Guinée : Les syndicats durcissent le ton
03 mars 2006
Le Secrétaire général des Syndicats libres des enseignants et chercheurs de Guinée (Sleg), Louis M'Bemba Soumah, a déclaré, hier à la Pana que l'Inter-Centrale nationale n'est pas prête à lâcher du lest dans les négociations en cours avec le gouvernement sur la grève de cinq jours déclenchée lundi dernier dans tout le pays.
Il a souligné que l'intervention personnelle du président de l'Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, aux côtés des huit ministres du Comité inter ministériel lors des négociations de mercredi, n'a pas changé le mouvement de grève. Selon lui, la grève se poursuivra jusqu'à la satisfaction totale des revendications des travailleurs qui réclament une hausse des salaires. "Nous avons refusé la proposition du gouvernement qui nous a promis le relèvement des salaires de 20 points indiciaires qui équivalent à une hausse de 10.000 à 25.000 Francs guinéens (1 dollar US = 4.500 FG), alors que nous insistons sur la multiplication par 4 des salaires", a-t-il indiqué. Face au bras de fer entre l'Inter-Centrale, composée de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (Cntg) et de l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (Ustg), et le gouvernement, le président de l'Assemblée nationale a invité les travailleurs "à reprendre immédiatement" le travail sur toute l'étendue du territoire.
Dans un communiqué publié hier à Conakry, M. Somparé a indiqué qu'il existe des "appréhensions sous-jacentes politiques" dans le mouvement de grève et appelle, tout comme le gouvernement, les gouverneurs, préfets et sous-préfets, à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour assurer la sécurité des travailleurs à leurs lieux de travail. La Radiotélévision guinéenne (Rtg) diffuse sans arrêt des messages de sensibilisation à l'endroit des populations et invite les travailleurs à reprendre le travail, tout en poursuivant les négociations, ainsi que les jeunes à arrêter les actes de vandalisme, notamment à l'endroit des véhicules des particuliers.
La ville de Conakry renoue peu à peu avec l'affluence. Les véhicules, notamment les taxis, sont de plus en plus visibles sur les artères, alors que les services, banques et autres commerces restent encore fermés.
(Pana)
Source : Sud Quotidien (sudonline.sn)
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