Guinée : « Quelles solutions pour la Guinée, après la grève ? »
mardi 14 mars 2006
Lundi 13 mars 2006, Anne Dissez réunit, dans les studios d’Africa N°1, trois invités dans son émission « Le Débat » pour parler des leçons à tirer de la grève généralisée qui a eu lieu du 27 février au 3 mars 2006 et des solutions pour l’avenir du pays.
Anne Dissez : Aujourd’hui, nous allons aborder la question de la Guinée après une grève généralisée de cinq jours, une grève qui a été un succès. Dans nos studios d’Africa N°1 à Paris, nous recevons Mohamed Bangoura, Docteur en science politique et Dominique Bangoura, Docteur d’Etat en science politique, qui sont membres de la diaspora guinéenne et membres fondateurs d’un collectif d’intellectuels, le Collectif pour une Transition Démocratique en Guinée. Ils sont auteurs, avec d’autres compatriotes, d’un Manifeste publié en janvier 2006 et largement diffusé. Nous sommes aussi avec Alpha Oumar Diallo, Bali de Yeimbérein de son nom d’écrivain, Guinéen, auteur d’un livre autobiographique récemment publié chez L’Harmattan, « Le Baya » et d’un essai plus ancien qui s’intitule « Guinée, derrière le rideau de cocotiers / La Troisième Opportunité », un autre rideau de fer, qui est le résultat d’un voyage qui a duré plusieurs mois.
La Guinée, la Guinée Conakry, comme on l’appelle pour la différencier de la Guinée Bissau et la Guinée équatoriale, figure parmi les trente pays les plus pauvres de la planète. Et pourtant ce ne sont pas les richesses naturelles qui lui manquent, on y trouve les deux tiers des réserves de bauxite du monde, des métaux rares comme le cobalt, l’uranium, l’or et les diamants.
Après la mort de Sékou Touré, le premier Président du pays jugé sévèrement par les uns et encensé par d’autres, Lansana Conté est porté à la présidence par un coup d’Etat, c’était en avril 1984. Neuf ans plus tard, à la tête de son parti le Parti de l’Unité et du Progrès, le PUP, il devient un Président démocratiquement élu par un scrutin, certes contesté, mais pluraliste. Il est réélu une deuxième et troisième fois respectivement en 1998 et 2003, dans des scrutins de plus en plus mis en cause, au point qu’en décembre 2003, l’opposition appelle au boycott.
C’est dans un climat tout aussi délétère que des élections locales, municipales se déroulent en décembre dernier. Cette fois, les principales formations de l’opposition se mettent d’accord sur une plate-forme politique commune et présentent des listes unies. Un mois plus tard, l’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR), le seul parti de l’opposition présent à l’Assemblée Nationale, décide de suspendre sa participation au Parlement.
Le 27 février dernier, une grève générale est appelée par l’Inter-Syndicale, une structure qui rassemble la Confédération nationale des travailleurs de Guinée, CNTG et l’Union syndicale des travailleurs de Guinée, USTG. Une grève contre la vie chère, pour de meilleures conditions de salaire et de travail, contre le chômage, la flambée des prix. Pendant cinq jours, la capitale Conakry est paralysée, la mobilisation est réelle, pourtant, le comité ministériel désigné par le Président Lansana Conté ne se déplace pas pour les négociations, se faisant remplacer par des députés. La situation se tend, une partie de l’opposition demande explicitement le départ du Président Conté.
Anne Dissez: Mohamed, ou Dominique Bangoura, vous êtes à la tête d’un Collectif, le COTRADEG, quelles leçons tirez-vous de cette grève ?
Dominique Bangoura : Cette grève est probablement la plus longue de l’histoire de la Guinée indépendante ; elle a été suivie dans tout le pays sous forme de « villes mortes ». Elle a permis aux syndicats, membres de la société civile, de montrer une forte capacité de mobilisation et de négociation dans la durée : c’est ce qu’il faut retenir. Il y a eu des négociations et un Accord final sur quatre points portant sur les salaires, l’emploi, le dialogue social, le respect des libertés et du droit syndical. Maintenant, et pour l’avenir, il va falloir être vigilants et voir comment cet accord pourra être respecté, car nous savons que le régime au pouvoir n’a jamais honoré ses engagements politiques, juridiques et sociaux. En termes de leçons pour l’avenir, il y a un espoir pour la société civile avec le succès de la lutte syndicale. Toutefois, nous devrions mentionner un regret : le fait que les partis politiques de l’opposition n’aient apporté leur soutien que tardivement, le 2 mars au soir, alors que la grève s’est terminée le 3 (nous n’avons pris connaissance que le 3 mars vers 13 heures de ce soutien). Si ces partis s’étaient déclarés massivement unis aux syndicats dès le début, cela aurait pu aboutir à la chute du régime de Lansana Conté. Selon notre analyse, c’est malgré tout la fin de ce régime… il convient de continuer la lutte pour le changement politique.
Anne Dissez : M. Bali de Yeimberein, pensez-vous que ces événements annoncent une chute prochaine ?
Bali de Yeimberein : Avant d’aller plus loin dans ma réponse, je voudrais tout d’abord, de manière brève et en français facile, pour pouvoir m’adresser à toute la population guinéenne, à laquelle je rends un hommage très appuyé. Car, pouvoir avoir vécu pendant neuf mois auprès d’elles en 1991, je connais les difficultés au quotidien des Guinéens. Cela étant, il faut nécessairement un changement ; mais la population guinéenne est prise en otage par un système policier, à tel point que la situation est devenue cornélienne. D’un côté, on ne peut pas prendre les armes pour repousser ce pouvoir ; de l’autre, on ne peut pas non plus rester les bras croisés dans cette situation. En toute modestie, depuis 1991, j’avais proposé, pour une sortie de crise économique, que l’on mette au point un P.A.C.T.E. (pour Protocole d’Accord Concerté du Travail Encouragé). Car, même si aujourd’hui on remplaçait le régime de Lansana Conté par un autre, il faudrait conscientiser les populations guinéennes au fait de ne pas « se voler ». Les gens souffrent ; ils aspirent au changement, mais celui-ci ne devra pas se faire à n’importe quel prix…
Anne Dissez : Monsieur Bangoura, quelle politique préconisez-vous ? Il n’est pas question de prendre les armes (on se souvient des cas voisins au Liberia et en Sierra Leone). Alors quelle politique, entre celle de Sékou Touré, pro-soviétique, très administrée et qui, aux dires de beaucoup d’opposants était une mauvaise politique et celle de Lansana Conté, plus libérale ?
Mohamed Bangoura : Tout d’abord, nous sommes un Collectif composé d’intellectuels, de Guinéens, de patriotes. Nous pensons qu’aujourd’hui, dans notre pays, il est nécessaire de passer par une période de Transition. En premier lieu, il faut que le régime en place parte. Pour cela, il faut trouver des moyens et ces moyens existent ; ils sont légaux car prévus par la Constitution. La Loi Fondamentale stipule en effet que le Président de l’Assemblée Nationale et le Président de la Cour Suprême puissent déclarer l’incapacité ou l’empêchement du Chef de l’Etat. A l’issue de cela, le Président de l’Assemblée Nationale devient le Chef de l’Etat par intérim. Et, comme le précise notre Manifeste, le Président par intérim ne doit avoir que des pouvoirs honorifiques en raison de ses accointances de longue date avec la mouvance présidentielle. Le Président par intérim doit nommer un Premier Ministre de consensus qui bénéficie de toutes les compétences requises pour pouvoir mener la Transition, une transition démocratique et pacifique. Le rôle de ce Premier Ministre sera de rétablir l’eau qui manque cruellement (alors que la Guinée est le « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest), et l’électricité qui est de nos jours indispensable. Il devra également entreprendre l’assainissement des finances publiques. Toutefois, sa mission fondamentale sera d’organiser une élection présidentielle libre, transparente et compétitive à laquelle il ne sera pas candidat. Le Président élu sera le Président de la IIIe République. Ce dernier aura toute la légitimité pour régler les problèmes de fond de la Guinée.
Anne Dissez : Ce sont des propos assez radicaux que vous prononcez. Comment remplace-t-on un Chef d’Etat avant la fin de son mandat sans que ce ne soit un coup d’Etat, même sans violence ? Comment va réagir l’Union Africaine qui est très vigilante sur les questions de légitimité, comme on l’a vu dans les différentes médiations, que ce soit en RDC ou en Côte d’Ivoire ? La légitimité est devenue une question basique…
Dominique Bangoura : Vous faites bien de poser cette question, car la réponse se trouve dans la Constitution guinéenne en vigueur depuis 1990. Le schéma de Transition que nous proposons est un schéma légal et constitutionnel. Il est prévu par la Constitution, à l’Article 34, que la vacance de la fonction présidentielle est constatée par la Cour Suprême, saisie par le Président de l’Assemblée Nationale. La Cour Suprême déclare l’empêchement du Président de la République. Nous demandons donc que ce qui est prévu légalement soit effectivement appliqué. Les autorités compétentes doivent jouer le rôle qui est le leur dans ce cas précis.
D’ailleurs, nous rappelons que pendant toute la grève, le Chef de l’Etat n’a émis aucune analyse, n’a apporté aucun soutien aux populations, aux Guinéens quels qu’ils soient, qui souffrent de mauvaises conditions de vie et de travail. Dans n’importe quel pays du monde, au bout de cinq jours (et même avant) de grève générale suivie massivement dans tout le pays, le Président de la République serait venu à la une du journal télévisé pour expliquer pourquoi, comment et dans quelle mesure la pays va sortir de cette grève. Or, à aucun moment, il n’est venu soutenir les Guinéens et les Guinéennes. Non seulement il n’est pas apparu en public ; on sait qu’il est très malade ; mais en plus, il n’a délégué personne pour délivrer un tel message. Dans un tel cas, il y a incapacité physique du Chef de l’Etat et les moyens constitutionnels existent pour que le pays soit gouverné. Car, actuellement, le pays n’est pas gouverné.
Anne Dissez : Mais qui pourrait voter cet empêchement ?
Dominique Bangoura : Un vote n’est pas nécessaire. Une simple déclaration d’empêchement du pouvoir (pour des raisons de santé) faite par le Président de la Cour Suprême à la demande du Président de l’Assemblée Nationale suffit.
Anne Dissez : Bali de Yeimbérein, comment réagissez-vous à ce que vient de dire Dominique Bangoura ?
Bali de Yeimberein : C’est une très bonne réponse qu’elle a apportée au questionnement relatif au changement de régime en Guinée. A côté de l’aspect politique, on peut parler également de l’aspect économique, car la grève est basée sur une revendication économique. S’il y a des fonctionnaires qui sont mal payés, c’est qu’il y a un système qui a créé un cercle infernal. Ces fonctionnaires mal payés sont à la merci de la corruption. « Fonctionnaires corrompus » signifie « Etat non prestataire de services », ce qui induit des déficits au niveau de ce qu’attend la population guinéenne. Alors, comment stopper ce cercle infernal ?
C’est là qu’intervient ma proposition de P.A.C.T.E. : à partir du 1er janvier 2007 ou 2008, que les fonctionnaires, après un travail de recensement exhaustif des assiettes de tout ce qui est imposable en Guinée, lèvent de façon intransigeante, entière, mais juste et équitable les impôts qui sont dus à l’Etat. Ces impôts seront versés au Trésor public, et à partir de là, au bout d’un ou deux ans, l’Etat sera prestataire de services. Ces mesures doivent être accompagnées par les organismes d’aide multilatérale au développement, ceux de Bretton Woods par exemple. Selon un de mes calculs, il suffirait de deux cent cinquante millions d’Euros (soit la masse salariale mensuelle d’une grosse entreprise française), ce qui équivaudrait à la masse salariale annuelle d’environ 75 000 fonctionnaires guinéens. Ces fonctionnaires seraient payés par l’extérieur pour ne pas être à la merci de la corruption et se montreraient intransigeants face à la levée des recettes fiscales. Cette action serait accompagnée de verrous à tous les postes sensibles (risque de prévarication) pour une rentrée effective, dans les caisses de l’Etat, de la manne financière escomptée. Cela permettrait de repartir sur de nouvelles bases. Ce qui sous-tend un Etat restauré, prestataires de services. Simultanément, des services auront été initiés à l’endroit des fonctionnaires : systèmes d’épargne, outils de crédits à la consommation, prestations sociales efficientes etc.
Anne Dissez : Comment pensez-vous, tous les trois, pouvoir rectifier cette situation : la corruption endémique comme dans beaucoup de pays d’Afrique, une inflation galopante, les conditions de travail qui se dégradent… ? Comment voyez-vous un plan qui corrige tout cela et surtout, qu’attendez-vous des organisations internationales telles que l’Union Africaine, les Nations Unies ?
Dominique Bangoura : D’un point de vue interne, tout d’abord, nous pensons qu’il ne faut pas confondre réformisme et rénovation. Il est très important, à l’heure actuelle, de faire le bilan du régime de Lansana Conté, au pouvoir depuis vingt-deux ans. Le bilan de cet exercice du pouvoir montre qu’il y a échec total politique, économique et social. La grève qui a eu lieu pendant cinq jours vient une nouvelle fois de le démontrer. Il n’ y a jamais eu de respect du droit, d’élection libre et transparente. Aucune revendication, qu’elle soit faite par la société civile ou par les partis politiques de l’opposition n’a jamais été honorée et suivie d’effets. La plupart des Guinéens sont d’accord sur ce bilan, hormis une minorité proche du pouvoir.
Une fois ce constat posé, que convient-il de faire ? Ne pas confondre réformisme et rénovation signifie qu’il faut rénover, refonder l’Etat, le poser sur de nouvelles bases politiques et juridiques, instaurer un Etat de droit capable de respecter les principes démocratiques. Dans « démocratie », il y a participation du peuple, participation de la société civile. On ne peut plus se contenter de réformettes ou de réformisme. Les différents Premiers Ministres qui se sont succédés au pouvoir en Guinée depuis un certain temps (je pense à quelques-uns mais je ne vais pas les nommer) savent qu’ils n’ont pas pu mener leur mission jusqu’au bout, et celui qui est actuellement en poste ne peut pas non plus travailler comme il le souhaiterait pour des raisons politiques liées au fonctionnement de ce régime.
A partir de là, que faire ? Comme je le disais, il faut refonder l’Etat. On ne peut pas faire du neuf avec du vieux. C’est pourquoi, il est nécessaire de mettre en place une Transition avec un Premier Ministre répondant à différents critères (les lire dans notre Manifeste sur le site Internet www.cotradeg-guinee.com) qui puisse organiser une élection crédible, libre et transparente. Nous prônons une IIIe République, après celle de Sékou Touré et celle de Lansana Conté, où le Chef de l’Etat légitimement élu aura toute la latitude pour régler les problèmes de la Guinée, y compris celui de la réconciliation nationale. Mais on ne pourra pas arriver à ce stade sans passer par une Transition que nous souhaitons pacifique et démocratique.
Anne Dissez : Une Transition que vous mesurez comment ? Pour combien de temps ?
Mohamed Bangoura : Nous évaluons cette Transition à dix-huit mois, le temps d’organiser une élection libre, compétitive et transparente. Selon la Constitution, le Président par intérim dispose de 60 jours ; mais lorsqu’on connaît l’état du fichier des électeurs, il est impossible de réaliser une telle élection sans reprendre tout le processus électoral, d’aval en amont. Il faut donc une prolongation de la période de 60 jours, ce qui nécessite une retouche de la Constitution. C’est au cours de cette retouche qu’il faut en même temps exiger que seuls des pouvoirs honorifiques soient attribués au Président de l’Assemblée Nationale qui devient Président de la République par intérim.
Intervient alors la nomination d’un Premier Ministre de consensus, accepté de tous. Ce dernier, en demandant la participation de la société civile et des partis politiques, constitue un Gouvernement de large ouverture. C’est à ce prix, qu’à l’instar d’un pays voisin (la Côte d’Ivoire), le Premier Ministre de Transition pourra arriver à une paix civile.
Anne Dissez : Dans le studio d’Africa N°1 à Paris, cela semble possible, aisé mais il y a la réalité d’une opposition qui est quand même assez morcelée, avec des options différentes… Ne pensez-vous pas que les tâches que vous assignez à cette opposition qui sont des tâches très importantes (modification de la Constitution, accord sur un programme, désignation d’un candidat …) soient difficiles à mettre en œuvre ?
Bali de Yeimberein : Il faudra s’appesantir sur une campagne de sensibilisation des partis politiques de l’opposition afin qu’ils fassent fi de leurs intérêts personnels et mettent en exergue ce qui peut unir les différentes composantes susceptibles d’aboutir à un changement réel. Il suffit de méditer sur certaines coalitions qui se sont faites par ailleurs, et notamment en Ile Maurice, qui ont permis des transitions démocratiques apaisées.
Dominique Bangoura : Dans le schéma de Transition que nous proposons, ce ne sont pas seulement les partis politiques de l’opposition qui vont prendre les choses en main. La société civile a également un rôle à jouer dans le débat démocratique. Légalement, elle est constituée en partie pour cela. Chaque type d’acteur a un rôle à jouer : les institutions de l’Etat, les partis politiques, la société civile et… la communauté internationale.
Or, en Afrique de l’Ouest, la communauté internationale est focalisée à 95% de son temps sur la Côte d’Ivoire. Nous lançons donc un appel pour qu’elle se préoccupe de la situation en Guinée, pour qu’elle mette en œuvre tous les mécanismes de prévention d’une crise ou d’un conflit en Guinée. De même, nous rappelons que l’Acte Constitutif de l’Union Africaine condamne clairement tout accès au pouvoir par un mode anticonstitutionnel ou par une arrivée au pouvoir par les armes. Toute la communauté internationale adhère à l’idée de la nécessaire réhabilitation de la démocratie en Guinée. Il en va donc de la responsabilité de chacun des acteurs : gouvernement, partis politiques, société civile et communauté internationale pour parvenir à cet objectif.
Anne Dissez : Lansana Conté a tout de même été élu trois fois dans un appareil démocratique, même si ces élections ont pu être contestées dans leur caractère libre et honnête…
Mohamed Bangoura : Les différentes élections ont permis au général Lansana Conté de se maintenir au pouvoir. Si vous observez de près ces élections, la dernière en particulier en 2003, elle est monocolore, boycottée par les candidats de l’opposition. De plus, comment comprendre que le Président vote assis dans sa voiture ?
Anne Dissez : Vous contestez donc le caractère démocratique de cette élection… mais nous voilà arrivés au terme de cette émission et je voudrais donner le mot de la fin à M. Bali de Yeimberein.
Bali de Yeimberein : Malgré son état physique, le général Lansana Conté pèse d’un poids très important dans l’échiquier politique de la Guinée. Nous restons dans un cadre que lui considère comme traditionnel. Il suffirait que cet homme y mette du sien pour qu’il provoque un élément déclencheur pour un changement salvateur. Voilà, pour moi, le mot de la fin avec cet espoir d’un changement dans les semaines à venir…Je ne voudrais retenir qu’une chose de l’ère contéenne : autant il m’aura permis de connaître le meilleur moment de liesse et d’emportement de ma vie – le 3 Avril 1984 – autant, il devrait entrer dans la postérité comme étant celui qui aura suscité une authentique démocratie et l’alternance apaisée en Guinée…
Anne Dissez : Nous arrivons au terme de cette émission. Merci d’être venus dans nos studios. Je rappelle que vous êtes, Mohamed et Dominique Bangoura, docteurs en science politique, auteurs d’un Manifeste publié le 18 janvier 2006 pour une Transition démocratique en Guinée et auteurs, sous le direction de Madame Bangoura, de deux ouvrages collectifs publiés en 2004 et 2005 aux éditions L’Harmattan : l’un sur « L’alternance politique à l’issue des élections présidentielles de décembre 2003 en Guinée » et l’autre intitulé : « Quel avenir pour les jeunes de Guinée ? » qui analyse les politiques d’éducation, de formation et d’emploi des jeunes dans votre pays.
Et vous Bali de Yeimbérein, êtes écrivain et auteur du roman Le Baya qui vient de paraître chez l’Harmattan et traitant de l’immigration. Vous avez, après un séjour de près d’un an en Guinée, publié en 1991 un essai intitulé « Guinée : derrière le rideau de…cocotiers / La Troisième Opportunité ».
Signé : les invités de l’émission d’Anne Dissez : Mohamed Bangoura, Bali de Yeimberein Dominique Bangoura.
Le 13 mars 2006.
Correspondance pour Nlsguinee.com
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