Guinée : MANIFESTATIONS : Guéckédou ''à feu et à sang''
22 février 2006
Une histoire de contestation populaire du choix du Parti PUP, suite aux élections, de M. Mory Toure, face à un autre candidat du même parti au pouvoir, M. Fara Robert Millimono, a suffi pour mettre le feu aux poudres, sur fond de contradictions ethnico-politiques inavouées. En effet, pour le commun des citoyens l'expression de leurs votes a été faussée par celui des Conseillers réunis pour désigner le Maire, en la personne de M. M. Toure qu'ils ne voulaient justement...
Et pour bien le montrer leur désaprobation, dès l'aube, ils on envahi les rues, les places publiques, scandant des slogans hostiles à l'élu du PUP.
Guéckedou, depuis 48 heures offre le terrible spectacle d'une ville ''en état d'urgence''. Les populations pour dire leur colère, ont littéralement explosé. Bilan provisoire: 3 morts (une femme de ménage, un élève et Madame Téa OULIANO Weha de l’UFR), de nombreux blessés, des voitures incendiées, des dégâts partout.
La ville-carrefour de la Guinée Forestière qui porte encore les cicatrices fumantes des agressions rebelles de 2000, a basculé carrément dans l'anarchie pour dire son ras-le-bol devant le choix politique du PUP. Ces traces vont rester.
Les forces de sécurité alertées interviennent, paniquent, tirent en l'air pour dissuader, selon le ministre de la Décentralisation, mais à balles réelles selon la plupart des témoins. La ville est ceinturée, et les activités commerciales paralysées. Les marchés fermés, la débrouillardise s'installe.
Depuis Conakry, les ressortissants de Guéckedou se mobilisent pour leur ville natale afin de calmer les ardeurs des uns et des autres. Le rôle ingrat de Sapeurs-pompiers , en somme ! Le Ministre de la Décentralisation, lui, essaie plus ou moins maladroitement de ''dédramatiser la situation''.
Mais semble mal tomber pour lui, une délégation de l'Union Européenne est déjà à Conakry, et le FMI et la Banque mondiale arrivent incessamment.
Dans cette ambiance morose de tensions socio-politiques, avec les menaces de grève syndicale annoncée en fin février, le gouvernement de Cellou Dalein, va connaître plusieurs nuits blanches et des jours obscurs.
Hussen Mory pour GuineeConakry.info, partenaire de Nlsguinee
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