Guinée : AFFAIRE GSM : Le forcing fatal de Cellou Dalein
mercredi 08 mars 2006
L'acte présidentiel de ce mardi nuit qui confirmait l'octroi de la quatrième licence à la socété libano-luxembourgeoise Areeba-Guinée/Investcom, est une claque brutale pour le premier ministre guinéen. En remettant la balle dans le camp de son choix, Conté a montré les limites que son ''homme'' ne pouvait franchir.
Tous les fins observateurs de la politique nationale, les ''renards de la cité'' qui connaîssent bien Conté, murmuraient souvent à ceux qui voulaient bien écouter leurs commentaires sybillins: '' Eh! Cellou n'a qu'a comprendre que si Lansana ne tranche pas, il ne veut tout simplement pas l'humilier. Il veut qu'il comprenne de lui-même, qu'il n'est pas pour lui dans cette affaire. Sans vouloir se déterminer entre un membre du gouvernement et le coordonnateur de celui-ci, celui auquel, il a volontairement délégué des pouvoirs, dont lui seul connaît les limites, puisque la constitution ne prévoit pas ce poste...''
Ils doivent jubiler ceux-là aujourd'hui de leur raison. Mais les choses sont plus compliquées qu'elles ne le paraissent. Et, si Cellou Dalein, proche de Lansana Conté, a plutot pensé le contraire... Se disant au fond de lui-même: ''Si le Président ne veut trancher, c'est qu'il fait confiance en mon raisonnement, en ma logique économique...''
Partant de là, Cellou cherchait le moment psychologique et politique le plus favorable pour lui. Aurait-il pensé, par exemple, qu'au bout des cinq jours de grève, le Président, malade et exaspéré, ne réagirait certainement pas, pour ne pas encore compliquer les choses. D'où ce forcing fatal.
En tout cas la coincidence entre la date de la prise de son arrêté annulant l'octroi de la quatrième licence, et celle du dernier jour de grève, est frappante: le 3 mars 2006. Dans une espèce de politique-fiction, il a pu peut-être imaginer que le Président serait moins sensible à la question, et que son heure était arrivée. Alors, il a décidé d'annuler.
C'était complètement se méprendre sur les dangers des enjeux, car le ministre des Postes et Telecoms, M. Jean Claude Sultan, pour rien au monde ne pouvait baisser la garde sur la question. Il suivait toutes les péripéties dans les couloirs de la Primature par un ''réseautage'' efficace.
Bref, aujourd'hui que le Chef de l'Etat lui a donné raison, au lieu de se parfumer de gloriole, il ferait mieux au plus vite de faciliter la communication aux Guinéens. Rien de moins.
Quant au PM, qui doit dans son amour propre ressentir une terrible frustration, s'il ne veut imiter l'exemple de son prédécesseur François Lounceny Fall, il faudra que dans le calme, il sache avaler la ''couleuvre'', et l'accepter comme une horrible épreuve dans son apprentissage politico-économique. Dur, dur. Sinon, il devra choisir...
Kadia Cissé
GuineeConakry.Info, partenaire de Nlsguinee.com
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