Guinée : Protocole d'accord signé, la grève des travailleurs suspendue
06 mars 2006
Le samedi 04 mars dernier, la salle historique de la bourse de travail a servi de cadre à une grande rencontre entre les responsables de l'Inter-Centrale Syndicale et une foule énorme de travailleurs de tous les secteurs confondus. La presse nationale et étrangère était massivement présente. La rencontre fait suite à un communiqué radiodiffusée à 23h 30mn du vendredi 03 mars et rendu publique par la CNTG et faisant état de la suspension momentanée de la grève de cinq 5 jours déclenchée depuis le 27 février dernier.
Ce meeting vise entre autre à informer les travailleurs du contenu du protocole d' accord de négociation entre le gouvernement, le patronat et l'inter- centrale, suite à la plate-forme de revendication posée par les syndicalistes.
Dans ces grandes lignes, le protocole de négociation a porté sur quatre points essentiels;
1- Soutien du pouvoir d'achat des travailleurs par la prise des mesures;
2- Promotion de l'emploi et de la protection sociale;
3- Renforcement du dialogue social bi et tripartite, gage de paix en Guinée;
4- Respect des Libertés et Droits syndicaux en Guinée.
Pour l'interprétation du document, d'entre de jeu Mme Rabiatou Sarah Diallo l'héroïne du mouvement de la CNTG s'est adresser à tous les travailleurs de Guinée qui, de près ou de loin, ont suivit massivement le mouvement de grève générale; '' Nous sommes devant vous pour dire qu'enfin nous avons gagné tous. Nous (responsables syndicaux) avons accepté de signer le protocole d'accord tripartite (gouvernement- syndicat et patronat) à votre nom le vendredi vers 2h du matin dans la salle des Actes du u peuple''. Ont assisté à la signature de ce document, quinze ministres, tous les cadres de l'Assemblée Nationale, du Conseil économique et social, le patronat et certains cadres des missions diplomatiques et délégués des institutions étrangères.
Pour nombres d’observateurs avertis, l'inter centrale aurait beaucoup tenu compte des difficultés que travers le peuple de Guinée pour soumettre cette plate-forme de revendication et exiger sa signature par le gouvernement.
Pour Luis Bemba Soumah du Syndicat Libre des Enseignants de Guinée (SLEG), un mouvement syndical doit toujours lutter pour que ses doits soient reconnus par le système politique en place '' Les travailleurs de Guinée sont longtemps restes dans la passivité. Maintenant, nous devons nous battre pour arracher nos droits à des dirigeants malhonnêtes qui nous gouvernent.''
De son cote le Dr Ibrahima Fofana S-G, de l'USTG, l'inter- centrale vient de remporter une grande victoire grâce à la réussite pour la première fois d'une grève générale de cinq jours et sur toute l'étendue du territoire national '' Aujourd'hui pour sortir le peuple de la souffrance et de la misère seul le mouvement syndical en est capable. Toutes les autres structures à connotations politiques ou non y compris les partis politiques de l'opposition radicales ont échouées.'' Selon Dr Fofana au regard de la situation qui prévaut dans le pays, le gouvernement Guinéen se trouverait coince entre le marteau et l'enclume, ''Rembourser les dettes des bailleurs de fonds contractés on ne sait comment OU donner à manger à sa population plus que jamais affamée'' ironise- t- il.
Par ailleurs, carte quelque choses de nouveau dans cette agitation est la prise en compte du Secteur informel au cours de toutes les négociations. Et ceci vu le nombre de plus en plus important de personnes qui s'y exercent de nos jours. ''Nous avons largement tenu compte du secteur informel qui renferme plus de 40 pour cent de la population active dans notre pays.'' précise Dr Fofana.
Le meeting a pris fin dans une atmosphère de cordialité et de confraternité entre les camarades syndiques des différentes fédérations de Conakry et de l'intérieur du pays. Et le tout envahi par une chaleur accablante à vous couper le souffle.
Lansana A. Camara
Correspondant permanent de Nlsguinee.com à Conakry
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