ex de la Sorbonne, de la BCEAO, de la défunte OUA et de la primature primitive de feu Eyadéma, a fini par s’accaparer purement et simplement, du poste qui aurait pu être un élément clé dans la normalisation progressive de la situation togolaise. Pour une fois, le poste de Premier Ministre ne devrait pas revenir à Edem Kodjo. Il l’a pris trop tôt. Le poignard derrière le dos.
Le nouveau premier ministre de Faure Gnassingbé pourrait bien être considéré comme le symbole de cette nouvelle génération de faux cadres africains que l’excès d’appétit et le manque de nationalisme ont poussé vers la plus sale des besognes, celle-là même qui consiste à conduire l’Afrique à sa seconde perte.
Tout le monde sait que les caciques d’Eyadéma ont déployé le maximum d’efforts pour s’accrocher à un pouvoir clanique vacillant, qui a littéralement empêché les Togolais de respirer l’air de la liberté et du bien-être, depuis l’accession de ce petit pays à l’indépendance. A la mort du père, le fils a carrément plongé dans les combines des clans et des salons, pour déboucher sur un coup d’Etat militaire en bonne et due forme. Avec tout l’appétit, toute la démagogie, toute la désinvolture des militaires de feu Gnassingbé. Edem Kodjo le sait. Il sait aussi, que son rôle d’intellectuel aurait dû consister à traîner Faure Gnassingbé devant les tribunaux, comme l’exige la loi togolaise. Pour avoir fomenté le coup. La constitution togolaise fait de l’organisation d’un coup d’Etat, un crime imprescriptible. En acceptant le poste de premier ministre, l’ancien secrétaire général de la défunte OUA a rejoint les rangs de ceux qui, indexés par l’Afrique martyre, victime des agissements de ses propres fils, ne manqueront pas de se faire épingler par l’histoire de ce continent et de se voir condamner par les générations futures d’un Togo à présent meurtri.
Malheureusement, Edem Kodjo risque de ne pas s’ennuyer devant le tribunal de l’histoire africaine. Il pourrait bien se trouver au prétoire avec des anciennes Excellences de notre CEDEAO chérie, qui n’avaient pas mieux que de manger dans la cuisine du Général Eyadéma. Certainement que pour eux, la honte consisterait à ne pas payer cette dette. Hélas !
source : Le Lynx, visitez le Lynx au www.mirinet.net.gn/lynx/
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