Guinée : Anniversaire de la monnaie guinéenne; une situation plus que jamais alarmante.
02 mars 2006
1er mars 1960, 1er mars 2006 voici quarante six ans jour pour jour depuis la création de du franc guinéen, monnaie nationale de la République de Guinée.
Symbole de souveraineté par excellence pour un pays comme la Guinée, cet outil de développement est confronté à de sérieux problèmes d’inflation jamais connu dans le pays.
Pour parler de cette situation dramatique dans laquelle baigne notre franc actuellement, il sera tout d’abord intéressant de rappeler quelques faits historiques liés à son évolution à travers le temps.
Créé le 1er mars 1960, 3 ans après l’indépendance de la Guinée, le franc devient la monnaie nationale d’une jeune nation libre et indépendante.
Les acteurs de l’époque manifestaient leur autonomie face à l’ancienne métropole d’alors et cherchaient à tout prix une séparation immédiate avec elle.
En 1972 toujours animé de gloire et d’autosuffisance en matière de gestion de la chose publique, le syndicaliste A S Touré alors président de la République Populaire et Révolutionnaire de Guinée (RPRG), lance le Syli à la place du franc guinéen jusque là en circulation. Cet acte fut très apprécié de l intérieur comme de l’extérieur du pays.
12 ans durant le Syli restera comme monnaie et emblème de parti PDG-RDA.
Quant au taux de change à l’époque, un Syli était l’équivalent d un dollars US. Et le salaire du fonctionnaire de la hiérarchie A variait entre 2000 et 3000 sylis.
Ce qui permettait aux pères de familles de prendre en charge leurs familles dans le sens large du terme.
En 1985, une année après la mort du président AST et la prise du pouvoir par les forces armées, le nouveau franc réapparaît comme signe de toute rupture avec l’ancien régime et tout son système à la base. Le CMRN comité Militaire de Redressement National change donc l’appellation de la monnaie et adopte le nouveau franc guinéen.
Alors faut-il dire que c’est le début du calvaire ou crise pour cette monnaie nationale ?
Au regard de la situation qui prévaut aujourd’hui pour notre franc, nombre d’observateurs répondent sans état d’âme par l’affirmative. L inflation de plus en plus galopante, la dépréciation et la dévalorisation poussée à l’extrême, le franc guinéen a tendance à devenir ce que les spécialistes ont qualifié de «Zaïrisation».
Pour preuves, de nos jours toutes transactions de quelques nature que ce soit s’évalue en devise. Au marché Madina par exemple pour toute marchandise atteignant la valeur d’un million de franc le commerçant vous exige de payer en devises étrangères.
La plupart des propriétaires des immeubles de grands magasins ou tout autre bâtiment d’habitation exigent de payer le loyer en monnaie étrangère. De même, les établissements d’enseignement prives de renom à Conakry obligent les parents d’élèves à verser la mensualité toujours en devises. C’est autant dire que le franc ne représente quelque chose qu’aux yeux du guinéen moyen pour qui malheureusement le pouvoir d’achat laisse à désirer.
Pour ce Comptable de formation et au chômage depuis 4 ans la situation est tout simplement inexplicable «Je suis comptable sorti de l’Université Gamal Abbdel Nasser de Conakry. C’est pour vous dire que je connais un peu cette histoire d’inflation qui touche mon pays. Mais comme il n’y a pas de faits sans causes, cette crise fait suite à de multiples cas de corruptions et surtout la mal gouvernance qui ont envahi tous les secteurs de notre économie''.
Selon les statistiques l’évaluation en terme d’inflation dépasse de nos jours les 50 pour cent.
Du moins qu’on puisse dire c’est que 46 ans après sa création, la monnaie guinéenne en l’occurrence le franc se cherche toujours.
La cherté de le vie aidant, les guinéens dans leur écrasante majorité ne savent plus à quelle monnaie se vouer. D’autant plus que sur le marché tous les prix ont doublés voire triplés en un laps de temps. Le sac de riz asiatique vendu il y a deux ans à 25 000fg est à cent milles francs présentement. Et le riz du pays dépasse les 150 000fg.
Le kilogramme de viande se négocie à dix milles francs. Les secteurs tels que : l’habitation, le transport, le pharmaceutique ont tous connu des augmentations remarquables.
Et le salaire des fonctionnaires n’ont connus aucun changement d’amélioration.
Espérons qu’ils puissent obtenir gain de cause surtout en cette période de grèves.
M Lansana Aminata Camara,
Correspondant permanent de Nlsguinee.com à Conakry.
République de Guinée
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