Afrique : Plusieurs pays africains suscitent l'intérêt des investisseurs
10 février 2006
Déposition au Congrès du représentant américain au commerce extérieur
Les échanges internationaux peuvent être un puissant moteur de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté en Afrique, a souligné, le 7 février, le représentant américain au commerce extérieur, M. Rob Portman, à l'occasion de la réunion annuelle du « Corporate Council on Africa » (CCA).
Mais, pour qu'ils en bénéficient, a-t-il ajouté, il faudrait que les pays africains améliorent leur infrastructure et simplifient leurs procédures douanières de façon à faciliter le commerce entre les pays du continent, et les États-Unis, pour leur part, « doivent faire le maximum pour aider les pays africains à participer de façon plus efficace au système mondial des échanges ».
La Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), que le Congrès a adoptée en 2000 et prorogée par la suite, a facilité les échanges commerciaux avec les États-Unis qui ont ouvert leurs marchés « à pratiquement tous les produits en provenance des 37 pays admis à bénéficier des avantages conférés par l'AGOA ».
À l'heure actuelle, la part de l'Afrique au commerce international n'est que de 2 %, a précisé M. Portman. « Si ce pourcentage augmentait seulement de 1 % pour atteindre 3 %, cela se traduirait par une augmentation des recettes des exportations de 70 milliards de dollars par an. Ce montant est près de trois fois celui de l'aide totale extérieure que l'Afrique subsaharienne reçoit par an », a-t-il expliqué.
Déclarant que certains gouvernements africains faisaient le nécessaire pour encourager l'investissement, réduire les obstacles au commerce et appuyer le secteur privé, il a fait remarquer que la Banque mondiale, par exemple, avait placé le Rwanda parmi les 12 meilleurs réformateurs du monde pour 2005 et avait pris note des réformes réalisées au Mozambique, au Ghana, au Sénégal et en Tanzanie.
Enumérant les diverses actions prises par le gouvernement des États-Unis pour faciliter les échanges commerciaux avec l'Afrique, M. Portman a indiqué qu'ils travaillaient avec les cinq pays de l'Union douanière d'Afrique australe - le Botswana, le Lesotho, la Namibie, l'Afrique du Sud et le Swaziland - pour mettre sur pied un partenariat plus solide. « Ensemble, ces pays représentent notre marché le plus important d'Afrique subsaharienne et les échanges entre les États-Unis et ces pays ont atteint 11 milliards de dollars en 2005 », a-t-il dit.
Les États-Unis appuient aussi une plus grande intégration économique régionale en Afrique. Il semble en effet que les échanges entre les pays africains soient moins importants que ceux auxquels se livrent entre eux les pays d'autres régions du monde, une situation imputable à des procédures douanières peu claires et au manque de réseaux de transports fiables entre les pays africains. M. Portman a repris une observation du ministre du commerce du Kenya, M. Kituyi, qui lui avait fait valoir qu'il fallait parfois plus longtemps et que cela coûtait plus cher de transporter du coton tanzanien jusqu'aux filatures du Kenya, un pays voisin, que de faire venir le coton d'Asie.
Pour faciliter cette intégration économique qui permettra d'accroître les échanges régionaux tout en créant des marchés importants et des économies concurrentielles, les États-Unis, a expliqué M. Portman, « travaillent en étroite collaboration avec les organisations régionales, notamment avec le Marché commun pour l'Afrique orientale et australe (Common Market for Eastern and Southern Africa, ou COMESA) et l'Union économique et monétaire d'Afrique de l'Ouest (African Economic and Monetary Union, ou WAEMU) par le biais de mécanismes tels que les Accords-cadres sur le commerce et l'investissement (Trade and investment framework agreements, ou TIFA) afin d'aider leurs partenaires africains à réduire les droits de douane, améliorer leurs procédures douanières, harmoniser les normes, trouver des solutions aux problèmes de transport et coordonner les politiques en matière de finance, de services, d'investissements et de télécommunications.
L'Afrique et le cycle de Doha
De l'avis de M. Portman, l'avenir de l'Afrique repose sur la réalisation du programme de Doha pour le développement qui pourrait ouvrir l'accès des pays africains aux marchés et leur donner la compétitivité nécessaire pour relancer le développement et réduire la pauvreté.
Les États-Unis, a-t-il dit, ont mis sur la table des propositions « audacieuses et détaillées », notamment une proposition relative à l'agriculture qui prône une importante réforme dans le domaine du commerce mondial des produits agricoles, ainsi que de véritables réductions des subventions du gouvernement américain et des aides nationales qui faussent le commerce.
« Nous sommes disposés à mettre en œuvre ces réformes difficiles, mais nous ne pourrons avoir l'appui politique nécessaire que si les autres pays manifestent une volonté semblable de réduire les subventions, les aides agricoles qui faussent le commerce et les droits de douane », a-t-il fait remarquer.
« C'est avec leurs exportations, notamment de produits agricoles, que nombre de pays africains ont un avantage relatif, et ils ont tout à gagner d'une issue favorable du cycle de Doha », a-t-il ajouté.
« En travaillant de concert, nous sommes parvenus à des accords sur plusieurs questions liées au développement auxquelles le Groupe Afrique accordait une grande priorité dans le cadre du programme pour le développement, en l'occurrence sur le coton et sur l'accès aux marchés sans droit de douane et sans quota pour les pays les moins développés », a-t-il déclaré, précisant que le Congrès américain avait déjà voté en faveur de l'élimination d'un programme de subventions à l'exportation du coton.
S'adressant aux représentants de sociétés américaines se trouvant dans l'auditoire, il les a exhortés à mettre à profit leurs partenariats et leurs contacts avec les gouvernements et sociétés africaines pour encourager un appui africain plus vigoureux aux réformes économiques à l'échelle nationale et à une heureuse conclusion du cycle de Doha.
Il a demandé aussi aux sociétés américaines à la recherche de nouveaux investissements de s'intéresser à certaines économies africaines, notamment celles du Rwanda, du Mozambique, du Ghana, du Sénégal et de la Tanzanie.
« Si la communauté internationale des hommes d'affaires ne réagit pas de façon positive lorsque les pays se dirigent sur la bonne voie, nous risquons d'envoyer le mauvais message et de perdre l'élan lorsqu'il s'agit de faire avancer la réforme économique et ouvrir les marchés », a-t-il fait valoir
Par Susan Ellis
Rédactrice du « Washington File »
Source : Usinfo.Stat.Gov
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