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Articles
Guinée : Le Manifeste de Barry IV

  vendredi 17 mars 2006   

Pour une transition démocratique en Guinée.

Table des Matières :

I. Introduction

II. Des avantages du Manifeste de Barry IV

III. La crise socio-économique de la Guinée

IV. Considérations essentielles sur la Guinée

V. Les conditions de réussite d’une Transition Démocratique en Guinée

VI. La Mission des organes et des dirigeants de la Transition
A. Le Président de la Transition
B. Le Conseil de Transition
C. Le Gouvernement de Transition

VII. Des hommes et des femmes de valeur pour diriger la transition
A. Président de la République : Madame Rabiatou Serah Diallo
B. Vice-président du Conseil de Transition : Dr. Ibrahima Fofana
C. Premier Ministre : Mr. Jean Marie Doré
D. Ministre de l’Economie et des Finances : Mr. Mori Diané
E. Ministre de l’Education Nationale : Madame Dominique Bangoura
F. Ministre de la Défense Nationale : Commandant Yaya Sow

VIII. Comment se débarrasser du régime de Lansana Conté ?

IX. Pour la défense de la patrie

X. Conclusion

I. Introduction :

Plus de 46 ans après notre indépendance, la Guinée se trouve à la croisée des chemins. De quel côté allons-nous tourner ? Allons-nous éviter le scénario ivoirien qui a conduit ce pays à la division et à l’autodestruction ? Allons-nous emprunter le chemin de l’unité et de la réconciliation nationale ? Allons-nous choisir un avenir d’espoir, de paix et de prospérité ?

Aujourd’hui, l’Etat Guinéen est en faillite. Il n’est plus en mesure de fournir un seul service public à sa population. Les Guinéens ont perdu toute confiance à l’Etat. Le pays traverse l’une des plus graves crises socio-économiques de son histoire. Cette crise nous interpelle tous. Nous devons tous contribuer à surmonter cette crise liée à l’incompétence de nos deux premiers présidents. Ils nous auront laissé un héritage très explosif.

La vie d’une nation comme la nôtre est devenue une succession continue de problèmes et de difficultés. Les crises socio-économiques sont devenues inévitables en Afrique. La plupart des nations africaines rentrent et sortent des crises de façon régulière. Notre capacité à résoudre les problèmes liés à la crise actuelle et à prendre les bonnes décisions avant d’agir détermineront notre succès en tant que nation. Devant chaque crise, nous devons déterminer le plus mauvais scénario possible pour la patrie. Ensuite, nous devons prendre toutes les dispositions pour nous assurer immédiatement qu’il ne se produise pas. Chaque crise qu’elle soit économique, politique ou sociale, comporte un message et présente une opportunité. Une crise est une indication que quelque chose ne marche pas dans le pays et que suivre la même ligne de conduite ne ferait qu’aggraver la crise. Devant la crise actuelle, nous devons prendre du recul pour un moment afin d’essayer de voir le changement qui essaie d’intervenir dans le pays. Nous devons lire le message contenu dans la crise pour saisir l’opportunité qu’elle nous offre.

Malgré la gravité de la situation, je n’ai pas abandonné mon espoir pour le pays. Mon désir pour le bonheur des Guinéens reste très intense. Je reste positif et très optimiste pour la patrie. J’ai une grande confiance au peuple de Guinée. Un peuple vaillant, courageux, déterminé et très fier. Je suis convaincu que les Guinéens trouveront avec détermination leur chemin vers un avenir meilleur. Je suis convaincu que la crise actuelle servira de tremplin pour l’instauration d’un Etat de droit dans notre pays. En tant que leader d’un parti politique, j’ai le devoir de donner une vision claire, fixer les objectifs et donner le ton pour tout le pays. Je dois visualiser le futur à envisager, un futur partagé par la grande majorité des Guinéens. Je doit clarifier pourquoi envisager un tel futur. Ensuite, je dois montrer le chemin à suivre, et baliser ce chemin pour permettre au peuple de Guinée d’avancer avec confiance et optimisme. Je dois expliquer le cheminement point par point, étape par étape. C’est là mon devoir de leader envers la patrie.

II. Quelques avantages du Manifeste de Barry IV

1. Ce Manifeste est une solution de sortie de crise. Il met au point les solutions de la crise et les formules de l’action pour faire partir Lansana Conté. Il montre comment nous débarrasser du régime de Lansana Conté pour instaurer une transition démocratique qui doit aboutir à un transfert du pouvoir au vainqueur des urnes. Il peut donc servir de base à un compromis laborieux entre les leaders politiques du pays pour la mise en place d’un gouvernement d’union nationale de transition.

2. Le Manifeste de Barry IV tient compte des ramifications profondes de la victoire des syndicats des travailleurs suite à « la grève des 5 jours ». La réussite de cette grève a restauré la confiance et redonné l’espoir à toute la nation. Ainsi, ce Manifeste tient compte des réalités politiques et sociales les plus récentes qui dominent dans le pays. Il répond la question que se posent tous les Guinéens : La victoire des syndicats, et après ?

3. Le Manifeste du COTRADEG favorise les partisans de l’ordre ancien et les dignitaires du régime de Lansana Conté. Il favorise le PUP. Il veut faire de Somparé un roi au détriment de l’ensemble du peuple de Guinée. Le Manifeste de Barry IV ne favorise pas un groupe par rapport aux autres. Il ne favorise pas une ethnie donnée par rapport aux autres. Il ne favorise pas un leader donné par rapport aux autres. Il est neutre et favorise le peuple de Guinée dans son ensemble. Il place le peuple de Guinée au centre des préoccupations.

4. Le Manifeste du COTRADEG insiste sur le respect du schéma tracé par Lansana Conté, à savoir un transfert du pouvoir à Mr. Aboubacar Somparé, sans se soucier des conséquences dangereuses pour le pays. En effet, à l’image de la Côte d’Ivoire voisine, une prise du pouvoir par Aboubacar Somparé conduirait à une résistance armée et éventuellement la division du pays en zones de guerre contrôlées par des milices armées. Le schéma tracé par le COTRADEG ne réserve rien de bon pour la Guinée. Aboubacar Somparé y serait le seul gagnant. Le Manifeste de Barry IV se place dans une perspective à long terme. Il se soucie de l’unité future du pays. Il veut maintenir la cohésion du tissu social. Il se soucie des conséquences de nos choix et décisions en termes de ce qu'ils représenteront pour la Guinée dans cinq, dix, quinze, voire vingt ans à partir de maintenant.

5. Comme le COTRADEG, les leaders de l’opposition font un excellent travail quand il s’agit de décrire la souffrance de la population Guinéenne (les pénuries d’eau, de riz, d’électricité, de soins de santé, des transports publiques,…) et la situation de crise que traverse notre pays (la maladie du Chef de l’Etat, le problème de l’armée, le dysfonctionnement du gouvernement, la faiblesse du Premier Ministre, la corruption généralisée, les fraudes électorales, la chute du pouvoir d’achat, le chômage chronique, l’inflation, la dette extérieure, le problème fiscal, le déficit budgétaire, …). Mais, ils ont du mal à montrer le chemin qu’il faut suivre pour sortir le pays de cette crise. Le Manifeste de Barry IV explique avec précision les étapes à suivre pour arriver à la solution souhaitée par le peuple de Guinée. Au lieu de fixer le regard sur le problème, il se focalise sur la solution du problème.

6. Le Manifeste Guinée 2010 ODYSSEE DE L’IMPASSE quant à lui, propose l’idée d’un homme de consensus comme à l’indépendance en 1958. De nos jours et dans la pratique, il est impossible de réaliser une telle unité dans le court terme. En 15 ans, il y a eu plusieurs tentatives qui ont malheureusement échoué. Le Manifeste de Barry IV soutient qu’au lieu d’un homme de consensus, il faut à la Guinée des hommes et des femmes de consensus, compte tenu de la complexité des problèmes qu’il faut résoudre. Il va même plus loin pour nommer les hommes et les femmes de consensus.

7. Le Manifeste de Barry IV est basé sur le principe du pragmatisme. Il a tiré ses leçons du succès et de l’échec des pays voisins. Il tient compte d’un autre principe essentiel : Pour qu’une théorie soit valide, elle doit se vérifier dans la pratique. Le Manifeste de Barry IV est essentiellement tiré de la transition démocratique vécue au Mali. Un scénario qui a résisté au test du temps. Un processus qui avait débuté à Bamako le 22 Mars 1991 et placé le pays sur la voie de la justice sociale, de l’unité et de la démocratie.

8. Le Manifeste de Barry IV est très réaliste. Il insiste sur le fait que le changement du système doit prendre la priorité sur l’organisation des élections. Le recensement de la population, la révision du fichier électoral, la CENI, le financement des partis politiques, le statut de la société civile, les observateurs neutres n’auront aucun impact réel tant que le système ne sera pas démoli. Il n’y aura pas d’élections libres en Guinée tant que des hommes comme Lansana Conté, Aboubacar Somparé, Fodé Bangoura, Kiridi Bangoura et Kerfalla Camara occupent les avant-postes. Ces bandits ont pris le peuple de Guinée en otage. Avant de parler d’élections en Guinée, il faut d’abord chasser ces preneurs d’otage et libérer la patrie.

III. La crise socio-économique de la Guinée

Compte tenu du travail très pertinent sur la description des difficultés de la population Guinéenne effectué par mes prédécesseurs (les leaders de l’opposition, le COTRADEG, Mr. Bokoum et beaucoup d’autres Guinéens), je ferai ici l’économie d’un développement long et fastidieux. Cependant, il est nécessaire de relever quelques points essentiels :

1. Un leader courageux doit accepter ses responsabilités. Il ne doit jamais fuir les problèmes du pays. Un problème ne va pas s’évaporer bénévolement dans le temps. Ignorer un problème ne peut jamais le faire disparaître. Fuir un problème, en feignant qu’il n’existe pas, ou avoir peur d’en parler est une forme de trahison. Personne ne peut nier aujourd’hui que le régime de Lansana Conté est un régime tribal. L’armée, le gouvernement, l’administration, l’assemblée nationale, la banque centrale et le trésor public sont sous le contrôle d’une seule ethnie minoritaire, à l’exclusion de toutes les autres. Les quelques personnalités issues des autres ethnies qui siègent dans le gouvernement et dans d’autres institutions de l’Etat n’ont aucune influence. Ils ne jouent qu’un rôle de figurant.

2. Dans l’armée, le recrutement se fait sur des bases ethniques. Les promotions obéissent à des règles arbitraires C’est ainsi que certains officiers Peuls ont été systématiquement écartés. Aussi, des officiers Peuls sont emprisonnés depuis des années sans aucune forme de procès. A la vérité, on ne peut pas construire une démocratie dans un pays où l’armée est sous le contrôle d’un seul groupe ethnique.

3. Les injustices du passé n’ont jamais été résolues et surgissent à la surface à chaque période de tension. Ces injustices ont pris une tournure purement ethnique. Aujourd’hui, la Guinée offre le spectacle d’une chaudière perpétuellement sur le point d’exploser. Nous ne pouvons pas ignorer le danger. En juillet 2005 à Nabaya, la mort accidentelle par balle d’un malinké par un jeune peulh a montré la fragilité du tissu social de notre pays. Des centaines de jeunes Malinkés avaient attaqué, en représailles, des magasins appartenant à des commerçants Peuls établis dans la ville de Kankan, créant des tensions entre nos 2 communautés. Pour éviter de telles situations, nous devons être proactifs. Nous devons sans délai réconcilier nos communautés.

4. Il n’y a qu’une seule voie pour une véritable réconciliation nationale en Guinée : La réhabilitation totale et complète de Diallo Telli, ce grand héro d’Afrique qui fut le Premier Secrétaire Général de l’OUA et qui fut assassiné dans les prisons du dictateur Sékou Touré. Pendant le règne sanglant de Sékou Touré, tous les Peuls avaient subi dans leur chair et dans leur âme des blessures très profondes. Malgré tout, aujourd’hui, les familles des victimes sont prêtes à pardonner. Mais pour pardonner, il faut d’abord identifier, juger et condamner les auteurs et les responsables des crimes et réparer les préjudices subis par les victimes. La mise en place d’une commission de vérité conforme aux règles du droit international est indispensable. La réparation des préjudices (article 21 de la Charte africaine des droits de l'homme et article 5 de la Charte européenne des droits de l'homme) doit inclure une pleine restitution, comprenant le rétablissement de la situation antérieure, la réparation des conséquences de la violation et l'indemnisation des dommages, y compris le préjudice moral. Tôt ou tard, l’Etat Guinéen doit assumer ses responsabilités, étant donné que les atrocités commises étaient l’œuvre du Chef de l’Etat (Sékou Touré) et des hauts responsables de son gouvernement (Siaka Touré, Ismaël Touré, Mamady Keita, Karim Keira, Toyah Condé…). L’Etat Guinéen doit s’acquitter de ses droits de réparation auprès des victimes. C’est comme une dette qu’il faudra payer un jour, d’une manière ou d’une autre. Tourner la page et oublier ne feront qu’approfondir le fossé entre nos ethnies.

5. Sous le régime de Lansana Conté, de nombreux crimes ont été commis. Il y a eu des crimes de sang et des crimes économiques. Pour mettre un terme au cycle de l’impunité dans notre pays, la vérité et la justice doivent être rendues. Je propose une justice sans vengeance. Une justice non pas pour une ethnie donnée, mais une justice pour l’ensemble du peuple de Guinée. Toutes les précautions doivent être prises pour empêcher les criminels de réoccuper les avant-postes dans une Guinée nouvelle que nous voulons démocratique et respectueuse des droits de l’homme. Aboubacar Somparé a les mains tachées de sang. Il était complice dans l’assassinat de plusieurs Guinéens sous le régime sanglant de Sékou Touré. Il doit s’expliquer de ses nombreux crimes devant un tribunal. Le peuple de Guinée réclame un total bouleversement politique.

IV. Considérations essentielles sur la Guinée

1. L’objectivité nous condamne à reconnaître que l’idée d’un leader de consensus est actuellement hors de portée au sein de l’opposition Guinéenne. L’unité que Sékou Touré avait réalisée en 1958, et utilisée de façon autoritaire pour insulter le Général De gaulle sans se soucier des conséquences ultérieures pour le pays, était une aberration hors du commun. Barry III du DSG (Démocratie Socialiste de Guinée) et Barry Diawadou du BAG (Bloc Africain de Guinée) avaient dû supprimer leurs partis politiques (sans condition) pour se rallier au PDG-RDA de Sékou Touré. Cette décision pourtant animée par le désir d’unité s’est avérée une faute politique grave. Barry III et Barry Diawadou paieront de leur vie. Ensuite, nous avons eu à subir les pendaisons publiques, le camp Boiro et le complot Peul. Aujourd’hui, la Guinée a changé. Aucun leader politique ne commettrait une telle erreur. On ne peut pas avoir un seul leader de l’opposition. On a plusieurs leaders de l’opposition et plusieurs visions.

2. Même à l’indépendance, il y avait toujours des visions opposées sur la voie que les Guinéens devraient suivre pour réaliser leur indépendance. Mais, en 1958, l’objectif était commun et très clair. La mission à remplir était évidente à la grande majorité des Guinéens. C’était l’indépendance de la Guinée. Par contre, aujourd’hui, nous traversons une période très ambiguë. La mission à accomplir n’est pas si évidente. Le chemin à parcourir est en perpétuel changement. Cela explique en partie le revirement spectaculaire de Bah Ousmane, les zigzags de Bah Mamadou et les pas en avant puis en arrière de Alpha Condé. Pour aller de l’avant, nous devons comprendre que les problèmes de la Guinée contemporaine sont trop complexes, diffus et divers pour qu’un leader de l’opposition puisse les surmonter tout seul.

3. On ne peut pas construire un grand projet de société sur le mensonge. La construction d’une nation solide doit se faire sur la base de la vérité. Le silence n’a jamais résolu les problèmes ethniques en Afrique. Il faut un dialogue sincère et ouvert, à l’image de l’Afrique du Sud de Nelson Mandela. Le premier pas à franchir pour résoudre un problème est de reconnaître qu’il existe. Aujourd’hui, il faut vivre dans une cave ou être aveugle pour affirmer qu’il n’y a pas de problème ethnique en Guinée. Pour preuve, après plus de 45 ans d’indépendance, la Guinée a l’un des plus faibles taux de mariages inter-ethniques en Afrique de l’Ouest. Tous les partis politiques ont pour base l’ethnie. Nous ne pouvons pas tolérer une telle situation si nous aimons notre pays et nous voulons garder son unité. Nous devons sans délai instaurer la justice. La justice est la base de tout. Sans justice, il n’y aura pas de réconciliation. Sans réconciliation, il n’y aura pas de paix. Sans paix, il n’y aura pas de démocratie et de développement. Nous devons donc nous surpasser pour bâtir les bases d’une nation unie et prospère.

4. Notre constitution ne vient pas de Dieu. C’est une création humaine. Elle a été écrite, modifiée et souvent violée suivant la volonté de Lansana Conté. Elle ne reflète pas la volonté du peuple de Guinée. Si le schéma tracé par Lansana Conté n’arrange pas le peuple de Guinée, nous devons le changer. C’était en violation flagrante de cette constitution que Lansana Conté s’était autoproclamé Président à vie. C’était en violation de cette même constitution qu’il avait emprisonné plusieurs députés (Alpha Condé, Bah Mamadou, Mamadou Barry, Thierno Ousmane Diallo, Koumafing Keïta, Mamady Yö Kouyaté et Ibrahima Kalil Keïta), sans la levée de leur immunité parlementaire. Cette constitution n’évoque qu’une douleur très profonde pour notre peuple. On ne doit pas permettre à Lansana Conté de se servir d’une telle constitution pour imposer son propre successeur. Le peuple de Guinée doit choisir son propre Président.

5. L’idée selon laquelle Mr. Somparé va assumer l’intérim et n’aura que des fonctions honorifiques est une solution de facilité qui n’arrange pas la Guinée. C’est de la tromperie pure et simple. Elle ferait de Mr. Somparé un roi très paresseux. La Guinée n’a pas besoin d’un roi. La Guinée a besoin d’un vrai Président issu de l’opposition. L’Afrique n’a jamais connu un seul Président honorifique. Avec son ambition démesurée pour le pouvoir et son appétit sans limite pour les honneurs, Somparé finira toujours par abuser le pouvoir. Il finira toujours par contrôler l'armée et le trésor public. Les solutions de facilité n’arrangent jamais un pays, seules les solutions courageuses paient. Mr. Somparé pourrait bénéficier de la plus haute décoration du pays s’il rendait le pouvoir à l’opposition. Dans le cas contraire, il doit répondre de ses nombreux crimes devant un tribunal.

6. Etre pragmatiste en politique, c’est parfois regarder son voisin pour apprendre de ses erreurs et de son succès. Tous les pays limitrophes de la Guinée ont connu une résistance armée. Une guerre civile en Sierra Leone. Une guerre civile au Liberia. Une guerre civile en Côte d’Ivoire. La rébellion Touarègue dans le nord du Mali. Une rébellion en Casamance au Sénégal. Une guerre civile et plusieurs coups d’Etats en Guinée Bissau. Sans doute, le bon Dieu veut nous épargner. Pour cela, nous devons apprendre des erreurs des autres. La participation effective de toutes les composantes ethniques du pays dans chaque décision concernant le futur de la Guinée constitue la seule garantie d’une paix durable, d’une liberté et d’une justice vraies. Les forces vives de la nation doivent plus que jamais œuvrer pour la réconciliation nationale.

V. Les conditions de réussite d’une Transition Démocratique en Guinée

Pour qu’une théorie soit valide, elle doit s’appliquer dans la pratique. Le modèle de transition contenu dans ce présent Manifeste est en grande partie basé sur le modèle de transition vécu au Mali voisin. Ensuite, on l’a adapté aux spécificités de la Guinée. L’idée-force du Manifeste de Barry IV est tirée d’un article intitulé « Mali : Autopsie d’une Transition » de Mr. Gaoussou Drabo, qui était en 1993, le Directeur Général de l’Agence Malienne de Presse et de Publicité (AMAP), paru dans le Magazine « Le Courrier No. 138, Mars-Avril 1993 ». Ainsi, les recommandations contenues dans ce manifeste ont fait leur preuve au Mali et permis ce pays d’avancer vers la démocratie sans dégénérer en crise politique ou en guerre civile comme en Côte d’Ivoire.

1. Pour réussir, une transition doit être menée sans turbulence. Il importe donc que les leaders de la transition (Président, Premier Ministre, Ministre de la Défense et Chef d’Etat Major des Armées) soient des personnalités acceptées de tous. Ce point en lui seul suffit pour écarter Mr. Aboubacar Somparé. Avec lui, il y aura à chaque instant une remise en question de sa légitimité. Les luttes politiciennes pourront déborder. Une résistance armée serait inévitable. Aussi, il n’y a pas le moindre doute, Somparé va abuser son pouvoir et modifier les objectifs de la transition sans consulter les forces politiques de l’opposition. Ainsi, nous ne devons pas suivre aveuglement une constitution si le résultat va conduire à la division du pays (l’exemple de la Côte d’Ivoire). C’est pourquoi, nous pensons que le schéma constitutionnel tracé par Lansana Conté et proposé dans le manifeste du COTRADEG constitue une solution très dangereuse pour l’unité future de la Guinée. C’est un schéma qui conduirait à une Somalisation de la Guinée avec une émergence de milices armées et des chefs de guerre, avec leur corollaire, la violence aveugle, les populations déplacées, la famine et les pertes de vies humaines.

2. Pour réussir, une transition doit éviter la cohabitation toujours conflictuelle entre les dignitaires du régime déchu (partisans de l’ordre ancien) et les partisans du changement. Ils sont idéologiquement incompatibles et inconciliables. Il faut éviter les sources de dissensions idéologiques au niveau des institutions qui dirigent la transition. Les partisans de l’ordre ancien qui ont des ambitions politiques seront libres de faire leur campagne et se présenter aux élections comme tout le monde.

3. Le principe de neutralité des armées vis-à-vis des partis politiques doit être respectée et imposée. Aujourd’hui, la quasi-totalité des officiers de l’armée peuvent mesurer les conséquences désastreuses d’une prise du pouvoir par l’armée. Notre pays subirait des sanctions de la part de la communauté internationale. Notre pays pourrait être suspendu de la CEDEAO avec un rappel des ambassadeurs des pays membres. Il y aura aussi une interdiction de voyager pour les dirigeants Guinéens et leurs familles. Pour notre part, dans l’éventualité où l’armée prenait le pouvoir, nous serions alors obligés de trouver des moyens (armes, lances roquettes, munitions,…) dont dispose l’armée pour défendre le pays et libérer la patrie. Nous allons combattre. On ne peut pas reculer.

4. Pour réussir, les ambitions politiques des dirigeants de la transition doivent être neutralisées. On ne peut pas être juge et partie. Il ne peut pas exister « deux poids deux mesures » dans une vraie transition. Il faut éviter que l’administration, la banque, le trésor et l’armée soient utilisés à des fins politiques. Les membres du gouvernement et tous les dirigeants de la transition (membres de la Commission Electorale et du Conseil de transition) ne seront pas autorisés à se présenter aux premières élections du pays. Ils ne pourront pas occuper des postes diplomatiques ou être membre d’un gouvernement pendant au moins 5 ans.

5. Pour réussir, une transition doit éviter un tiraillement entre ses institutions (la présidence de la République, le gouvernement, le conseil de transition et la commission électorale). Il y a donc lieu de permettre au Président de la Transition de cumuler les fonctions de président du gouvernement (branche exécutive) et de président du conseil de transition (branche législative).

6. Il faudra une unité d’action de toutes les forces vives de la nation. La transition Malienne est née de l’action conjuguée des jeunes (élèves et étudiants), de la centrale syndicale d’alors, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali, des formations politiques et de l’armée. Pour réussir, la Transition Guinéenne doit reproduire les mêmes conditions. Et c’est faisable ! En Guinée, nous avons en face un ennemi bien enraciné. Il utilise les moyens que le peuple a mis à sa disposition: armée, police, administration, finances, moyens de propagande et d’information pour conserver le pouvoir par la force. Pour vaincre cet ennemi commun, nous devons faire comme au Mali. Nous devons trouver un moyen très élaboré pour ramener dans le même camp toutes les forces vives de la nation (la société civile, les partis politiques de l’opposition, la jeunesse Guinéenne et l’armée). Comprenez-vous l’idée ? « Tous contre un, un contre tous ». Pour prévaloir, nous devons œuvrer ensemble, la main dans la main, pour l’instauration de la Démocratie dans notre pays.

VI. La Mission des organes et des dirigeants de la Transition

Les dirigeants de la Transition Démocratique auront pour mission de mener la transition au pas de charge pour déboucher sur un transfert du pouvoir au vainqueur des urnes. La transition Malienne fut l’une des plus courtes qu’ait connu l’Afrique (15 mois). La transition Guinéenne doit battre ce record. Elle doit être menée en 12 mois.

Sur le plan politique, la Transition aura deux tâches à accomplir : La tenue d’une conférence de réconciliation nationale (15 jours) et l’organisation d’élections libres et transparentes. Sur le plan économique, la mission du Gouvernement de Transition doit être de lancer un programme économique d’urgence pour soulager la population.

A. Le Président de la Transition

Le Président de la Transition aura pour mission :
1. De présider aux destinées de la Guinée pendant toute la période de transition
2. De remplir la double fonction de Président du Conseil de Transition et de Président du gouvernement de transition pour éviter un conflit d’autorité qui peut nuire la Transition démocratique. Au Mali voisin, ATT avait une double casquette ; celle de Président de CTSP (Conseil de Transition pour le salut du Peuple) et celle de Président du gouvernement. A ce titre, il avait fait preuve d’un « entregent particulier pour arrondir les angles entre les deux institutions ».
3. De restaurer la liberté d’expression, la liberté de pratiquer la religion de son choix et la liberté contre toute arrestation arbitraire. La démocratie ne saurait se limiter à la tenue d’élections auxquelles les Guinéens ne participeraient qu’une fois tous les 5 ans.
4. De veuillez à une amélioration sensible des conditions de vie des travailleurs Guinéens.
5. De la mise sur pied d’une commission électorale.

B. Le gouvernement de Transition

Le Premier Ministre de transition se chargera de la coordination des activités du gouvernement de Transition.
En outre, le gouvernement de transition doit s’engager à :

1. Garantir la sécurité de la population et réorganiser l’armée nationale guinéenne.
2. Prendre des mesures d’urgence pour combattre l’impunité et initier une réforme en profondeur du système judiciaire.
3. Réorganiser l’administration Guinéenne en vue de lutter contre la corruption et la dilapidation des biens de l’Etat avec la mise en place d’un système informatisé et des mécanismes de gestion transparente.
4. Satisfaire les familles des victimes du Camp Boiro dans leur quête de justice et de réparation.
5. Mettre en place un programme ambitieux d’encadrement en faveur de la jeunesse Guinéenne.
6. Mettre en action une diplomatie basée sur le principe de non-ingérence dans les affaires internes des pays voisins et orientée vers la réalisation des objectifs de la Cedeao et de l’Union Africaine.
7. Initier un vrai processus de décentralisation qui favorise un transfert des ressources vers les collectivités décentralisées.
8. Jeter les bases d’une véritable démocratie dans notre pays en favorisant la création de partis politiques à l’échelon national présentant des programmes viables, et d’une culture politique ayant le sens du dialogue.
9. Renforcer les capacités d’organisation de la société civile Guinéenne.
10. Mettre sur pied un programme élaboré de rénovation de toutes nos missions diplomatiques à l’étranger. Les ambassades de Guinée doivent faire la fierté de tous les Guinéens. Elles doivent avoir le même niveau de confort qu’une ambassade Française.

C. Le Conseil de Transition

Placée sous la direction d’un Vice-président, Le Conseil de Transition sera l’organe législatif de la Transition. Il doit jouer un rôle de « tuteur moral » au gouvernement de Transition, sans pour autant entraver l’autonomie d’action de ce dernier. Pour éviter un conflit d’autorité, le Président de la Transition sera en même temps le Président du Conseil de Transition. Les membres du Conseil de Transition seront choisis par une commission composée des représentants des formations politiques et de la société civile. Le conseil de transition peut :

1. Donner des avis sur le fonctionnement du gouvernement
2. Mettre sur pied une commission d’enquête pour faire la lumière sur la gestion économique du régime de Lansana Conté.
3. Mettre sur pied une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur l’affaire Diarra Traoré.
4. Mettre sur pied une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur les cas de disparitions, d’enlèvements, d’assassinats, d’exécutions sommaires et de violations grossières des droits de l’homme enregistrés sous le régime de Sékou Touré.
5. Mettre sur pied une commission d’enquête sur l’épuration arbitraire et illégale des cadres militaires Peuls et réorganiser l’institution militaire pour y assurer une représentation équilibrée de toutes les composantes ethniques du pays.
6. Poser des questions et entendre les Ministres sur l’action gouvernementale
7. Demander l’intervention du Président de la République sur des questions d’intérêt national.
8. Etre consulté par les membres du gouvernement. Le conseil de Transition et le gouvernement se réuniront au moins une fois par mois pour faire « un point » du processus de Transition.

VII. Des hommes et des femmes de valeur pour diriger la Transition

Le succès ou l’échec d’un projet de société repose essentiellement sur le leadership. Avec des bons leaders, une paix durable s’instaure dans le pays et la prospérité revient. Avec des mauvais leaders, le pays se désintègre et se couvre de ruines et de morts. Il en est de même pour toute organisation. C’est pourquoi, en période d’ennui, les organisations se trouvent naturellement un nouveau leadership. Par Exemple, quand une entreprise fonctionne à perte, on lui trouve un nouveau Directeur Général. Quand une équipe de football n’arrive pas à se qualifier pour les grands tournois, on lui trouve un nouveau sélectionneur ou entraîneur d’équipe. Quand un pays est en crise, les citoyens réclament un nouveau Président. Pour gérer dans la sérénité cette transition avec toutes ses contradictions internes, la Guinée aura besoin des leaders de très haut niveau à tout point de vue. Nous aurons besoin des leaders courageux, patriotes, responsables, crédibles, compétents, intègres, au caractère aussi solide qu’éprouvé pour remplir correctement la mission.

Voici le meilleur choix pour la Guinée :

Président de la République : Madame Rabiatou Serah Diallo

Vice-président du Conseil de Transition : Dr. Ibrahima Fofana

Premier Ministre : Mr. Jean Marie Doré

Ministre de l’Economie et des Finances : Mr. Mori Diané

Ministre de l’Education Nationale : Madame Dominique Bangoura

Ministre de la Défense Nationale : Commandant Yaya Sow

A. Madame Rabiatou Serah Diallo

Avec la double fonction de Président du gouvernement et Président du Conseil de Transition, elle aura la charge de présider aux destinées de notre pays pendant toute la période de transition. Madame Rabiatou Serah Diallo est actuellement Secrétaire Générale de la CNTG et première femme africaine titulaire élue au conseil d’administration du BIT (Bureau International du Travail) où elle représente les travailleurs du monde entier. Le BIT dont le siège se trouve à Genève est un organisme rattaché à l’ONU. Très instruite, Madame Rabiatou Serah Diallo est une éminente personnalité des organisations internationales. Elle est également Présidente de la Commission mondiale des femmes travailleuses et Vice-Présidente de l’organisation de l’unité syndicale africaine. Qui mieux pour améliorer les conditions des travailleurs Guinéens ? Qui mieux pour réduire le chômage des jeunes dans notre pays ? A l’occasion de la « grève des 5 jours », Elle a restauré la fierté de la femme Guinéenne. Elle a redonné la confiance à toute la nation. Pendant la négociation avec les représentants du gouvernement, elle s’est avérée très intelligente, indépendante, déterminée, très décisives et dévouée à la cause des travailleurs et des chômeurs. Elle a su mener à terme une grève générale de 5 jours. Elle saura mener à terme la transition qui débouchera sur un transfert du pouvoir au vainqueur des urnes. J’en suis persuadé qu’avec elle, le pouvoir d’achat des travailleurs augmentera, les conditions de vie s’amélioreront à court terme, le chômage diminuera, la crise disparaîtra et les pénuries de riz et d’essence ne seront plus que des mauvais souvenirs.

B. Dr. Ibrahima Fofana Secrétaire Général de l’USTG. Cet ancien professeur d’université a forcé le respect et l’admiration de tous les Guinéens et montré que désormais les syndicats constituent un véritable contre-pouvoir sur qui il faut compter. Il aura la lourde tache de diriger le Conseil de Transition et de présider la conférence de réconciliation nationale. Pendant la grève des 5 jours, il a fait preuve d’une maturité diplomatique exceptionnelle, allant jusqu’à suggérer des solutions au Ministre des Finances (un de ses anciens étudiants de l’université de Conakry), pour résoudre un problème budgétaire. Sa contribution a fait de la grève un succès total. Il avait fait preuve de beaucoup de courage, d’esprit d’équipe, de solidarité et de patriotisme. Il fera tout ce qu’il faut pour faire de la Transition un succès total.

C. Mr. Jean Marie Doré

Un des piliers de l’opposition Guinéenne, Mr. Jean Marie Doré assumera la fonction de Premier Ministre. Un ancien fonctionnaire international, Mr. Jean Marie Doré est un homme de conviction. Il est l’un des rares hommes politiques qui peut ouvrir son cœur et dire exactement ce qu’il pense du régime de Lansana Conté. Il connaît très bien la source du mal de la Guinée. C’est un homme de vérité qui a une grande conscience de ce qui se passe dans le pays. C’est un homme de terrain. Il connaît les atouts et les points faibles de l’opposition démocratique. Il a une grande ambition, pas pour lui même, mais pour le pays. Il comprend qu’il n’est pas obligatoire d’être Président de la République pour être utile au pays. Il comprend que la Guinée nouvelle sera celle où la majorité dirige dans le respect des droits et des aspirations des minorités.

Monsieur Jean Marie Doré a un grand amour pour le pays et pour sa communauté. Après les massacres de Cosa, il a réconforté sa communauté avec une dignité et une humilité hors du commun. Aujourd’hui, malgré leur infériorité numérique, les ressortissants de la Guinée forestière forcent le respect et l’admiration de tous les Guinéens, en grande partie à cause de la contribution majeure de Mr. Jean Marie Doré au sein de l’opposition Guinéenne. Il est utile de rappeler qu’il est la seule constante de cette opposition. Lorsque Mr. Sidya Touré travaillait sous les ordres de Lansana Conté, Mr. Jean Marie Doré continuait la lutte au sein de l’opposition. Lorsque Mr. Alpha Condé était couché dans son appartement à Paris, Mr. Jean Marie Doré avait continué à jouer son rôle contre la dictature. Lorsque Mr. Ousmane Bah s’était rendu à Bruxelles pour aider le gouvernement de Lansana Conté, Mr. Jean Marie Doré avait continué sa mission au sein de l’opposition. Lorsque Mr. Bah Mamadou est allé courtiser le régime de Lansana Conté en tant que « conseiller » du Premier Ministre, Mr. Jean Marie Doré avait continué son combat pour l’instauration de la démocratie en Guinée. Malgré ses moyens financiers très limités, il a continué son combat et surtout, il est toujours resté auprès des populations Guinéennes auxquelles il s’attache. Compte tenu de son expérience politique et de sa connaissance des réalités du pays, j’en suis persuadé que Mr. Jean Marie sera un excellent Premier Ministre de Transition et fera de la Transition démocratique un succès total.

D. Monsieur Mori Diané

Homme d’affaire brillant, formé dans les grandes écoles américaines, Mr. Mori Diané sera un excellent Ministre de l’Economie et des Finances de la Transition. Il a écrit de nombreux articles relatifs à la lutte contre la corruption en Guinée, au redressement économique du pays et à la maîtrise de l’inflation. Il trouvera les moyens pour instaurer à tous les niveaux des mécanismes de gestion transparente pour réduire la corruption et le gaspillage des biens de l’Etat. Il mettra un terme aux sorties frauduleuses de l’or et des devises au niveau de la Banque Centrale et du trésor public. Il a conseillé beaucoup de pays africains pour les sortir des crises économiques structurelles les plus désespérées. Il a su garder les valeurs traditionnelles du pays. Aujourd’hui, il s’investit dans sa communauté pour revaloriser la culture Mandingue. En outre, il est bien introduit auprès du congrès Américain et aux institutions de Bretton Woods (la Banque Mondiale et le FMI). J’en suis persuadé qu’il fera tout pour réduire le chômage, stabiliser la valeur de notre monnaie nationale et rehausser le pouvoir d’achat des travailleurs Guinéens.

E. Madame Dominique Bangoura

Guinéenne d’origine française, Madame Dominique Bangoura est très célèbre dans la diaspora Guinéenne. Elle aura la charge du Ministère de l’Education Nationale. Elle est docteur d’Etat en science politique, et coauteur d’un ouvrage collectif de 260 pages intitulé « Quel avenir pour les jeunes de Guinée ? » publié aux éditions d’Harmattan en 2005. Aussi, elle est Présidente de l’Observatoire Politique et Stratégique de l’Afrique (OPSA), à la Sorbonne, une des universités les plus prestigieuses du monde. Aujourd’hui, la Guinée ne dispose pas d’une seule université digne de ce nom. Le niveau d’enseignement ne répond plus aux normes internationales. En sa qualité de Ministre de l’Education Nationale pour la transition, Madame Dominique Bangoura fera tout pour rehausser le niveau d’enseignement en Guinée et pourra doter notre pays d’une véritable université où les cadres de demain auront un enseignement de qualité.

Madame Dominique Bangoura sera la fierté de la diaspora Guinéenne. La diaspora Guinéenne, malgré les problèmes auxquels elle doit faire face (les rigueurs de la crise économique et la discrimination), a toujours montré son attachement à notre pays dont elle vit l’évolution au rythme de ses échecs et de ses espoirs. Les Guinéens de l’extérieur ont toujours fait preuve de leur solidarité à chaque fois que le peuple de Guinée s’est retrouvé dans la douleur. Ils ont toujours gardé l’espoir d’une Guinée nouvelle, forte et prospère. Madame Dominique Bangoura a su mobiliser les énormes ressources de savoir, de compétences et d’innovation que recèle la diaspora Guinéenne, et les potentialités énormes qu’offre le dynamisme de sa jeunesse, pour faire une autopsie de l’école Guinéenne et trouver les solutions adéquates pour sa reforme.

F. Commandant Yaya Sow

N’oublions pas que le héro Africain Thomas Sankara croupissait dans une cellule, lorsque le peuple voltaïque (Bourkinabe) s’est levé pour le libérer et le hisser à la tête du pays. Avec la foi et le courage, rien n’est impossible. Ancien chef de bataillon de l’Artillerie du Camp Alpha Yaya Diallo, le Commandant Yaya Sow demeure l’officier le plus respecté dans l’armée Guinéenne. Le 18 Septembre 2005, notre parti, le Rassemblement Démocratique de Guinée, lui a discerné la médaille d’honneur du courage pour son action courageuse le 2 Février 1996 au Palais des Nations. Formé dans les grandes académies militaires de l’union soviétique et des Etats-Unis, il a une connaissance approfondie de l’armée Guinéenne. Le peuple de Guinée doit garder sa reconnaissance envers ce brave officier qui a risqué sa vie pour libérer notre pays des tenailles de la tyrannie de Lansana Conté. C’est un grand patriote. Un homme courageux. Il sera un excellent ministre de la défense nationale pour la période de transition.

VIII. Comment se débarrasser du régime de Lansana Conté

D’abord une mise au point. Ce que le peuple de Guinée et la communauté internationale demandent à l’opposition est très simple : C’est de jouer le rôle d’une véritable opposition démocratique dans le respect de la loi. Autrement dit, les leaders de l’opposition doivent faire exactement comme les leaders du mouvement syndical. Les syndicats viennent de donner la preuve qu’il est tout à fait possible de jouer son rôle dans le respect de la loi. Ils ont mené à terme une grève de 5 jours sans bavure. Aujourd’hui, le peuple de Guinée a acquis une volonté inébranlable de ne pas se soumettre à la dictature. Le rôle des leaders de l’opposition sera de galvaniser le soutien de la population puis l’orienter dans la lutte pour l’instauration de l’Etat de droit. La situation est devenue explosive. L’écrasante majorité de notre peuple veut un départ immédiat de Lansana Conté du pouvoir. Désormais les Guinéens se sentent plus forts et plus robustes. Ils ne pourront plus être satisfaits par des petits gestes timides. On sent le désir d’un total bouleversement politique. La vraie Révolution, c’est maintenant. Elle est à faire. Le peuple est prêt. Il est mûr. Il suffit de lui montrer le chemin. Il va « bouger ».

Le Plan d’action

1. Pour qu’une lutte politique soit efficace, les leaders doivent annoncer au peuple l’objectif de la mission. Ils doivent distinguer ce qui pourrait être réglé par voie de négociation de ce qui doit être résolu par la force. L’apaisement en politique est la tentative souvent très désastreuse de négocier ce qui n’est pas négociable. La liberté et la volonté du peuple de Guinée ne sont pas négociables. A l’image de Charles Taylor au Liberia, le groupe qui dirige en ce moment la Guinée doit abandonner purement et simplement le pouvoir et quitter le pays. C’est la seule solution. S’ils prennent conscience de cette exigence et rendent le pouvoir, ils éviteront un affrontement très redoutable. Dans le cas contraire, le pire pourrait arriver.

2. Il faut faire exactement comme les leaders du mouvement syndical. A l’image des 2 leaders du mouvement syndical, deux leaders de l’opposition doivent émerger de la concertation nationale des partis politiques. Pour des facteurs propres à notre pays, Bah Mamadou et Alpha Condé doivent prendre le devant du mouvement de l’opposition démocratique. Ils sont les mieux placés pour mener à terme cette mission. Il s’agit de pousser Lansana Conté au dehors et empêcher le pays de basculer dans une nouvelle dictature, pour y instaurer le gouvernement de transition.

3. Il est important de préciser qu’il y a plusieurs syndicats en Guinée à part les 2 qui ont mené « la grève des 5 jours ». Malheureusement, la plupart de ces syndicats sont sous les ordres du pouvoir en place. Cet état de fait rendait impossible toute réussite d’une grève en Guinée. Il a fallu la lucidité de Mme. Rabiatou Serah Diallo pour isoler puis écarter ces pseudo syndicats qui ne font que saboter l’action des vrais syndicats (USTG et CNTG).

4. Bah Mamadou et Alpha Condé doivent avoir la même lucidité. Ils doivent détecter les partis politiques qui cherchent à saboter l’action de l’opposition. Ensuite, ils doivent sans pitié les isoler puis les écarter. Ils doivent donc aborder les problèmes complexes de la Guinée avec un esprit neuf dégagé de tout préjugé, avec la ferme volonté de les résoudre.

5. Le mot d’ordre de la grève des 5 jours était clair : Une multiplication par 4 des salaires des travailleurs. La revendication de l’opposition doit être aussi très claire : Le départ immédiat et sans condition de Lansana Conté. Le départ de Lansana Conté implique aussi la démission en bloc du gouvernement, la suspension de l’assemblée nationale et l’instauration du gouvernement d’union nationale de transition.

6. Aujourd’hui, la situation de notre pays est mûre pour un changement. Le peuple de Guinée s’impatiente. Ce n’est pas le moment de nous diviser. Nous devons tous oublier nos ambitions personnelles et travailler dans l’intérêt de notre pays sans considération ethnique, de région d’origine et de parti politique.

7. Il appartiendra à Bah Mamadou et à Alpha Condé de poursuivre leur revendication jusqu’à la victoire finale, avec le soutien total et sans faille de l’ensemble du Peuple de Guinée. Des manifestations publiques et des marches pacifiques seront organisées à travers le pays et surtout à Conakry où Bah Mamadou et Alpha Condé vont guider des marches de protestation. Alors, on ne pourra plus reculer. Personne ne prendra la fuite. La lutte continuera jusqu'à la libération totale et complète du pays. En temps utile, la capitulation du pouvoir pourra être négociée pour éviter des affrontements inutiles. Tout accord en deçà du départ de Lansana Conté et de ses dignitaires est à rejeter.

par Barry IV
Pour le Rassemblement Démocratique de Guinée
Contact : barryquatre@yahoo.com

Correspondance pour Nlsguinee.com


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