Guinée : Revue de la Presse guinéenne, Semaine du 27 février 2006
lundi 06 mars 2006
La semaine du 27 février a été marquée par une grève déclenchée par l'inter-syndicale CNTG-USTG. Une grève de cinq jours qui aura presque tout paralysé dans le pays. Naturellement, vous comprendrez que vos journaux auront ainsi pris un coup sérieux pour la circonstance ! J'ai joint certains confrères. Voici leurs réactions : - Abdoulaye Condé, Directeur de la Publication de notre partenaire ''La Nouvelle Tribune'':...
laquo; Je n'ai pas pu sortir cette semaine, car j'ai subi de plein fouet la grève. Je suis obligé de publier la revue de presse que tu as faite de la semaine écoulée ».
- Abou Maco, du groupe de presse L'Indépendant-Le Démocrate : « Bon, par rapport à la grève, nos activités ont été paralysées. On n'a pas pu sortir cette semaine. D'abord, on n'avait pas de gens pour vendre nos journaux et on ne savait pas à qui les vendre. Les vendeurs à la criée sont tous logés en haute banlieue. La paralysie de la circulation a fait qu'ils ne pouvaient être là. On s'est vite ravisé. Tu sais nous, nous allons sous presse les lundis, et la grève a été déclenchée le lundi. Tu comprends donc ! ».
J'ai quand même parcouru les périodiques qui étaient cette semaine dans les kiosques.
Le satirique du lundi, Le Lynx à travers son N°727 titrait « CNTG-USTG : Que la grève ne crève ! ». Pour vous permettre de mieux cerner la raison de cette exclamation, je m'empresse de vous proposer la conclusion de l'article de mon confrère : « Des gens avertis subodorent un farce revendicative. Ils flairent de la corruption, des négociations obscures, tiennent à suspicion les responsables syndicaux. Qui ne crève verra ! ».
Dans « l'avis de grève générale » que publie in extenso le journal L'Observateur N°304, les signataires prennent le contre-pied du pessimisme du confrère de Le Lynx : « Mobilisons-nous tous pour la réussite de cette grève historique qui démarre le 27 février 2006 ».
L'auteur de l'article de Le Lynx, Zézé Zoumanigui, l'entame par les « slogans balancés le 21 février dernier à la Brousse du Travail [NDLR : bourse tournée à la dérision] au cours de la réunion d'infos convoquée par les centrales syndicales, en préalable à la grève du 27 février au 3 mars, reconductible, au cas où les revendications ne sont pas satisfaites ». Il souligne que « les syndicats ont prévenu depuis le 10 février ». Le confrère rappelle les griefs des syndicats à l'encontre du gouvernement : « Raisons de la colère des travailleurs, la précarité de la vie, les problèmes qui assaillent les travailleurs, le bas niveau des salaires, les impôts prélevés sur les salaires avec 40% de RTS, les 25 points sur la valeur du point d'indice des denrées de première nécessité, la glisse de notre franc, excusez du peu ! », s'exclame-t-il avant de poursuivre en guise de rappel : « Gouvernement et représentants des travailleurs se sont retrouvés le 22 février dans la salle de conférence du Mystère de l'Emploi et de la Ponction publique pour négocier ». Comprenez chers lecteurs qu'il s'agit là du Ministère de l'Emploi et de la Fonction publique. Oui Zézé ! « Déception. Les travailleurs ont exigé alors le départ du ministre Hibou Kéira », du nom du ministre Alpha Ibrahima Kéira. « Ce dernier, note le confrère, a menacé dans une circulaire de circonstance ». Les termes sont rapportés en extrait par le confrère tel quel : « Tout fonctionnaire qui ne justifierait pas les liens juridiques entre lui et ces centrales par la présentation de sa carte d'adhérent et du reçu de paiement de sa cotisation syndicale conformément à l'esprit dudit préavis de grève, s'exposera à des sanctions disciplinaires et administratives allant de la suspension de salaires, à la rétrogradation ou au licenciement ».
Dans cette lettre circulaire publiée dans son intégralité par L'Observateur, le ministre Kéira d'ajouter : « Je vous demande à cet effet, d'engager particulièrement la responsabilité de vos chefs des service et chefs de division des ressources humaines à assurer le contrôle de présence des agents à leurs postes de travail ». Ladite lettre a pour objet : « Obligation de fonctionnement des services publics nonobstant l'exercice du droit de grève ».
Autre sujet lu dans Le Lynx : « Des opérateurs comiques chez Fory Coco ». Allusion à la rencontre des opérateurs économiques à la Présidence de la République dans le cadre de la recherche des voies et moyens pour la gestion de l'inflation. Abou Bakr rapporte : « Les opérateurs comiques ont dit que pour restaurer le marché aux monnaies étrangères, il faut avant toute chose mettre fin à la fuite de nos devises ».
Selon le confrère, « la réunion de la cocoteraie aurait été jugée utile par des témoins ». En encadré, Abou Bakr raconte sa mésaventure alors qu'il cherchait, en compagnie d'un autre confrère, à couvrir la rencontre pour son groupe de presse. Ils se font passer pour des « opérateurs économiques » au poste de contrôle de la Présidence. Car, selon lui, malgré la carte de presse délivrée par le Conseil national de la Communication, « les farces de l'ordre s'en tapent ». Il écrit : « pour leur reportage, les journaleux sont donc obligés d'être inventifs ».
Première moisson des confrères : « Si vous êtes des commerçants, alors graissez-nous un peu, on va vous laisser passer. Sinon, la réunion là n'est pas pour vous petits commerçants, mais pour vos patrons les opérateurs économiques. Donc, fouillez vos poches et donnez-nous un peu d'argent ». Les journalistes : « Chef, nous n'avons pas de sous. Laissez-nous passer ». Les bérets rouges : « Vous n'avez pas d'argent ? Alors présentez nous vos cartes de commerçants ou on vous boucle ». Le confrère de poursuivre : « Et deux bidasses de se jeter sur les faux commerçants qu'ils vont clouer au poste de contrôle du Petit Palais. "Vous venez à la présidence sans pièce d'identification ? Vous êtes des malfaiteurs. Des rebelles, ... » Finalement, écrit le confrère : « Les journaleux se fendent de 5500 francs glissants pour se faire éjecter ». En les libérant le béret rouge aurait lancé : « Prochainement si vous voulez entrer à la Présidence, inutile de camoufler votre véritable identité. Venez plutôt avec un peu de fric, on va vous laisser entrer » !
Dans sa rubrique "Focus", L'Observateur révèle, en s'interrogeant : « FMI-Guinée : Vers la conclusion d'un programme formel ? ». Le confrère écrit : « Une mission conjointe FMI-Banque mondiale est dans nos murs pour évaluer les performances économiques du pays en vue de la conclusion enfin d'un programme formel qui permettrait à la Guinée de bénéficier d'appuis financiers. Selon les premières nouvelles, globalement, les hôtes estiment que le gouvernement a fait des progrès encourageants ». Toutefois, espère le confrère, « ce qui est clair, avant d'injecter de nouveaux fonds dans l'économie, les partenaires financiers de la Guinée voudront bien s'assurer que l'argent n'ira pas ailleurs. D'où la nécessité de faire déjà la lumière sur les montants frauduleusement décaissés ».
Pour terminer cette revue, un coup d'œil sur La Nouvelle. A travers son N°070, l'hebdomadaire d'informations générales et d'analyses révèle : « Sidya Touré rabroue les émissaires des partenaires ». Le journal rapporte en effet : « La semaine dernière, Sidya Touré a refusé d'entamer les pourparlers avec un américain et une canadienne, venus expressément au siège du parti pour discuter des condition nécessaires à la participation effective de l'opposition, surtout de l'union des forces républicaines (UFR) aux prochaines législatives prévues au mois de juin 2007 ». Selon La Nouvelle, « Le président de l'UFR a déclaré que le dernier contentieux issu des élections communales et communautaires n'est pas encore épuisé avant d'ajouter qu'aujourd'hui, une telle rencontre n'est pas opportune ».
A la semaine prochaine chers lecteurs.
Ibrahima Sylla, RTG-Conakry pour GuineeConakry.info, partenaire de Nlsguinee.com
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